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Portfolio 12 janvier 2026

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Marilala est morte vive Marilala et vive le fémimisme

C'était la femme fictive du collectif The Nenettes on the ground (2017). Un collectif d'artistes féministes à l'instar des Guerrilla girls. C'était avant le #Metoo, le #Metooinceste, et avant le #jesuisuneconnasse, enfin avant que Mme Macron ne nous insulte toutes collectivement et publiquement. Alors voilà ma question : Les meufs, mes amours de connasses, c'est où qu'on a foiré ?

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    © Laure-Amélie Vilanova

    Il y a bien longtemps nous avions fondé un collectif d'artistes féministes informel qui regroupait des membres de l'audiovisuel mais aussi des danseuses de cabaret, des artistes plasticiennes, des autrices (ou auteurEs pour les rigoristes)... Nous placardions des photos de seins dans Paris, nous participions à des performances à La main dans le XVème, à des installations avec le collectif Prenez ce couteau. Que des femmes artistes et peu d'hommes à nos évenements nous étions pénardes. 

    Pourquoi The Nennettes on the ground?  Parce que nous, en tant que détentrices d'une foufoune et donc assignées femmes, on en avait déjà marre d'être underground c'est à dire invisibilisées. On en avait déjà marre en tant qu'artistes d'être sans cesse renvoyées à nos conditions de femmes, toujours commentées sur nos physiques ou nos vêtements ou nos coiffures ou nos poils enfin brefs des sujets toujours dérisoires par rapport à ceux que nous défendions. 

    Nous étions en 2017. On découvrait la colle artisanale faite avec de la farine et la joie de placarder notre colère. 
    Bientôt dix ans plus tard, enfin il y a quelques mois, on m'a traitée de féminazi. Moi ! Nazi !

    Alors que moi j'ai l'impression de faire dans le fémimisme! Et ce n'est pas qu'une impression parce que si vraiment je les avait pris pour modèle j'aurai déjà crée plusieurs usines pour  faire bruler des hommes et celui qui m'a dit ça aurait fait partit du premier convoi. 

    Je crois que nous nous sommes trompées, collectivement. Nous aurions dû lancer le fémimisme et le féminisme pourrait enfin éclore aujourd'hui et se concrétiserait par des attentats féministes. Un truc complètement dément et mondialement inédit. J'ai l'impression, et il se pourrait que ce ne soit pas qu'une impression, que les violences sexistes vont bon train. Les féminicides s'enchainent, les enfants sont toujours aussi mal protégés, les femmes toujours aussi démunies face aux violences intra-familiales, aux violences obstétricales et aux soins en général, face à la charge mentale, au plafond de verre, enfin en somme face au patriarcat puisqu'il s'infiltre partout. Alors oui, oui les choses changent j'en suis convaincue. Mais c'est si long... Siiiiiiii long ! Combien faudra t'il encore de femmes en burn-out, en dépression, en hopital psychiatrique, combien encore de victimes et de mortes? 

    Oui NOTRE parole s'est libérée, notre parole à nous les femmes, mais la mienne l'était déjà... Alors je suis ravie, sincèrement ravie, qu'en 2022 Macron ai promu l'endométriose cause nationale... Qui l'eu cru... Émue bien sûr, qu'en 2022 en signe de protestation à la mort de Masha Amini, (une femme iranienne tuée pour avoir mal porté son voile) une cinquantaine d'actrices françaises se coupent une mèche de cheveux. Mais aujourd'hui en 2026 la question se pose dans les médias de créer des wagons de métro réservés aux femmes. Ce qui serait complètement con puisque de nombreuses rames n'ont même plus de wagons. Aujourd'hui les femmes se baladent avec des capotes de verres (petit ustensile vendu en porte clef pour recouvrir le verre de sa boisson et ne laisser dépasser que la paille) pour ne pas se faire droguer dans les clubs. Aujourd'hui on voit fleurir les #notallmen alors que l'on sait que 90% des viols sont commis par des connaissances ou des proches des victimes. L'homme féministe c'est comme le loup blanc (le loup des steppes je suppose), tout le monde en parle mais personne l'a vu. 

    En 2025, nous demandons des condamnations pour les agresseurs et Mme Macron se permet d'en rire, de nous appeler "connasses". Alors que oui Brigitte nous sommes des connasses, des grosses connasses (on nous l'a assez répété) qui lâchent pas l'affaire et surtout nous sommes nombreuses.

    Alors je sais pas vous mais moi j'en ai toujours autant marre. Marre d'être une femme et en même tant toujours vraiment pas envie d'être un homme. Marre de lutter contre ma misandrie parce que bon not all men mais beaucoup quand même hein. Marre de ne toujours pas être lesbienne parce que moi j'ai pas rencontré un loup blanc. 

    Le féminisme est mort ! Vive le fémimisme tâchons de ne pas devenir aussi sournois qu'eux et surtout, surtout tâchons de préserver nos forces pour qu'enfin les victimes soient crues et les coupables condamnés. 

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