Communiqué du 5 janvier 2018 : Collectif pour une Syrie libre et démocratique.

En Syrie, la diplomatie française a-t-elle choisi la voie du déshonneur pour un éventuel strapontin à la table des négociations ?
  • Date Le 5 janvier 2018

Communiqué
Collectif pour une Syrie libre et démocratique

Paris le 5 janvier 2018


En Syrie, la diplomatie française a-t-elle choisi
la voie du déshonneur pour un éventuel strapontin
à la table des négociations ?

À l’occasion des vœux au corps diplomatique le Président Emmanuel Macron a déclaré concernant la crise syrienne que nous devions « sortir de postures morales qui parfois nous ”impuissantent” ».

De telles déclarations, alors que depuis 2011, le conflit syrien a vu franchir toutes les lignes rouges tracées par le droit international, peuvent être considérées comme un appel à l’impunité pour les crimes de guerre et crimes contre l’Humanité commis depuis six années et huit mois en Syrie. Les chiffres de l’ONU évoquent plus de 250 000 victimes, civils et combattants dont au moins 18 000 enfants. Preuves de torture et viols systématiques des femmes dans les prisons du régime de Bachar Al-Assad, usage de gaz chimiques neurotoxiques sur des populations, destruction des villes, des hôpitaux, des écoles.

Se faire respecter dans une négociation c’est d’abord affirmer ses valeurs et sa détermination. Or, on a laissé Poutine peu à peu déposséder Washington et Paris de leur influence diplomatique dans le processus de paix syrien en abandonnant notre soutien à l’Armée syrienne libre et en se voilant pudiquement la face lorsque les lignes rouges étaient franchies.

Mercredi 3 janvier 2018, au moins 23 civils ont été tués dans l'enclave assiégée de la Ghouta orientale, près de Damas, la plupart par des frappes aériennes russes, a indiqué l'Observatoire syrien des droits de l'Homme. Comme à Alep il y a tout juste un an une catastrophe humanitaire est en cours dans la Ghouta qui subit la famine du fait du siège imposé par les forces du régime Assad depuis 2013 ; sans pression de la part des grandes puissances occidentales les victimes risquent de se compter par milliers.

En suivant cette voie, par lâcheté, nous abandonnons chaque jour un peu plus le peuple syrien à son bourreau, nous faisons le terreau sur le lequel va se nourrir l’intégrisme et avilissons notre propre humanité.

Afin de jouer un rôle constructif pour la paix et la démocratie, la diplomatie française ne doit pas en rabattre sur l’exigence d’une transition politique conforme à la Résolution 2254, permise par l’arrêt des frappes, le libre accès des aides humanitaires, la libération des prisonniers politiques.

Contact Presse: collectif.psld@gmail.com

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