voiture de police incendiée à Paris

On a tous vu les images de cette voiture en flammes, du policier encaissant les coups. Comment instrumentaliser un fait complexe. Tout est à voir sur le site du huffington post (http://www.huffingtonpost.fr/2016/05/18/video-voiture-de-police-casseurs-anti-flic-paris_n_10027266.h ) et http://www.arretsurimages.net/breves/2016-05-18/Voiture-police-incendiee-a-Paris-recits-divergents-id19895

Au départ, il y avait la manif des policiers, autorisée sur le lieu d'élection de Nuit Debout. En parallèle, une autre manifestation, celle du mouvement "urgence, notre police assassine", elle aussi autorisée encore la veille, puis interdite le matin même. Bien sûr, les manifestants de Urgence étaient pourtant là en nombre. Il y a eu la Place de la République transformée en camp retranché pour les policiers d'Alliance, avec ces portiques bleus géants, les manifestants d'Urgence refoulés sans ménagement, pressés comme des citrons contre la rembarde de l'entrée du métro, refoulés loin de la Répu où Marion Maréchal Le Pen et Gilbert Collard étaient venus en amis. Comme provocation, on ne fait pas mieux. Puis les manifestants d'Urgence partent dans les rues voisines en manif sauvage, et c'est là qu'ils croisent une voiture de flic, coincée dans les embouteillages, quai de Valmy. Il y a alors cassage des vitres du véhicule. Puis le lancer d'un fumigène à l'intérieur de la voiture, par l'arrière. Il y a les images de ce flic qui dégaine son arme, puis qui la range, et sort parer les coups d'un homme très énervé, coups donnés non pas avec une barre de fer, mais avec un piquet métallique tordu entouré de plastique vert, genre tuteur à tomates. Il y a dans le même temps, de l'autre côté de la voiture, l'aide immédiate apportée par d'autres manifestants moins lancés dans l'action pour aider la policière à s'extraire de la voiture qui fume, et surtout cet homme aux longs cheveux gris qui  s'élance et saisit le baton vert de celui qui tapait le flic, lui criant "arrête, putain". Les deux policiers  s'éloignent, la voiture prend feu quelques minutes après, les belles flammes s'offrent aux caméras. 

On voit donc des manifestants anti-flics qui caillassent une voiture de flic se trouvant là à ce moment précis, la fureur furieuse d'un seul manifestant qui s'en prend, après avoir tordu son bâton sur la carrosserie, au flic sorti du véhicule, manifestant vite arrêté par les autres, et deux policiers qui ont eu l'intelligence de garder leur calme et de rengainer leur arme. Bilan: une voiture de police brûlée, un jour de manifestation police/anti-police. Est-ce ce qu'on a entendu tous ces derniers jours autour de l'image de la voiture en flamme? 

Relayé maintes et maintes fois, on a entendu qu'un cocktail molotov avait été lancé dans une voiture de police (c'était un fumigène), qu'un policier avait été attaqué avec une barre de fer (ce n'était qu'une tige cassée), et que la policière avait été extraite "de manière violente" de la voiture, alors qu'on peut voir qu'elle a été aidée à sortir d'un véhicule qui allait prendre feu. "Erreurs" de la Préfecture, reprises par l'Agence France Presse, et par la plupart des médias...

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