Les naufrages se succèdent, mais rien n'empêche des vagues de migrants d'arriver, en nombre de plus en plus important, sur les côtes d'Italie, de Grèce, d'Espagne. Des hommes, des femmes, des enfants, entassés sur des bateaux précaires. Nous savons ce qu'ils fuient, les terres ravagées de Lybie, de Syrie, ou plus bas, d'Erithrée, de Somalie, du Soudan. La Grèce et l'Italie tentent de mobiliser les autres pays européens. Mais l'Europe du Nord fait la sourde oreille: l'opération Mare Nostrum, menée par l'Italie, a pris fin en novembre 2014, remplacée par l'opération Triton, bien moins ambitieuse, qui se contente de patrouiller dans les eaux territoriales italiennes, sans mission de recherche ou sauvetage en haute mer. Des centaines de gens vont encore mourir, on le sait, on s'en fout. L'Europe se protège, sur l'autre rive, face à cette déferlante. Jusqu'à quand? On n'en veut pas parce qu'ils sont trop nombreux, trop pauvres, trop noirs? Rien ne serait plus facile, logistiquement, d'organiser, comme cela s'est fait souvent à l'orée de chaque période de bouleversement historique, l'accueil d'urgence de ceux qui sont le plus en danger. Mais les simples notions d'humanité, de fraternité semblent bloquées sur la rive sud de cette mer au milieu des terres, comme son étymologie l'indique. Il est loin le temps de la mobilisation pour les enfants Biafrais ou pour la Somalie, ou les boat people au large du Vietnam. Ceux-là arrivent, et font peur, de par même leur initiative de fuir le danger. Certaines tentatives tentent de réveiller les consciences: le Pape, qui semble bien isolé. La Grèce.
Les humains sont nés avec des jambes, et nul n'est tenu de rester toute sa vie là où le destin l'a fait naître. Et la mort évitable de n'importe quel être humain est révoltante. Mais même en dehors de ces considérations éthiques, l'Europe bureaucrate qui résiste manque peut-être une formidable occasion: accueillir, et permettre à ces gens d'accéder à toutes les formations dont l'Afrique a tant besoin, médicales, technologiques. Il faut les considérer comme une force vivante, humainement riche de toutes leurs possibilités. Ils sont de formidables passeurs, qu'ils retournent chez eux y vivre en paix quand cela leur sera possible, ou qu'ils restent en Europe, en lien avec leur famille d'ailleurs. Pourquoi tant de frileuse crainte, alors que l'Europe vieillissante manque de vitalité? Nous sommes devant une non-assistance humanitaire, sciemment organisée
Billet de blog 19 avril 2015
mourir entre 2 terres, en méditerranée
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