Portfolio

Marc Melki, le trublion photographe

Marc Melki expose, sous le titre "exils intra muros, et si c'était vous?" cinq années de travail sous la forme de soixante cinq diptyques qui assemblent fiction et réalité. Son sujet? Les Roms, les réfugiés, l'extreme pauvreté, une politique d'exclusion? Vernissage de l'Exposition ce soir 18h30/21h30 Mairie du 18 eme.
  1. Marc Melki expose des photographies qui représentent l’aboutissement de cinq années de travail.

    Ce travail se compose de deux parties et il en fait la synthèse en collant, sous la forme de diptyques, la fiction a la réalité.

    C’est quelqu’un qui croit encore aux politiques et qui le revendique.Quitte a ce qu’on prenne ça pour de la naïveté ou de la folie, il pense qu’ils peuvent changer la situation.

    Ce qu’il nous propose de voir c’est que justement, il n’est plus possible de ne pas voir, qu’il faut sortir du déni.

  2. Toutes ces annees, tres tendues sur le plan financier, il n’a rien lâché, il veut aller au bout de son action alors il embarque des artistes, des intellectuels , des personnalités du monde associatif et des politiques, et ainsi, transforme un projet personnel en projet collectif.

    L’intention est belle.

    Mais d'ou vient sa photographie?

    Difficile d'en savoir plus.

    Quand nous parlions, il tirait des fils a n’en plus finir.Il vient pour parler une heure et demi maximum mais repart trois heures après.

    Je sens qu’il est heureux.

    Marc Melki est heureux d’avoir monté son projet jusque la et c’est compréhensible car ce qu’il a mis en oeuvre est puissant.

  3. Cette action est politique donc; mais d’ou en politique?

    Le grand Zola quand il accuse directement le gouvernement donna une grande lecon de journalisme et c'est la source des grands reporters.

    Londres par exemple nous a prouve que le grand reportage pouvait s'exercer chez nous comme partout.Le sujet est parfois au pied de nos immeubles rassurants.

    Marc Melki remplasse le vide des promesses non tenues par de la pure realite et nous offre une image du bilan 2012-1017 en quatre couleurs.

    Les jeunes gens doivent comprendre que Melki c’est un élément de la génération tonton.

    Une génération, basée sur un ensemble de valeurs disponibles, des repères qui nous accompagnent toute une vie.

    D'une époque ou les institutions entretenaient des rapports normaux avec les membres de la jeunesse et les considéraient comme des citoyens. 

    Une époque ou l’avenir, notre présent, n’était pas pensable tel qu’il est aujourd’hui.

    Je ne vois pas pourquoi il devrait en ressentir une honte particulière. 

    Le temps est passé et Marc Melki comme d’autres, arrête notre temps avec ses propres moyens.

    De quel type de temps aurions nous besoin pour mieux vivre?

     

  4. En attendant, il faut mémoriser; pour se rappeler, il nous faudrait plus de mémoire vrai mais pour cela il faudrait plus de moyens vrais aux photographes.

    Nous pouvons toujours rever d'une commande publique, type Datar ou Farm society, qui ferait un etat des lieux de la pauvrete en France.

    L'Europe aussi pourrait peut etre lancer une commande a la hauteur de l'enjeu de construire un tel fond, au regard de son Histoire.

    Arrêter le temps c’est le fabuleux pouvoir de la photographie.

    Marc Melki est passé du journalisme militant imprimé en quart de page au manifeste grand format.

    Mais surtout, il s’affranchi de ceux qui ne faisaient plus appel a lui, la presse, tout simplement en maitrisant sa peur d’être plus libre.

  5. A ceux qui pensent que c’est plus facile de photographier les pauvres que les riches, passez du selfie a l’autoportrait.

    Quant a ceux qui, au nom de la morale, crient déjà a l’impudeur, j’affirme que Marc Melki, n’est ni un pervers, ni un voleur.

    Il pense avec ses mains*.

     

     

    Yann Merlin.04h02, 24 février 2017

    * Denis de Rougemont. penser avec ses mains (1936). Journal d'un intellectuel au chomage (1937). Amour et occident (1939).

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