Portfolio

1986-1992, Paris, Génération Mandela, Génération Luttes par le petit bout du 24 mm

7 années de formation militante, d'éveil politique et de maturation intellectuelle dans l'une des périodes les plus riches qu'un fils d'immigrés yougoslaves puisse connaître: 1986, la cohabitation et le raz-de-marée anti-loi Devaquet, 1988-89 la Pérestroika et ses incertitudes, puis la chute du mur et la décomposition à l'Est et enfin la première guerre de la "fin de l'Histoire".
  1. Quelle connerie la guerre s'exclamait on en 1991, on ne se doutait pas que celle-ci serait la première d'une longue série.

  2. Soulèvement de novembre 1986 contre la suppression des filières de bacs technologiques prévue dans la loi dite Devaquet; AG au pied de l'Ecole Nationale de Chimie, Physique et Biologie (ENCPB - aujourd'hui dénommé Lycée P.-G- de Gennes) de Paris...quelques heures après qu'avec deux copains j'eus diffé des tracts de la JC appelant à la grève. Ce lycée élitiste n'était pas particulièrement un repaire d'agitateurs, mais il faut préciser que le corps enseignant y était très actif et c'est son action en direction des élèves qui fut déterminante pour créer les conditions qui menèrent au blocage qui dura près de 10 jours.

  3. Les blouses blanches de l'ENCPB défilent contre la loi Devaquet dans le quartier des écoles, une première !

  4. Puis ce fut cette nuit de décembre 1986 et la mort de Malik, puis le procès des voltigeurs et son issue consternante suscitant manifs et protestations.

  5. Dans ces années là le campus de Jussieu était un lieu de fête politique ! (pas comme aujourd'hui !) le parvis était un lieu vivant où s'exposaient les restes de l'esprit de 68 sur de grands panneaux que les orgas défendaient bec et ongle.  Combien de débats, d'AG ?!  ici un n-ième débat sur la Palestine en présence de camarades d'un syndicat d'étudiants palestiniens et de copains de l'UNEF (la vraie, la seule... ;) - càd  pas la "chose" de Cambadelis)

  6. Grande question.  Ce cliché fait un peu mal au bide, on connait la réponse à la question que Claude s'engageait à traiter de front lors d'un débat organisé à Jussieu à l'initiative de l'UEC, dans une assistance piquée de trublions trotskyistes...

  7. Claude Cabanes savait poser pour la photo, grand bonhomme, grand camarade, charisme inégalé.

  8. Et oui, ceux qui ont connu ces années sauront que dans cette mer de sympathies pour l'Apartheid dans la quelle la droite réactionnaire française (et quelques socialos aussi) baignait allègrement il y avait un mouvement anti-appartheid peu entendu et peu médiatisé qui réclamait la libération sur le champ de N. Mandela.  Pas beaucoup de gens ce jour ci pour faire la fête devant la lugubre ambassade d'Af. du Sud; les habitués, et surtout les gros contingents de la JC, ceux qui rendirent dèjà hommage à Dulcie September, représentante de l'ANC assassinée à Paris. A cette époque le PS était opposé à tout embargo contre l'Apartheid. La libération de Mandela a permis de comtempler l'art du retournement de veste des socialistes, un art qu'ils  maîtrisaient parfaitement  à l'époque.

  9. La JC, cette belle école de la solidarité, célèbre la libération de Mandela et elle a raison car elle y a amplement contribué.

  10. Paris contre la Guerre.

  11. Pour tout jeune qui trainait dans les manifs à Paris à cette époque, impossible de rater l'inénarrable Mouna !

  12. Carpentras, les profanations, le soulèvement de tout un pays contre l'abjection, pour rappeller que la bête immonde ne fait que somnoler...

  13. 1990 c'est aussi l'émergence d'une autre réponse à la violence fasciste urbaine: la constitution de contre-groupes anti-fa, tous assez vaguement politisés mais clairement identifiés dans leur aversion pour les "boneheads" (skinheads fascistes) et le GUD-reconstitué; une occasion de s'immerger dans un de ces groupes adeptes d'arts martiaux, de musique "alternative" (punk, hip-hop) exploitant l'iconographie antifa comme identifiant dans le spectre idéologique.

  14. Noir, blanc, jaune, unis contre les "fafs"...dans les ruines d'une immense propriété de la banlieue parisienne.

  15. Le Paris populaire, en ce temps là, se battait déjà, toujours, encore, aussi pour qu'on puisse continuer à y vivre décemment.

  16. Paris avait déjà sont lot d'expulsions, mais aussi de luttes collectives, Belleville, Barbès, Ménilmuche...

  17. A suivre...

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