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Tel Aviv - Jerusalem

Déambulation entre deux mondes. Novembre 2019.
  1. La vieille ville de Jérusalem serait la capitale de la Paix entre les religions. Ca reste à démontrer. On y croise de très impressionnants cortèges d'appelées du contingent qui forment des cercles studieux autour d'une instructrice, les armes chargées sur les genoux comme ici sur le Cardo, à deux pas du mur des lamentations. A chaque croisement de rue, dans le quartier musulman surtout, on croise une triade, deux militaires lourdement armés et un policier au regard soupçoneux, inquisiteur presque.

  2. Tel Aviv n'est que l'avatar qui a réussi du vieux Jaffa musulman. C'est ici que tout a commencé en 1948. La ville est tentaculaire.  Son front de mer est l'objet d'une grande restructuration urbaine où les habitations qui ont connu les débarquement d'exilés venant d'Europe sont menacées de destruction pour être remplacées par des gratte-ciel sans âme.  Ici, c'est la skyline du soir avec les reflets impressionnants du soleil qui se couche sur les immeubles de bureaux qui s'étendent jusqu'à Petah Tikva. La ville est calme malgré les raids aériens de représailles qui ont touché Gaza, deux jours auparavant. De temps à autres, des hélicoptères apache survolent la plage dans leur habit de camouflage couleur désert.

  3. Le dôme de la mosquée Al Aqsa est le plus bel édifice de la Jérusalem occupée. La ville d'or subit une pression démographique démesurée malgré les résistances des intégristes religieux de tous bords qui veillent à la préservation non seulement de la vieille ville mais aussi de ses glacis à l'histoire millénaire.

  4. Le quartier du bazar chrétien, ou plutôt  russe, est le lieu le plus cosmopolite de cette vieille ville trépidante. On y boit le café turc à la cardamone et y fume la chicha. Le commerce d'oeuvres d'art religieux y a du plomb dans l'aile.  Certains boutiquiers, chrétiens, se recyclent dans l'art tout court, car le touriste moyen n'a que peu d'attrait pour la nème icône de Saint truc-bidule-machin. Business is business.

  5. La voie de la douleur, celle prétendument empruntée par un certain Christ Jésus est la scène quotidienne de la montée au Golgota qui, loin d'être à l'emplacement de l'église du Saint Sépulcre comme tout le monde le pense, se trouverait, selon des archéologues modernes, en dehors des fortifications sur une butte arrondie qui existe toujours et est visible depuis le mont Scopus. A l'emplacement où je me trouvais pour prendre ce cliché se tient une boutique de T-shirts où l'effigie de Yasser Arafat dispute la vedette au Che, assez inhabituel pour être noté.  On sent toutefois une tension latente dans ce quartier musulman.  Les commerces y sont moins bien tenus, on sent la misère.

  6. Coca cola, friandises variées sur un fond de reste de lieu de culte musulman, quartier musulman.

  7. Quartier juif, le labyrinthe de pierre.

  8. L'entrée du bazar "russe", à l'emplacement d'un hospice chrétien.

  9. Le clocher de l'église rayonne de toute sa splendeur.

  10. Le quartier juif, près du Cardo, lieu de passage obligé devant cette reproduction du chandelier à 7 branches mythique.

  11. Les restes du temple de Salomon se portent bien, l'affluence y est constante sous une surveillance militaire permanente. Impossible d'échapper à la modernité, même les ombres trahissent le selfie du narcisse devant ce vestige d'un passé lointain.

  12. Le labyrinthe du quartier juif aux confins du quartier arménien.

  13. Ce corridor est en fait l'une des entrées de l'esplanade des mosquées...mal m'en a pris, au bout de cette galerie décrépie, encombrée de stands où l'on vend de tout et de rien sont postés deux policiers particulièrement vigilants: AUCUN "non musulman" ne passe ! J'ai compris. Je me demande toutefois comment ce flic véhément a su..."nous avons évité une troisième intifada, ouf !" doit-il se dire.

  14. Vue de la vieille ville depuis la fenêtre de ma chambre du Faculty House de l'Université Hébraïque de Jérusalem, plus précisément du campus de Sciences Humaines situé dans une enclave israélienne dans Jérusalem-Est occupée.  Etrange paysage, à gauche l'Est, à droite et au fond, l'Ouest de la ville, on note la différence de densité urbaine.  Dans les rues de l'Est, il n'est pas rare de croiser des véhicules des nations unies.  En effet, Ramallah  et le mur de la honte ne sont pas loin, tout au plus 5 min de route.  Et selon un collègue israélien, mais arabe (ou palestinien), on y traite pas les palestiniens comme des êtres humains, le passage du mur y est brutal.  La guerre et la peur ne sont jamais loin.

  15. Ce court voyage m'a fait réaliser que je ne suis qu'un nuage solitaire qui survole un océan d'injustices, et qui parfois, par dépit, abat sa colère sur les coupables par de petites averses, vaines.

    Israël, Palestine, nous nous reverrons !

    Vue de la mer méditerranée depuis le sommet d'un immeuble de Tel Aviv.

     

    Novembre 2019.

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