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Portfolio 12 oct. 2021

Théâtre : le 7e festival Sens interdits s'ouvre ce soir à Lyon

La septième édition du festival international Sens interdits, du 13 au 30 octobre à Lyon, ouvre des salles de la métropole à près de vingt de spectacles de résistance venus d’ailleurs, parlant d’ailleurs et autrement. Sous-titre : théâtre de l’urgence.

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  1. Il y a le plaisir sensuel, rare dans les salles lyonnaises, d’entendre rouler les r, murmurer, souffler, rire, chanter, hurler en espagnol, en russe, en flamand, en grec, en albanais ou en mapudungun parlée par les Mapuche, voire en français… Il y a ce luxe d’entendre des mots qui ont résisté à l’interdiction. Il y eut ce choc du spectacle russe Opus 7, de Dmitri Krymov qui avec de grandes marionettes et de petits personnages, orchestrait le destin du peuple juif et de Chostakowitch sous Staline. C’était le premier festival Sens interdits, en 2009. D’autres fois, tu pouvais te retrouver à Komsomolsk-sur-l'Amour, à Berlin, au Burkina Faso, à Mossoul ou à Ouistreham…

    Focus chilien et bonheur russe

    Deux ans après une édition brûlante, la 7e édition de Sens interdit, du 13 au 30 octobre a dû, virus oblige, “ laisser en chemin de beaux projets avec des artistes ouzbeks, russes, indiens, palestiniens, brésiliens, rwandais”, regrette Patrick Penot, qui a créé et dirige le festival de théâtre. Au dernier moment, il a aussi fallu annuler Outside, de Kirill Serebrennikov et Les Tondues de la cie les Arts Oseurs, “à cause des contraintes et réglementations sanitaires”.

    N’empêche, les près de 20 spectacles qui seront donnés promettent à nouveau de “décaler nos regards”. Toute première direction, le Chili, avec un focus en cinq spectacles dont deux, dès le premier soir, le 13, portent la parole d’adolescents dans un centre de détention du Sename, le service national des mineurs (Feroz, de Danilo Llanos), et celle de quatre femmes qui se remémorrent leur enfance sous la dictature chilienne (Space invaders, de Marcelo Leonart).

    La scène offre aussi un lieu de réappropriation de la mémoire à Violeta Gal-Rodríguez, avec le Kimvn Teatro et Paula González Seguel, dans La mémoire bafouée, spectacle sur la mémoire de l’exil et l’histoire chilienne. Ou encore à Leyla-Claire Rabih dans Traverses, spectacle qui croise les témoignages d’exil de réfugiés syriens et des trois comédiens.  

    Au Liban, Chrystèle Khodr, ravive aussi la mémoire de Hanane Hajj Ali et Randa Asmara, actrices au début des années 80, en pleine guerre civile à Beyrouth.  “Qu’est-ce que faire du théâtre dans un pays en guerre ?”, interroge la pièce. Tatiana Frolova et les artistes du théâtre kNam, de Komsomolsk-sur-l'Amour, à l’est extrême de la Russie, reviennent pour la 6e fois à Lyon avec cette question au présent, intime et universelle : “Comment être heureux dans ce pays ?” 

     

    Florence Roux

    https://www.sensinterdits.org 

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