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Manifestation Anti-Propos Trump

Un point de vue contrasté. Le 21 janvier dernier s'est tenu au travers de 70 pays un mouvement de manifestation international s'élevant contre les propos outrageants tenus par Donald Trump à l'égard des femmes dont je ne rappellerai nullement les mots, inutile de donner du lard au cochon. Mouvement rassemblant près de 3 millions de citoyens du monde.
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    Le 21 janvier dernier s'est tenu, au travers de 70 pays, un mouvement de manifestation international dont le but était de s'élever contre les propos outrageants tenus par Donald Trump à l'égard des femmes dont je ne rappellerai nullement les mots, inutile de donner du lard au cochon, mais aussi de manifester pour le maintien des Droits Civiques aux USA et contre la politique anti-IVG du nouveau Président des Etats-Unis (je tiens à cette précision car comme toujours on ne retient que ce que l'on veut).

    Mouvement rassemblant près de 3 millions de citoyens des Etats-Unis, d'Angleterre en passant par la France, les Pays Bas, la Pologne, l'Italie, l'Australie, le Canada et j'en passe.

    Loin de moi l'idée de dénoncer et de m'opposer à ce rassemblement à l'initiative de Women's march, car en effet, il est rassurant de voir que la cohésion et l'unité sont encore d'actualité dans notre monde de perversion, d'individualisme et d'égocentrisme.

    J'avoue qu'il était plus que temps, que nous réussissions une cohésion sans précédent autre que pour un drame absolu. Je pense ici aux attentats qui ont touchés la France en 2015 et qui ont été à l'origine d'une cohésion universelle dépassant toute espérance.
    Il est rassurant, dans le même temps, de réaliser que la voix du peuple peut faire basculer l'opinion politique, je pense ici à Jacqueline Sauvage entre autre. Rassurant également de voir que les réseaux sociaux peuvent, à eux seuls, réunir au delà des frontières. En effet, ce rassemblement a été initié en novembre dernier, lors de l'élection de Donal Trump. Une unité s'est alors créée permettant que cette marche concerne l'ensemble des citoyens de la planète et non uniquement les concernées directement : les américaines.

     

    Ce qui me dérange dans cet élan planétaire c'est que nous donnons ici encore du crédit à un homme qui a mené toute sa campagne sur la provocation, le dénigrement, les insultes qui sont l'essence même du personnage. Nous sommes ici face à un homme d'affaire et non un homme politique qui gère son pays comme il a géré ses entreprises. Il suffit d'écouter les femmes qui ont travaillé pour et avec lui. Car il faut savoir que Donald Trump s'est toujours entouré de femme dans son travail et leur a confié des postes à grandes responsabilités.

    Nous sommes ici face à un homme qui a une connaissance sans faille de tous les rouages de la société actuelle. Nous sommes face à un homme qui n'est ni plus ni moins que le reflet de la société malade dans laquelle nous évoluons. Un compte twitter savamment alimenté par ses soins à raison de 20 fois par jour. A la tête d'une téléréalité qui entame sa 12ème saison et qui n'est ni plus ni moins qu'un jeu de pouvoir pour accéder aux plus hautes sphères de son Trump Empire et dont la phrase « You're Fired » est devenue emblématique de ce programme.

    Alors, même si ce combat est noble, même s'il est normal de s'élever contre des propos misogynes d'autant plus lorsqu'ils sont tenus par le Président de la première puissance mondiale, ne serait il pas enfin plus sérieux de s'unir mondialement pour dénoncer :

    - les crimes de Boko Haram – dois je ici reparler des 300 lycéennes ? des petites filles qui se font régulièrement explosées dans les marchés de Yaoundé ?,
    - l'excision et le viol de masse au Congo sans parler du génocide de plus de 6millions de congolais ? Pour lequel d'ailleurs l'on m'a indiqué récemment que c'était inutile de m'offusquer puisqu'il s'étendait sur plusieurs décennies. Je ne pense pas que si 2 fois et demi la population de Paris venait à être rayée de la carte de France, nous attendrions des décennies pour réagir et encore banaliserions ces actes de tortures absolues,
    - le viol collectif en Inde,
    - le sort des femmes et des enfants migrants dont à part en Jordanie il apparaît difficile de trouver des camps qui les accueillent.

     

    En conclusion, je dirais que je suis bien évidemment émue de constater que nous pouvons nous unir au delà de nos frontières mais comme le dit le vieux proverbe : "Aide toi, le ciel t'aidera" ; en d'autres termes, recommençons cette union pour des femmes qui souffrent au quotidien et non pour alimenter le buzz du 45ème psychopathes des états-unis.

     

     

     

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