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Portfolio 16 juil. 2021

LE PARAVENT - LA PIÈCE - the PLAY

INITIALEMENT PUBLIÉE LE 14 JUILLET - HÉLAS, UN BUG ... de sinistres blagues prétextes à de tristes comédies auto-suffisantes - contenant des foultitudes de pièces [en]fermées qui ne servent à rien, cons-figurant un max d'actes inutiles-utilisant des mots insensés qui ne veulent rien dire, et surtout, les maux des autres pour arriver nulle part ... et que nul(le) n[e s]'en sorte

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  1. made all by myself

    ACTE PREMIER

    Chez le malade - irruption de la maladie

    SCÈNE PREMIÈRE - LE MALADE, LE JOKER

    Le malade a genre 45-50 ans, il est blond tirant sur le roux, au début avec une bedaine et des lunettes culs de bouteille - il a perdu connaissance au milieu du salon, on est un dimanche et il est 11 heures ; il reprend ses esprits sur la musique à donf de Dalida - Gigi l'amoroso, qu'il voudra arrêter, tâtonnant mais ne trouvant pas la télécommande (il est gaucher), il finira par mettre la main dessus, mais la droite, et le boîtier tombera (il sera aidé par le JOKER). La pièce est assez sombre, n'est éclairée que par une ampoule nue au plafond, et une lampe de chevet posée sur la table du salon, au milieu d'un fouillis

    Le JOKER, au début accroupi à ses côtés, porte un sweat noir, avec une poche kangourou, marqué JOKER aux couleurs LGBT (voir image 2 à la fin), suivi d'un double point, et en dessous LIBERTÉ ÉGALITÉ FRATERNITÉ sur 3 lignes, en bleu-blanc-rouge, avec une capuche comme la Mort dans le Septième Sceau, de Bergman - il a donc un fond de teint pâle - il remontera sa capuche à la toute fin de la pièce 

    L'intérieur de sa maison est très vivant, il y a du bazar, plein de livres, de journaux, il y a des cartons partout (divorce récent), des bibelots en vrac sur des étagères, mélangés avec plein de DVD, et de la musique, beaucoup (CD partout) et il a un chat (noir) qui pédalait sur lui quand il gisait à terre - en se relevant, maladroitement, il le fait tomber : la bestiole s'enfuit en miaulant stridemment

    Pancarte à côté de la sonnette FORRÉ, c'est son nom (il ne pourra jamais l'épeler en entier) (il a pas de prénom)

    LE MALADE

    Qui suis-je ?

    Il titube dans la pièce, perplexe - on entend en même temps : Gigi, c'est toi là bas dans le noir ? - c'est à ce moment que le JOKER lui prend la télécommande et éteint la chaîne

    JOKER

    T'es naze

    LE MALADE

    Où suis-je ?

    JOKER

    T'es dans la merdre

    LE MALADE

    Pourquoi mon bras droit ne marche plus ?

    JOKER

    T'as fait un AVC

    LE MALADE, confus

    Faut que j'appelle le SUMA

    JOKER

    Le SAMU imbécile (d'une traite)

    Le malade prend son téléphone, fait maladroitement un numéro à plusieurs, puis trois, puis deux chiffres, on entend le répondeur (voix mécanique) : si vous téléphonez pour avoir le numéro du médecin de garde tapez 0 - si vous appelez obligatoirement pour une urgence à-tester véritable-ment pressante tapez 2 - si vous brûlez d'envie d'un pompier tapez 1 - si vous désirez vous taper un film de cucul tapez 4 - si vous voulez composer une pizza tapez 5 - pour consulter vos comptes tapez 9 - si vous vous êtes trompé ou trompée tapez 3 - pour vous abonner à Canal tapez oui - si vous ne savez pas pourquoi vous appelez tapez 6 (prononcé si) - pour une ou toutes autres raison(s) tapez 7 - si vous appelez d'un poste fixe ça va égale-ment vous goûter bonbon, et salé, vous [en] serez rapide-ment fixé - si vous ne voulez plus vous cogner ces messages vous tapez bémol, après le bip-bip vous pouvez laisser votre message parler, et pour finir, il [vous] faudra toucher l'astéroïde

    ... Souvent ça coupe n'importe quand, et/ou ça reprend " dans le désordre " et/ou à vitesses variables - de toute(s) façon(s) ça raccroche illico après " tapez 7 ", avec une tonalité occupée bip-bip-bip soit très mécanique, soit imitée par des petit(e)s facétieu(ses)x - même si le JOKER lui souffle : tape le 2 tape le 2

    Il rappelle - le JOKER lui crie cette fois-ci de taper le 2 et lui montre deux doigts en forme de V - il le fait, et ça décroche enfin - on entend un message (voix aimable d'aéroport) : veuillez vous munir de vos carte(s) bancaire(s) et code vital, en boucle - la secrétaire à l'autre bout (au SAMU) maquillée jusqu'aux ongles qui crissent sur le combiné, finit par décrocher, avec une tonalité suraiguë « féminine » qui fait coin-coin, et quand elle prend la communication en décrochant son téléphone - rose bonbon avec des paillettes - elle met FORRÉ sur haut-parleur ; tou(te)s au SAMU, désœuvré(e)s, au milieu des tasses à cafés/gâteaux (pour la secrétaire et la toubibe, qui comparent leurs vernis à ongles) et des can(n)ettes de bières/verres de mousseux (pour les mecs), l'écoutent lui répondre et suivent la con-versation en [se] faisant des gestes de satisfaction/connivence, [en] [sou]riant comme de bonnes blagues, se moquant etc.

    SCÈNE DEUXIÈME - LE MALADE, LE JOKER, LA SECRÉTAIRE DU SAMU, LE RÉGULATEUR, D'AUTRES MÉDECINS

    (voir dans le premier commentaire la description complète du local du SAMU)

    LE MALADE, essayant de trouver et de sortir ses cartes

    Allô le SAMU ?

    LA SECRÉTAIRE DU SAMU, du tac au tac

    Non c'est le SUMA !

    JOKER, au public

    Je vous l'avais dit

    LE MALADE, suppliant

    Allô le 15 ? (pas de réponse - la secrétaire lève une main à l'intention des autres) ... Excusez-moi, je vous appelle parce que je suis tombé dans les pommes ... Je crois que j'ai perdu connaissance !

    JOKER, inquiet

    Houlà ! Comment il amène ça, il est trop amène - bien élevé il va se faire ramasser, on va le prendre pour une pomme, c'est le fruit défendu de la connaissance - il est perdu

    LA SECRÉTAIRE DU SAMU, avec importance

    Monsieur, si vous n'avez aucune connaissance(s), nous avons des urgences dont nous nous occupons (rires derrière elle) ... Et si vous êtes perdu ... (insinuante)

    JOKER, au public

    Je vous l'avais dit ! (au malade) Elle te cherche, celle-ci

    En même temps il fouille dans la poche kangourou de son sweat, qui contient des cartons - un peu comme au foot, mais plus grands, avec des lettres blanches sur fond rouge

    LE MALADE, hésitant

    (après un temps d'arrêt) Excusez-moi je crois ...

    JOKER, s'énervant

    Mais non, ne t'excuse pas, z'attendent que ça !

    LA SECRÉTAIRE DU SAMU, péremptoire

    Monsieur, il faudrait savoir pourquoi vous nous appelez (à ce moment là une cloche sonne les douze coups de midi) (s'adressant aux autres à voix plus basse, avec un doigt en l'air signalant la cloche) - tant mieux pour lui s'il croit en quelque chose (en minaudant ; rires étouffés des toubib(e)s derrière)

    JOKER

    Non mais ils se MOQUENT des malades ! Z'ont aucune excuse !!!

    Il sort un carton de sa poche kangourou sur lequel il y a marqué " j'ai fait un AVC " qu'il montre à lire au malade

    LE MALADE, mi-vexé mi-inquiet

    Je crois que j'ai fait un AVC !

    JOKER

    Je te l'avais dit

    Silence de mort : ni la secrétaire ni personne ne répond - après un temps d'arrêt :

    LE MALADE, hésitant

    Excusez-moi je crois ...

    Le JOKER lève les yeux et les bras au ciel

    LA SECRÉTAIRE DU SAMU, péremptoire

    (s'adressant aux autres à voix plus basse) C'est bien qu'il continue à croire ...

    JOKER, criant

    Mais je la crois pas ! Elle continue !!!

    LE MALADE, élevant la voix aussi, mi-énervé, mi-inquiet

    Mais je pense que j'ai fait un AVC !!!

    LA SECRÉTAIRE DU SAMU, autoritaire, sentencieuse

    (sur son écran d'ordi le numéro de téléphone 06 66 66 66 66 et le nom du patient FORRÉ en grand)

    (levant la main) Monsieur, c'est bien pensé d'avoir des idées, mais nous n'avons même pas votre nom ni qui vous êtes ni ce que vous [nous] faites … ni si vous nous constactez d'un numéro mobile, mais pour vous situer et le problème ou les problèmes, vous devez [nous] donner vos noms, prénoms, sexe, origine ethnique, date et âge du capitaine, lieu et pays de naissance, (jetant un œil sur sa liste), situation de famille/statut marital/nombre et quantité d'enfants si vous avez, si vous êtes propriétaire d'une adresse physique et de boites mails (survolant une liste), demeurez-vous chez vous-même, créchez-vous chez vos parents ou confiez-vous vos corps et âme à des personnes de confiance, lesquelles, combien, où , pourquoi ? Vous a-t'on déjà prévenu par exemples que vous êtes fou-aliéné, traité de maniaque-paranoïaque, d'autiste-hystérique, de dépressif-mythomane ou de borderline/schizophrène ? (pause après ça, pendant que FORRÉ réfléchit, abasourdi) ... (elle continue, sur sa lancée) Avez-vous une ou des activité(s) professionnelle(s) et un ou des avis d'imposition en rapport, des aptitudes particulières ou spécifiques, des habitudes et une hygiène de vie, un ou des loisirs, fonction du poids/de votre hauteur/de l'IMC ; (lisant la liste) il me faut les détails de vos antécédents familiaux ascendants et descendants ainsi que personnels, l'histoire de la maladie et des troubles allégués, le diagnostic ou les, les traitements suivis ou pas - pourquoi ou pourquoi pas, les effets secondaires reconnus, improvisés ou imaginés - vous buvez de l'alcool ou d'autres substances toxiques, du tabac, combien ? Vous avez de la température ou bien de la fièvre, combien/jusqu'où - si vous n'en avez pas il faut nous dire jusqu'où ça descend aussi ; une ou des douleurs, combien de 0 à 10 ; un ou des handicaps (ton glacial), pire, une ou des invalidités, où et combien ; à tout hasard l'aide médicale gratuite (soupir), la CMU (soupir), ou bien (ton plus enjoué, note d'espoir) une mutuelle, voire, une ou des assurance(s) - avec copies des contrats et photocopies de vos trois derniers relevés bancaires - mieux, sur trois ans ... Il nous faut les coordonnées complètes (insistante) de votre Docteur (se rengorgeant) référent ou rente, si c'est un ou une spécialiste (admirative) … ou seulement généraliste (méprisante), et vous devez nous donner ses numéros d'homologation(s) : à ce propos, avez-vous ou avez-vous eus ou non des rapports sexuels normaux ou anormaux, quand, combien, pourquoi, où, et au moins enchaînés tous les dépistages obligatoires, combien, quand ? Les vaccins et rappels facultatifs et obligatoires sont-ils à jour, depuis quand, avez-vous des puces, combien, où ? Avez-vous transmis à qui de droits vos prélèvements sanguins ou autres, subis des examens, quand, combien, pourquoi, vu(e)s des spécialistes, lesquels ou lesquelles ? Avez-vous déjà eues affaires avec des guérisseurs ou sseuses, avec    ou sans Diplômes, lesquel(le)s, avant ou après nous ? Êtes-vous passé par des hôpitaux ou/et des urgences, des cliniques ou des poly-, quand, où, pourquoi, combien ? Vous avez pris des médicaments ou d'autres substances toxiques, pourquoi, pour qui, quand, combien ? Vous présentez des rougeurs, voire des marbrures ou même des plaies voire des blessures ouvertes, des tumeurs ou des boutons, combien, des allergies, combien, à quoi, à qui, de quelles formes et configurations : il nous faut les photos et les vidéos ? Vous êtes-vous rendu à l'étranger ou ailleurs dans le territoire national, quand, combien, pourquoi ? Vous avez mangé et/ou bu, quand, combien ? Et pour le dossier il faut (consultant toujours sa liste, elle pointe des lignes à la fin) un extrait de votre casier judiciaire - le n°3 et sinon le n°2 - et si vous êtes un homme, celui de votre grand-père, aryen c'est tout bon, avec votre code génétique, étant donné que nous codons les actes … Puisque vous croyez que c'est urgent, puisque personne ne veut vous amener, pouvez-vous vous conduire en personne, avec toutes vos pièces, sans oublier le code de votre carte bleue, et de quelle couleur est votre Carte Vitale si vous l'avez en, ou sous la main, Monsieur FORÊT

    JOKER

    La main, verte, comme le pré, mais quel maton baveur ! La matonne baveuse, plus précisément !

    LE MALADE, complètement noyé, affolé

    Mais Madame, mon bras droit ne fonctionne plus bien !

    LA SECRÉTAIRE DU SAMU, hautaine

    Oui, je suis le bras droit du Docteur (fière, avec un sourire aguicheur au médecin régulateur) - Monsieur ne soyez pas agressif je ne fais que mon travail (d'une traite, sèchement)

    JOKER

    De police

    LE MALADE, paniqué, s'écriant en prenant " les cieux " à témoin

    Je suis tombé dans les pommes et maintenant mon bras ne marche plus !

    LA SECRÉTAIRE DU SAMU, vexée

    Je vous passe LE Docteur (appuyant - sèchement) (elle raccroche brusquement-bruyamment son combiné et passe la communication au régulateur, ça fait coin-coin) - (aux autres derrière, énervée) je suis bonne poire !

    JOKER

    On ne va pas couper la poire en deux

    Elle relit sa liste, en colère, la corrige un peu au crayon, écrit des trucs, et les autres se moquent d'elle derrière son dos sans qu'elle le remarque

    SCÈNE TROISIÈME - LE MALADE, LE JOKER, LE REGULATEUR, ET LES AUTRES TRAVAILLEUR(SE)S DU SAMU DERRIÈRE ; UNE AUTRE URGENCE AU TÉLÉPHONE À LA FIN

    La lumière s'allume sur le médecin, pieds sur son bureau, stéthoscope autour du cou (il tape sur le bureau avec son marteau de temps en temps, ou allume sa lampe frontale par intermittence), avec une longue blouse blanche, alors que ce ne sont que des bureaux avec des ordis et des téléphones ; le malade est toujours sur haut-parleur, tous entendent et écoutent la conversation, et quand il prend la communication - il a un très gros téléphone rouge rutilant, de forme phallique - ça fait un gros coin-coin - très très mâle - à nouveau

    LE RÉGULATEUR, se rengorgeant

    Ici c'est LE DOCTEUR - (puis rigolard) alors, vous nous racontez être tombé dans les pommes ? (il tape un grand coup avec son marteau sur le ballon de foot sur son bureau, rires derrière lui)

    JOKER

    C'est un bouleau où on ne se fend pas la poire pas tous les jours

    LE MALADE, soulagé

    Ah, Docteur ! Oui, je crois que j'ai perdu connaissance ...

    JOKER

    Et voilà qu'il recommence à être chou !

    LA SECRÉTAIRE DU SAMU, en aparté, avec un rire étouffé

    S'il croit en Dieu il a pas besoin de Nous

    (les autres ne rient plus parce qu'elle l'a déjà faite et qu'ils écoutent le toubib, et elle sera encore plus vexée)

    LE RÉGULATEUR, à nouveau sérieux

    Monsieur, si vous nous appelez pour vous mettre à table vous n'avez pas pu tomber dans les choux

    Fin des rires derrière-atmosphère de suspense, le toubib a fait un signe de la main (il l'a levée un peu en forme de salut - oui, un peu comme un salut h.) aux autres derrière, pour qu'ils écoutent la suite

    JOKER, au public

    Je vous l'avais dit !

    LE MALADE, scié

    Mais ... j'ai un problème avec mon bras droit aussi

    LE RÉGULATEUR, sur le ton de la confidence

    (coup d’œil en coin vers la secrétaire, son bras droit, qui travaille toujours à sa liste)

    Mais, qui n'en a pas ? Ah ça, Cher Monsieur, on est mal servi de ce côté-là (il se tourne vers la gauche puis la droite, mais la secrétaire est derrière lui, écoutant la conversation dans son combiné rose … mortifiée, outrée) (puis à nouveau d'un ton " doctoral ") Vous n'avez pas de problème de mémoire, vous vous rappelez être tombé dans les pommes, et même dans les choux : vous n'avez pas le cerveau en compote, tout au plus c'est de la marmelade, donc ça ne peut pas être un AVC - quelle déconfiture ! (il termine d'un ton sec) Il faut arrêter de tout agglomérer, vous nous faites des farces !!!

    Avec à nouveau le signe de la main (comme un salut h.) aux autres derrière (genre pour attirer encore plus leur attention), qui se remettent à rire

    JOKER

    C'est le Docteur Dindon qu'il s'appelle, le coco !

    LE MALADE

    Mais je croyais ...

    (la secrétaire lève la tête, se gausse plus fort que les autres et gesticule en criant : en Dieu ? en Dieu ? mais personne ne l'écoute plus, elle sera vexée à mort)

    LE RÉGULATEUR, péremptoire

    Croyez-moi, Nous sommes là pour vous rassurer, Cher Monsieur, vous pouvez dormir comme une souche ! (il est donc midi)

    Il s'essuie théâtralement le front pour amuser ses collègues - soulagé, certain d'avoir rembarré le malade

    JOKER

    Comme eux

    LE MALADE, indécis

    Peut-être que je pourrais … euh, devrais aller aux urgences, quand même ?

    LE RÉGULATEUR, sursautant, laissant tomber ses pieds du bureau

    Ah ça non Monsieur, je vous le déconseille ! Vous allez poireauter minimum six heures, et on va vous renvoyer chez vous ! Vous conprenez, il y a déjà sûr-charges de bouleaux !

    Le malade est interdit, perplexe

    JOKER

    En nez fait l'important est de bien les consprendre !

    LE RÉGULATEUR, insinuant

    Et d'ailleurs, comment vous allez faire ? Puisque vous ne vous sentez pas bien ? Vous savez, nous ne sommes pas de bois !

    LE MALADE, faiblement

    Je peux appeler un taxi ...

    LE MÉDECIN, inspiré, sur sa lancée

    Mais, peut-être que vous vomissez plus ou moins, le taxi - ou n'importe quel bahut - ne va pas vouloir vous prendre non plus, à tous les coups vous übertaxer : allez, il vaut mieux patienter, enfin demeurer (ironique) dans votre baraque - vous savez, dans les urgences, il y a plein de monde qui passe et très passe sans arrêt(s) … C'est loin et d'être rassurant 

    Pendant sa tirade bien entendu on voit le malade se déliter de plus en plus

    JOKER

    C'est ce qu'on appelle avoir de l'empathie

    LE MALADE, faiblement

    C'est vrai, j'ai un peu la nausée ...

    JOKER, dégoûté

    Ça c'est bien vrai !

    LE RÉGULATEUR, reprenant espoir

    Peut-être que vous buvez de l'alcool, un peu, Monsieur ?

    JOKER

    Et merdre

    LE MALADE

    Euh ... hier soir, c'est vrai, j'ai bue une petite canette, c'était samedi

    LE RÉGULATEUR, " rassurant ", heurtant son combiné qui fait coin-coin

    Ah vous voyez bien, l'alcool !!! Et le dimanche, c'est fait pour se reposer !

    La secrétaire se bidonne derrière, tout le monde la regarde, elle fait un petit signe de croix

    JOKER, ironique

    Mon dieu ! Mais t'as qu'à croire !

    LE MALADE, encore plus faiblement

    Mais, Docteur, vraiment, je ne me sens pas bien ...

    LE RÉGULATEUR, bonasse

    Allons, allons, vous Nous faites une petite dépression saisonnière !

    JOKER

    ll va lui faire le coup du stress, aussi !

    LE MALADE

    Non, je vous dis qu'il m'est arrivé quelque chose, je me suis réveillé d'une perte de connaissance et mon bras ne remue plus bien, il tremble, il est bizarre

    LE RÉGULATEUR, s'énervant

    Écoutez, Monsieur, vous savez, le stress ...

    JOKER

    Je vous l'avais dit

    LE RÉGULATEUR, confident

    ... Peut vous jouer des tours, vous savez (appuyant)

    JOKER

    Y a pas que le stress

    LE MALADE, désespéré

    Mais qu'est-ce que je fais moi, maintenant ?

    LE RÉGULATEUR, triomphant

    Mais vous pourrez toujours appeler votre allopathe demain et y aller à pattes, Monsieur

    Il s'amuse en même temps à allumer et éteindre sa lampe frontale

    JOKER

    Et l'Empereur de Chine, aussi !

    (à ce moment, il y a encore un coin-coin qui résonne par erreur, le régulateur, en ayant marre de la " conversation " et qui s'agite un peu dans tous les sens, s'étant appuyé d'un coude nonchalant sur son combiné)

    LE MALADE, désespéré, pour lui-même

    Je pensais que vous vous occupiez des urgences, moi !

    JOKER

    Bien vu, coco

    LE RÉGULATEUR, coléreux-rique, criant presque

    Dites, Monsieur, c'est à nous de juger ce qui est urgent, Monsieur !

    JOKER

    Et non pas d'urger ce qui est jugeant ... Va te faire éduquer, hé !

    LE MALADE, pour lui-même

    Où vais-je ? Qui suis-je pour ces gens-là ?

    JOKER

    Mon pauvre chou, t'es un faire-valoir pour ces vauriens, tu vaux rien

    LE RÉGULATEUR, agressif

    Dites, Monsieur, vous nous sonnez, vous êtes un peu alcoolisé, sans hêtre très clair ni futaie vous ne savez pas très bien ce qui vous nous débitez, alors que nous avons de quoi bûcher ! On en-chêne sur du vrai bouleau !

    Le malade est abasourdi

    JOKER, désolé pour lui, et en colère

    Et c'est pour ça Cher Monsieur que ta sœur est sciée

    Pendant ce temps bien entendu on voit le malade se décomposer toujours plus

    Le JOKER va chercher une barque qui se trouve derrière le local du SAMU

    LE RÉGULATEUR

    Vous allez vous mettre au pieu ...

    JOKER

    ... Comme lui ...

    LE RÉGULATEUR

    ... Sinon demain c'est lundi, si vous avez encore la gueule de bois (moqueur) vous irez chez votre traitant en discuter à bâtons rompus, sans langue de bois (rires partagés avec tout le SAMU) - et sinon vous avez peut-être de l'entourage, des poteaux pour vous soutenir ...

    JOKER 

    Il veut des noms ?

    LE MALADE, perplexe

    Euh ... Oui Docteur, demain j'appelle le Docteur ... Au revoir, Docteur ... (s'embrouillant, soucieux) Bon courage, bon week-end, tout ça

    JOKER, ironique

    ... Bonne nuit les petits ...

    Le médecin raccroche très satisfait, avec encore un coin-coin, les autres approuvent, le félicitent, rigolent ensemble - le malade reste hésitant le téléphone à la main avec la tonalité raccroché(e) (bip-bip-bip) ; le JOKER passe en barque, qu'il est allée sortir de derrière le local du SAMU, en ramant devant la scène et en chantant à tue-tête : il était un petit navi-reu, il était un petit navi-reu, qui n'avait ja - ja - ja-mais navigué, sur fond de sonneries téléphoniques - il y a un autre appel d'une autre urgence qui sonne et résonne longtemps

    Dans le local du SAMU on voit les toubibs boire des cafés-gâteaux, des can(n)ettes et du mousseux, avec la secrétaire, façons " on sabre le champagne " - ils se portent des toasts sans s'inquiéter des sonneries

    Le malade se lève maladroitement, titube, perd l'équilibre, essaye son bras droit de multiples fois, le secoue

    Le JOKER qui est passé devant le local du SAMU dans sa barque, le récupère au passage, l'emmène chez lui et va le déposer sur son lit - et tout à la fin de la scène, quand le JOKER va ranger la barque derrière en repassant devant le local du SAMU, la secrétaire décrochera enfin le téléphone pour récupérer l'autre appel, avec son coin-coin hypraféminin- elle décroche la bouche pleine de gâteau(x), une tasse de café à la main

    L'AUTRE URGENCE, affolée

    Allô, le SAMU ?

    LA SECRÉTAIRE, glaciale

    Non, c'est l'ASSUM

    JOKER, rangeant sa barque et la tançant, en colère

    Parce que t'assumes quelque chose, toi ? Et les autres guignols derrière, ça va comme vous voulez ?

    La suite de la " conversation " téléphonique est inaudible, émaillée de coins-coins de tou(te)s sexes ; le JOKER rejoint le malade assis sur son lit, prostré-désespéré, essayant et secouant son bras - il lui met une main sur son épaule gauche pour le consoler

    SCÈNE QUATRIÈME : LE MALADE, LE JOKER, PUIS LA SECRÉTAIRE DU DOCTEUR CLIENTÈLUS CAPTIVUS au téléphone, et UNE PATIENTE DE CAPTIVUS 

    LE MALADE, regardant le JOKER, suppliant

    Mais, bon dieu, qu'est-ce qui m'arrive ? Et qu'est-ce que je vais pouvoir faire, maintenant ?

    JOKER, dubitatif, hochant la tête

    … À ta place j'irais quand même aux urgences - mais bon, moi j'ai la santé !

    Chanson like a rolling stone sur le malade se levant difficilement, perdant l'équilibre, titubant, essayant son bras, se rasseyant etc. il a des nausées, il se précipite maladroitement (se rattrape aux murs etc.), aux WC, souvent - bref on voit bien le calvaire qu'il endure, soutenu par le JOKER inquiet

    On passe du dimanche au lundi - horloge qui tourne ... On peut mettre le requiem de Fauré quand il se couchera pour dormir, veillé par le JOKER

    Et plusieurs fois dans la nuit noire il se réveillera - on l'entendra se demander qui suis-je ? et le JOKER lui répondre avec compassion je suis là

    suite au prochain numéro/PORTFOLIO

  2. chacun(e) pour soi et le diable pour tou(te)s

    donc le logo sur le sweat du JOKER façon LGBT suivi d'un double point : en-dessous en bleu LIBERTÉ le ciel, en-dessous en blanc ÉGALITÉ pour les royalistes, et la dernière ligne en rouge FRATERNITÉ pour les cocos

    ... sinon dans le premier commentaire je [vous] colle donc les éléments de déco[r]s du local du SAMU

    enfin, la pièce pré-figure l’ère dictatoriale covidologique$ avec le défoulement tous azimuts de tou(te)s les petit(e)s chef(fe)s, la dictature " sanitaire " en marche, l'indifférence totale aux malades (et même aux pathologies ...) et les gros égos s'exerçant à bons comptes, le virilisme avec la soumission des femmes au système etc. tou(te)s ces " intellos " croyant tout savoir soumis(es) in fine aux pouvoirs financier et gestionnaire 

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Un grand silence
L'association Vivre dans les monts d'Arrée a examiné le dossier présenté par EDF. Nous demandons, comme nous l'avons fait en 2010 et comme nombre de citoyens le font, que soit tenu un débat public national sur le démantèlement des centrales nucléaires : Brennilis, centrale à démanteler au plus vite.
par Evelyne Sedlak
Billet de blog
Le nucléaire, l'apprenti sorcier et le contre-pouvoir
Les incidents nucléaires se multiplient et passent sous silence pendant que Macron annonce que le nucléaire en France c'est notre chance, notre modèle historique.
par Jabber
Billet de blog
Électricité d'État, non merci !
La tension sur le marché de l’électricité et les dernières mesures prises par l’Etat ravivent un débat sur les choix qui ont orienté le système énergétique français depuis deux décennies. Mais la situation actuelle et l'avenir climatique qui s'annonce exigent plus que la promotion nostalgique de l'opérateur national EDF. Par Philippe Eon, philosophe.
par oskar
Billet de blog
Notre plan B pour un service public de l'énergie
[Rediffusion] Pour « la construction d’un véritable service public de l’énergie sous contrôle citoyen » et pour garantir efficacité et souveraineté sur l’énergie, celle-ci doit être sortie du marché. Appel co-signé par 80 personnalités politiques, économistes, sociologues, historiens de l’énergie dont Anne Debrégeas, Thomas Piketty, Jean-Luc Mélenchon, Aurélie Trouvé, Gilles Perret, Dominique Meda, Sandrine Rousseau…
par service public énergie