Quelle réaction peut-on avoir, après 30 ans d'une gauche molle, aux ordres de la finance, alternant avec une droite ignoble, en France, devant ce qui se passe en ce moment en Grèce? Sidération. Quelque chose, là-bas, depuis ce pays de longue histoire, d'olives et d'îles, s'est mis en mouvement, et on espère de toutes nos forces que le souffle en arrivera jusqu'à nous. Parce qu'ici, il n'y a plus l'élan. Un pays a osé enclencher ce qui peut enrayer la machine infernale, qui depuis des décennies, nous broie, broie l'espoir, la solidarité, le partage. Broie les services publics, les hôpitaux, les écoles. S'assoit sur le résultat d'un referendum, et cela n'a pas précipité les gens dans les rues. On a vécu quasiment une vie entière avec un PIB en hausse, et la pauvreté qui grignote peu à peu les plus faibles. On marche sans plus s'étonner dans les rues où dorment les sans-abris. On s'est résigné, à ce que les profits faramineux soient réservés aux 1% des plus riches. On le savait, on vivait quand même. Ce soir, mille, deux mille personnes à la République. Pour soutenir la Grèce, sidérés qu'il y ait encore un peuple vivant.
Billet de blog 28 juin 2015
SIDERATION DEVANT TSIPRAS
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