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Ende Gelände - Novembre 2017

En Allemagne, le collectif Ende Gelände a organisé le 5 novembre dernier l'occupation de la mine de Hambach, en Rhénanie. Réunissant près de 2500 activistes venus de toute l'Europe, l'évènement marquait également d'un grand cri d'alarme l'ouverture de la Cop23, dont les négociations se déroulent cette année à Bonn.
  1. ENDE GELÄNDE ou la force de l’anonymat collectif

    Ende Gelände, littéralement fin de terrain en allemand, c’est un grand cri d’urgence : celui de mettre un terme à l’exploitation des énergies fossiles.
    Comment ?
    En allant réparer le climat directement là où il se dérègle. Dans les entrailles de la terre, à la mine.

    Au cœur de cette initiative, un collectif allemand qui organise depuis 2016 des occupations massives de mines à ciel ouvert, pour les empêcher de fonctionner. Habituellement réservées aux mois d’été, c’est cette fois la date du 5 novembre qui a été choisie, profitant de l’ouverture de la COP23 à Bonn en Rhénanie, territoire de l’exploitation du lignite, type de charbon ultra-polluant, pour faire sonner leur cri d’alarme.

    Près de 2500 activistes ont répondu présents à l’appel et sont venus de toute l’Europe pour l’occasion.
    Action massive et illégale, les militants ont opté pour un consensus d’action bien particulier : l’anonymat. Marqué à la fois par une uniformité de la tenue (tout le monde en combinaison blanche) et du statut (aucun papier d’identité avec soi) le but était de former une masse compacte et uniformisée rendant tout contrôle et toute arrestation compliquée pour la police.

    Silhouettes spectrales à l’assaut d’une terre de désolation, l’ennemi est ici symbolisé par l’excavatrice, immense machine s’élevant à plus d’une soixantaine de mètres de haut vers laquelle ont convergé les militants.
    Entre elle et eux, un cordon de police allemande, en charge de maintenir la sécurité du site. Commence alors une bataille pour la justice climatique où des silhouettes en combinaison blanche se déploient face à des cortèges de policiers allemands en uniforme noir.

    Le noir et blanc est utilisé ici pour renforcer cette dichotomie, mais également pour préserver l’anonymat des silhouettes et des des visages revendiqué par les participants de cette action citoyenne spectaculaire et courageuse.

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