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Eux et leur double - Rencontre avec des cosplayeurs

Fans de mangas, de jeux-vidéos ou de dessins-animés : les cosplayeurs sont des passionnés, aimant créer et porter les costumes de leurs héros favoris. Lors de conventions spécialisées ou de rencontres entre amis, ils revêtent leurs créations et se glissent dans le rôle qui correspond. L’occasion de se transformer en un flamboyant personnage de fiction, à mille lieues de la banalité du quotidien.
  1. Donovan pose dans la rue où il habite, chez ses parents, à Dunkerque. Il porte un manteau et une écharpe qu’il a confectionnés lui-même, car « rien ne [lui] plaisait dans les magasins, ce n’était pas assez original ». L’occasion aussi de floquer sur son écharpe un sigle qui apparait dans le manga Konosuba, dont il est fan.

  2. La culture manga est omniprésente dans la chambre de Donovan. Devant son lit garni d’oreillers japonisants, il nous montre son élément cosplay le plus abouti : un masque qui apparait dans le jeu-vidéo The Legend of Zelda. Il est composé de papier mâché, de résine, de fibre de verre, d’un système LED avec interrupteur… pour un total de 260€ de matériaux.

  3. Le jeune homme de 24 ans étudie la couture. « J’ai été apprenti mécanicien pendant sept ans mais ça ne me plaisait pas. J’ai commencé des études de couture grâce au cosplay. Mes proches m’ont dit que je travaillais bien, alors je me suis lancé. » Depuis 2014, il apprend le métier auprès d’une tailleuse. À droite, un « biais cousu avec un point à faux-surjet » qu’il a réalisé et juge « médiocre ». Donovan est beaucoup plus fier du biais qu’il a réalisé après quelques années de pratique, à gauche.

  4. Donovan a un nom de cosplayeur : ZihneKhaa Völkheit. C’est un pseudonyme en « zofarien », une langue qu’il a inventée en mêlant de l’allemand et du japonais. Ici, « ZihneKhaa » est devenu Kazuma, un personnage du manga Konosuba. « Kazuma est un peu pervers, et il a toujours une petite culotte dans la poche. Quand je vais en convention je la sors devant les photographes, ça les rend fous ! » raconte-t-il.

  5. À Lille, Alexa habite une petite chambre d’étudiante dans une résidence universitaire. Elle a 23 ans et est en deuxième année de BTS audiovisuel à Roubaix. « J’adore la danse, j’adore la scène, mais dans la vie de tous les jours, je suis un peu timide » confie-t-elle.

  6. Alexa est en train de devenir « Natrix », son double cosplayeuse. Ici, elle vient d’enfiler la combinaison qui ira sous son armure d’Iron Man, un personnage de comics américain.

  7. Alexa glisse des mocassins dans son costume (ou cosplay), pour pouvoir marcher. L’armure a été entièrement créée par Alexa, à l’aide de patrons trouvés sur internet, de tapis de yoga, de peinture en bombe et d’un pistolet à colle. Dans le jargon des cosplayeurs, élaborer des armures s’appelle faire du « craft ».

  8. Alexa pose fièrement en Iron Man : « Quand je vais à une convention avec ce cosplay, il y a toujours plein d’enfants super excités qui se précipitent vers moi. Je suis dans mon rôle, je fais des photos avec eux et j’adore ça. »

  9. Alexa confectionne souvent ses cosplays chez ses parents, en photo sur son bureau, qui la soutiennent dans son hobby. Étudiante, elle ne bénéficie néanmoins pas d’un budget illimité pour assouvir sa passion. Misant surtout sur la récup’, son costume d’Iron Man lui aura par exemple couté moins de 100 euros.

  10. Kàrolyi a 21 ans, étudie le japonais à l’université et souhaite devenir cadre dans l’armée. La jeune fille est aussi passionnée de jeux-vidéos : « Je suis née avec une manette de mégadrive dans les mains. J’ai joué avec mon père, ma sœur, mes cousins et ça ne m’a jamais lâché ». On la retrouve à Paris, dans le hall du Dernier bar avant la fin du monde, repère de cosplayeurs, « gamers » et autres « geeks ».

  11. Au sous-sol du bar, Kàrolyi se transforme en Miranda, un personnage du jeu-vidéo Mass Effect. Elle est à l’aise devant l’objectif, confiante comme son personnage, habituée à faire des photos en tant que cosplayeuse.

  12. Au même étage se déroule une rencontre entre fans de Gundam, un dessin-animé japonais. L’un deux vient à la rencontre de Kàrolyi : « Hey mais tu ne serais pas Miranda de Mass Effect ? » La conversation s’engage.

  13. De retour près du bar, sur un canapé confortable, Kàrolyi discute avec Ronan, un autre cosplayeur. Il lui montre ses tatouages : le personnage de comics Deadpool ainsi qu’une mystérieuse phrase en japonais. Avec son smartphone et ses rudiments en tête, Kàrolyi tente de la déchiffrer. Sans succès. Ronan dévoile son secret : il est écrit Hakuna Matata en japonais, la fameuse réplique du Roi Lion.

  14. Ronan est venu avec un ami, David, qui est aussi son « helper ». C’est-à-dire qu’il l’aide à enfiler son costume lors des conventions. Mission délicate dans le cas d’une grosse armure ou d’un masque à enfiler, comme ici celui de Dracaufeu, un Pokémon, élaboré par Ronan.

  15. David ne s’est pas encore mis au cosplay mais y songe sérieusement. L’influence de Ronan l’y incite, tout comme son histoire d’amour avec un cosplayeur très connu dans le milieu : David Chan, qu’il nous montre sur son portable.

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