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Portfolio 17 avril 2020

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Journal de bord- Rupture du quotidien par épidémie- Confinement1

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Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

  1. Illustration 1
    © HR

    Mon J1 (4 jours avant le jour officiel) - Vendredi 13 mars 2020

    * Musique « Si l'on devait mourir demain » parodie d'Alison Wheeler sur France Inter

    Je me lève la tête dans le pâté.
    Sidération de la situation, mais en même temps joie que le gouvernement prenne enfin des mesures en fermant toutes les écoles et en limitant les déplacements après deux semaines de flou artistique à la sauce « gestes barrières ». (Quid de la tenue des municipales ? L' esprit critique est pour le moment étourdi).

    Ma colocataire, qui devait partir à Berlin ce matin même, a fait marche arrière. Arrivée à l'aéroport, elle a fondu en larmes devant la crainte de contaminer ses proches et le contraste des passagers en transit déambulants comme une journée ordinaire, sans protections. Elle m'appelle pour m'annoncer la nouvelle. De mon côté, moi qui habituellement me déplace dans les écoles maternelles pour mon travail, je suis rentrée au bureau, seule dans une pièce, à remplir des tableaux Excel. Premières mesures de protections enclenchées.

    On sera donc deux à l'appartement pour la suite des épisodes. La première source de réconfort qui me vient à l'esprit est « On va se sélectionner des bons petits plats à cuisiner ensemble pour cette semaine ».
    Le réconfort par la bouffe. Première valeur refuge proposée par mon cerveau reptilien en état de stress important.

    Quelque chose se prépare, on le sait. On prend petit à petit conscience de l'ampleur de la menace. Ça commence à parler de rayons vides dans les magasins: Pq, pâtes, sauce pour les pâtes, alcool à 90°, gel hydroalcoolique. Pas de réelle pénurie, mais un délai de réassort dérégulé par des quantités inhabituelles d'achats par certains.

    Retour sur le discours d' Emmanuel Macron de la veille, jeudi 12 mars - 20 h: Yeux vitreux / Chevalière / Rosette de la légion d'honneur rouge accrochée sur le côté droit de sa veste. Résumé :

    • Nous somme au début de la plus grave crise sanitaire connue en France depuis 1 siècle

    • Les soignants sont maintenant les « héros » de la nation

    • La première grande mesure est la fermeture de toutes les écoles (crèches, écoles, université) dès lundi 16 mars, car les jeunes propagent largement le virus, et sont souvent asymptomatiques

    • Le télétravail pour les parents doit être privilégié.

    • Les déplacements sont limités au strict nécessaire

    Le but étant de freiner l'épidémie pour protéger nos hôpitaux. Les soins hospitaliers non essentiels sont reportés.

    Les parents sont éberlués par cette annonce massue. Comment gérer ses enfants tout en continuant son travail, sans l'aide des grands-parents ? Un casse-tête angoissant.

    A RETENIR (et à graver dans le marbre) :

    - " Sauver des vies, quoiqu'il en coûte " (1)  / " Tout sera mis en œuvre pour protéger les entreprises et les salariés, quoiqu'il en coûte "(2) / "L'ensemble des gouvernements européens doivent prendre les décisions de soutien d'activité et de relance, quoiqu'il en coute " (3)

    La santé doit rester gratuite, sans conditions de revenus, de parcours ou de profession. Notre État-providence n'est pas que des coûts ou des charges mais des atouts indispensables quand le destin frappe. Il est des biens et des services qui doivent être placés en dehors des lois du marché.
    Déléguer notre alimentation, notre protection, notre capacité à soigner à d'autres est une folie, nous devons en reprendre le contrôle. Les d
    écisions de ruptures
    en ce sens, je les assumerai.

    Je suis troublée par les idées de ce discours en contraste avec les objectifs habituels de la Macronie : Casse des services publics / Économie sur la santé en gérant l’hôpital comme une entreprise / Baisses des acquis sociaux / Pas de dialogue avec les partenaires sociaux / Mépris des revendications populaires. Comment se rassurer du discours d'un gouvernement qui semble avoir une révélation soudaine ? (après la « révélation écologiste » post-été dont on n'a jamais vu la couleur). Rappelons que sous LREM, on brade l’État au plus offrant du privé : Aéroport de Paris, exonération de l'ISF, réforme des retraites glissant vers une épargne privée individuelle.

    Cela sonne faux, mais en phase de choc, mon cerveau demande uniquement de la sécurité et de la douceur. Mes questions sont triviales: Ai-je été contaminée? Est-ce que des proches à moi l'ont été ? Comment va se passer la suite ? Heureusement mon imagination suffocante mais malicieuse me surprend en me glissant que dans un autre monde, un couvre-feu imposé par Macron aurait pu être le résultat d'une révolte populaire trop importante à réguler propulsée par les gilets jaunes. Hélas non, dans notre réalité actuelle, la cause sera une épidémie de masse.

     

  2. Illustration 2
    © HR

    J-1 (jour officiel du confinement- prise d'effet 12h) - Mardi 17 mars 2020

    * Musique "Just an illusion" Imagination

    07:47 Je reçois un SMS du gouvernement en allumant mon portable: « Le Président de la République a annoncé des règles strictes […] Les sorties sont autorisées avec attestation [...] »... Big Brother, es-tu là ? J'avais mis mon numéro de portable sur le site des impôts ?

    Je sors avant 12h pour profiter d'une dernière course sans certificat, dehors les premières files d'attente devant les magasins se forment, avec 1 m de distance entre chaque personne et limitation du nombre de gens à l'intérieur. Les rayons les plus vides sont : les pâtes, la sauce pour les pâtes, le PQ, les gants en latex.

    Psychologie : Début de la phase 1, dite phase de survie. C'est la plus compliquée. Phase d’adaptation à un nouveau mode de vie, teintée de panique, de mauvais sommeil, etc... On est le plus souvent en mode “réactif”, à regarder sans arrêt les news sur l’évolution du virus.

    Retour sur le discours d'Emmanuel Macron de la veille, Lundi 16 mars -20h: Regard noir / Chevalière / Rosette de la légion d'honneur. Résumé :

    . Fermetures de tous les restaurants, bars, cinémas, tous les commerces « non essentiels » à la vie de la nation.

    . Interdiction des rassemblements de plus de 100 personnes

    . Même sans symptômes on peut contaminer des gens.

    . Le Grand-Est, les Hauts de France, et l'Ile de France sont dans le rouge

    . Interdiction des regroupements familiaux/amicaux extérieurs.

    . Réduction des trajets et contacts au stricte nécessaire: courses, soins, travail, ou activité physique individuelle

    . Second tour des municipales reporté

    . Fermeture des frontières extérieures de l'Union Européenne pendant 30 jours

    . Réforme des retraites suspendue

    . Légifération par ordonnances dans les domaines de la gestion de crise.

    A RETENIR (encore)

    - " Lisez, retrouvez ce sens de l'essentiel [... ]La culture, l'éducation, le sens des choses est important "

    6 fois " Nous sommes en guerre "

    Au sujet des soignants: " Ils ont des droits sur nous. Nous leur devons les moyens [...] " " Nous leur devons des masques, du gel, tout le matériel nécessaire, l’État paiera "

    "Aucune entreprise ne sera livrée au risque de faillite".

    " Le jour d'après, quand nous aurons gagné, ça ne sera pas un retour au jour d'avant "

    Sommes nous vraiment obligés de parler de guerre pour unifier une nation ? La remise en question d’un système de santé affaibli par des directives économiques serait plus amplement constructif. Mais là, il est question de fédérer un peuple. Le belliqueux et la peur emportent toujours les masses. Bien se souvenir de ces mots pour le jour d'après... L'ambiance est pesante.

  3. Illustration 3
    © HR

    J-5 - Samedi 21 Mars 2020       ~ En poème

     

     

  4. Illustration 4
    © HR

    J-9- Mercredi 25 mars 2020

    * Musique "Where is my mind" Pixies

    Deux groupes commencent à se dessiner dans mes amis Facebook : les pro-sorties et les contre-sorties. Des débats enflammés sur les limites de la responsabilité individuelle et collective. Jusqu'où s'arrête ma liberté ? Est-ce plus inquiétant d'enfreindre la loi ou de perdre ma santé mentale ? Dis-moi où tu vis, je te dirai quel donneur de leçon tu es: 10 m2, T3 avec terrasse ? avec jardin ? en ville, ou à la campagne ?

    Les micro-particules virales pourraient rester en suspension dans l'air plusieurs heures selon une étude américaine, phénomène favorisé par la pollution atmosphérique surtout dans les grandes villes. Une autre enquête contredit cette hypothèse, affirmant ce sont des mesures de laboratoire, non reproductibles dans la vie réelle. L'OMS s'aligne sur cette deuxième étude. En gros c'est pas très clair, mais c'est flippant. Parfois la nuit, dans mes moments d'angoisse, j'ai l'impression que la mort rode dehors, près des maisons, des fenêtres. Qu'elle passe doucement, à l'affût..

    Une amie à moi est diagnostiquée positive au Covid. Premier cas dans mon cercle proche. Elle a quitté Paris le jour du confinement pour rejoindre sa famille au vert dans les Deux-Sèvres. Elle était dans les bars le dernier soir avant leur fermeture, puis à son départ, le train était bondé. Aucune idée de quand remonte la contamination exacte. Fièvre, courbature, toux, grosse fatigue.
    Sa mère et son père commencent eux aussi à avoir des symptômes. C'est dommage, je commençais à prendre mes marques dans cette nouvelle gestion de l'espace et du temps... La réalité me rattrape face aux chiffres lointains annoncés quotidiennement.

    Les pyromanes jouent les pompiers, les opprimés deviennent des héros. Si l’hôpital public manque de lits et de matériel, ce n'est pas un coup du sort, mais le résultats de politiques comprimant les chiffres pour le profit et n'évaluant pas le risque de crise.
    Remettons bien le contexte de notre époque (pour ceux ayant la mémoire courte): Réformes de défiscalisations et suppression de l'ISF. Oui nous sommes en guerre, mais sociale, l'ennemi invisible n'est pas celui qu'on croit.
    Les supers riches, les premiers de cordée ont décidé de se retirer du jeu, de ne plus contribuer à l'effort de la nation. Fin de la solidarité. « La solidarité, c'est le vol ».

  5. Illustration 5
    © HR

    J-13- Dimanche 29 mars 2020

    * Musique « Wind of change » Scorpions

    La radio FIP est en fond quasi tous les matins. Mais elle va disparaître...pas assez rentable, pas de publicité. La centralisation est prévue à Paris, fini les exceptions locales. Pourtant elle colle souvent à l'humeur du temps: fin du monde, rentrée, été; parfois il y a aussi de la cumbia au milieu de l'hiver pour réchauffer les cœurs. La playlist du dimanche matin est toujours un régal. Mais c'est trop sensible, trop humain, pas assez comptable, pas assez fiable, trop faible.

    J'ai petit à petit déserté le télétravail cette semaine, car la somme des choses à faire corrélées aux moyens pour le faire aboutissent à reporter les choses à plus tard, dans le tangible des placards et des interactions entre collègues. Personne n'en tient rigueur dans l'équipe, chacun est afféré à se dépatouiller avec sa petite vie familiale. Ma colocataire me dit machinalement : « Je vais faire un tour, tu seras là quand je reviens ? »

    Psychologie : La phase 2 est la phase de sécurité. On s’habitue progressivement à ce mode de vie, on baisse nos défenses, on range nos placards et on commence à embrasser ce temps long.  Les conseils pour cette phase : se retirer des boucles Whatsapp ou autres trop intempestives, mettre à profit ce temps pour explorer l’une des passion/activités que l’on n’a jamais le temps de pratiquer - par exemple la cuisine.  

    Avec ce virus, la nature tape de manière aléatoire, c'est notre système mondial fait de domination et d'inégalités qui rend la chose encore plus laide. L' ère de l'Humain nombriliste et court-termiste qui exploite la nature, comme ses semblables semble chavirée. Il faut se rendre à l'évidence, la nature vit très bien sans nous. Le cas inverse reste à prouver. Son état de santé se stabilise lorsque ses métastases d'humains se raréfient. Réapprendre l'humilité. La nature suffoque, les patients suffoquent, comme un message subliminal.

    Edgar Morin : « Cette crise nous montre que la mondialisation est une interdépendance sans solidarité ». Le confinement peut nous aider à commencer une détoxification de notre mode de vie et à comprendre que bien vivre, c’est épanouir notre « Je », mais toujours au sein de nos divers « Nous ».

  6. Illustration 6
    © HR

    Mercredi 1er Avril 2020 - Message sur mon mur Facebook (J16)

    « Ça y est! Les grandes fortunes de France proposent un don de 650 millions en créant avec l'Etat un fond de solidarité pour la Santé Publique, E. Macron décide de rétablir l'ISF jugeant que « c'était une grosse connerie, il faut faire nation », et Uber-eats salarie ses livreurs afin qu'ils bénéficient du chômage partiel s'ils le souhaitent ! ».

    Un ami arrive à y croire... De mon côté, je trouve ça finalement triste que ces idées puissent être une blague.

     

  7. Illustration 7

    J-20- Dimanche 5 Avril 2020

    * Musique "Occidentali's Karma" Francesco Gabbani

    Psychologie: La phase 3 est la phase d’appartenance. C'est là que les choses deviennent vraiment intéressantes, lorsque la nouvelle normalité s'installe. On apprend enfin à gérer son temps, à jongler entre travail et famille à la maison, à s’installer dans son rythme. Ce n’est pas la phase la plus facile mais cette nouvelle norme et cet équilibre de vie inédit s’installent, curieusement, plutôt bien. Les conseils pour cette phase : ne plus évoquer la quarantaine comme une prison mais plutôt comme du "me time", créer un calendrier familial pour bien séparer les temps de famille et les temps de travail, ne plus être dans l’entre-deux. 

    Le temps nous est donné de réfléchir à "Qui suis-je?", "Que suis-je entrain de faire dans ce monde?". La plupart du temps ces questions sont évincées, faute de temps, car nous sommes plutôt traités comme des objets composés d'"actions-réactions" (surtout dans les classes populaires), un peu (beaucoup) comme des machines. L' Humain est devenu un robot ordinaire. C'est angoissant cette possibilité de temps dilaté, mais enrichissant de se poser ces questions, certains sont désarçonnés car ils sont habitués aux classements, aux structures, aux objectifs, aux consignes, aux compétences, à obéir au doigt et à l'oeil, mais avec le sourire, et en récompense leur salaire bien mérité. Les bourgeois sont normalement plus habitués à cette liberté de réfléchir sur eux-même et à leur rapport au monde.

    J'ai eu des nouvelles de mon amie contaminée, elle a donc bien transmis le virus au reste de la famille, diagnostique posé: tout le monde est covid+. Elle a beaucoup de mal à respirer et de la fièvre. Elle me dit qu'elle a l'impression que son cœur est faible et qu'il peut lâcher à tout moment. Elle dort beaucoup, tente de faire des choses qui l'apaisent. Le moindre effort lui coute. Elle ne regarde plus les informations pour ne pas avoir peur inutilement. De mon côté, j'ai justement lu dans les nouvelles le décès d'une jeune fille de 16 ans, sans antécédents. Les détails disent qu'elle était souffrante comme pendant une grippe, mais du jour au lendemain son état a basculé en détresse respiratoire. Rien n'a pu la sauver. En plus du choc de la nouvelle pour sa famille, elle a été incinérée très vite compte tenu des conditions sanitaires. Ils n'ont donc n'a pas eu le temps, ni la possibilité de se réunir, de vivre le deuil. Ils ont été dépossédés de toutes décisions. C'est choquant... Je pense qu'après cette crise, beaucoup de témoignages de ce genre vont ressortir. Des douleurs, non-dits étouffés dans le brouahaha d'informations toujours plus anxiogènes et antagonistes. J'ai donc peur pour mon amie, et elle fait bien de se couper du monde en attendant. Elle me dit qu'elle reste avec ses parents dans le salon, à boire des tisanes et à faire des jeux de cartes au ralenti. Leur devise est de rester calmes le plus possible, car plus on stresse et plus on a du mal à respirer me dit elle. Quelle horreur. Je ne vois pas comment on peut rester serein lorsqu’on n'arrive plus à reprendre son souffle correctement ?

    J'attends avec impatience les résultats de la fin de semaine, espérant le début d'une baisse. Une dizaine, une centaine de moins, qu'importe, mais que les chiffres s'inversent, qu'on puisse voir le début de la fin du tunnel. D'ailleurs, je regarde maintenant ces données uniquement une fois par semaine.

    Ps: En faisant le ménage, j'ai eu une pensée pour les bourgeois qui doivent faire le ménage eux mêmes dans leurs grandes baraques de 1000 M2. Un vrai retour à l'essentiel. Ça va écrire des livres à tour de bras !

  8. Illustration 8
    © HR

    J-41- Dimanche 26 Avril 2020

    Retour sur le 6 avril 2020, le site du journal Le monde indiquait: « Prémisses d'espoir: Baisse des morts du covid en Espagne depuis deux jours consécutifs. En France, dimanche enregistre un nombre plus faible de décès, ralentissement des admissions dans les services, 7000 patients en réanimation. »

    J'apprends maintenant que j'ai une tante contaminée aussi. Son mari a présenté les premiers symptômes, puis ses deux filles, c'est elle la dernière. Sauf que ses symptômes sont plus violents, ils sont comparables à ceux de mon amie, elle a beaucoup de mal à respirer avec un sentiment d’oppression du thorax, une grosse fatigue et tousse beaucoup. Je surveille donc leur évolution à toutes les deux en envoyant des messages réconfortants quand je peux, et quand je me sens forte.

    A côté de tout cela, j'ai commencé à planifier un type de journée idéale, suivant mon rythme naturel. J'ai fais un comparatif croisé des emplois du temps archivés de Nietzsche lorsqu'il était à Sorrente, Kafka et Thoreau (autant avoir de bonnes bases). « Celui qui n'a pas les deux tiers de sa journée à soi est un esclave » disait Nietzsche. N'en déplaise à Murielle Péniquaud ou Geoffroy Roux de Bézieux (président du MEDEF).

    Voici donc un exemple type de planning idéal :

    MATIN

    • Gymnastique douce/ réveil musculaire (après avoir bu un verre d'eau avec du citron)

    • Petit déjeuner

    • Lectures, écriture, réflexions, travail intellectuel

    REPAS MIDI
    APRES-MIDI

    • Sieste si fatigue

    • Dessin/peinture ou jardin, travail imagination, ou rangement

    Vers la fin de journée quand le soleil se couche : méditation ou écouter les oiseaux chanter et deviner les espèces.

    REPAS SOIR

    • Dîner

    • Film ou écriture/lecture

    La meilleure synthèse serait : Activités intellectuelles le matin et activités physique/rêveries l'après midi. Je prends grandement note. Cela me servira pour le reste de ma vie, lorsque j'aurai plus d'espaces de liberté.

    A ce propos, l'interdiction de se déplacer en bord de mer ou dans des espaces naturels me travaille. Ces décisions semblent se baser sur le principe que l'homme est naturellement mauvais et qu'il ne respectera pas les précautions et gestes barrières. Mais qui a envie de tomber malade sincèrement ? Pourquoi infantiliser les citoyens ? Cela souligne une idéologie selon laquelle la plèbe est écervelée, et souhaite avant tout détourner les règles pour son plaisir propre. Ce climat de suspicion est bien assimilé par les gens eux-mêmes: A Bordeaux par exemple, 70 % des appels reçus au 17 visent à dénoncer des rassemblements suspects ou des fêtes privées. Et pourtant, les principales personnes détournant les règles à l'heure actuelle ne sont pas celles qu'on croit, en effet, ce sont essentiellement les ultras riches qui ne payent plus leur part (ex: ISF), qui ponctionnent une grosse partie de l'aide public nécessaire à la majorité (hôpital, chômage, etc.), pour quoi ? pour le plaisir de grossir leur patrimoine...aucun motif d'urgence vitale. Sans parler des milliards d'euros d'optimisation fiscale. Cette classe supérieure, voleuse et bourrée de privilèges clame maintenant le bonheur de l'ascétisme et la modération des plaisirs simples, dans leurs immenses villas avec terrain.

    Pour la peine, j’ai élargi mon périmètre habituel de promenade, et je rentre chez moi avec 4 minutes de retard.

     

  9. Illustration 9
    © HR

    J-48- Dimanche 3 mai 2020

    Je m'auto-coupe les cheveux, secondée par ma colocataire. Juste les pointes et un petit dégradé de mèche (qui s’avéra être un échec). Ok, peut-être que les coiffeurs valent leur prix exorbitants? (surtout pour les femmes).

    Psychologie : La phase 4 est appelée phase de l’importance. Après avoir traversé toutes les phases précédentes, vous avez vécu beaucoup de changements en très peu de temps. Il s'agit de les mettre à profit pour une transformation potentielle : soyez donc attentif à toutes les nouvelles idées qui pourraient naître, sur votre façon de travailler, de vivre et sur ce que vous avez vraiment envie de faire. Les conseils pour cette phase : maintenir le plus possible l'équilibre trouvé dans la phrase précédente. Vous avez sûrement développé des relations différentes avec votre famille ou vos collègues depuis que vous avez traversé cette crise ensemble. Que voulez-vous en faire?

    Cette crise coupe subitement tout ce qui faisait nos quotidiens du 21ème siècle, cette société du spectacle, avec le loisir comme pansement de l'exploitation. Soudain on croise moins de monde, on ne se compare plus, on se dévalorise moins. Les autres semblent d'ailleurs aussi pommés que nous, chacun essayant de faire avec ce qu'il a. L'injonction à aller plus vite, à fond, droit dans le mur, s'est grippée.

    J'apprends à revenir sur mon corps lorsque mes émotions partent dans tous les sens. Grace à ce confinement, j'assume et j'accepte d'être une introvertie, d'avoir besoin de ma dose de silence pour me ressourcer.

    A partir de ce jour, je décide de changer de lieu de confinement. [STOP]

  10. Illustration 10
    © HR

    J-55- Dimanche 10 mai 2020   Veille du déconfinement (mon correcteur d'orthographe ne connait pas ce mot)

    * Musique: "Every Breath You Take" Sting&The Police

    Ce ne sera pas la vie d'avant comme l'on espérait au début. Ce sera un monde parallèle. L'extérieur sera accessible, mais sous protections: masques, désinfection, 100 km de restriction, loisirs restreints sans bars, ni cafés, ni musées ou cinémas. On va pouvoir retrouver les gens que l'on aime, mais sans pouvoir s'en rapprocher réellement. Les évènements culturels n'existeront toujours pas. Seul le travail sera accepté, avec le danger de contamination planant. Toujours cette étrange impression d'être dans un mauvais film de SF. Ce seront les 15 jours test pour observer comment la transmission du virus évolue. Une semi-liberté. Nous allons être amenés à interagir avec des gens qui minimisent la situation, des gens qui la surestiment, des gens qui sombrent psychologiquement ou financièrement. Retrouver le panel de réactions et d'actions humaines, et essayer de se protéger du mieux possible. J'ai l'impression d'être un rat de laboratoire.

    Psychologie: La phase 5, c’est la phase d’auto-actualisation. Alors que la panique ambiante et le nombre de nouveaux cas commencent à baisser, la vie s'ajuste lentement à la nouvelle norme. Rester vigilant et reconnaissant d'avoir enfin émergé, même si usés par une pandémie potentiellement dévastatrice. Prendre du recul par rapport à sa transformation. Les conseils pour cette phase : Tirer parti du changement rapide pour accélérer des changements dans son style de vie, son travail, etc.

    Ce que je retiens du confinement :

    - Profiter de la plus petite parcelle de superficie que l'on a. 1 km de périmètre, soit des rues, un grand centre commercial, une cité dortoir, une zone industrielle, et pour les plus chanceux un chemin de campagne, la mer, une forêt, une île sans afflux touristique... 

    - Prendre le temps d'observer et de s'émerveiller du peu que l'on a.

    - Sortir des injonctions

    - Profiter du temps long

    - Se rendre compte de la fausseté des réseaux sociaux, de la pauvreté de la mise en scène des influenceurs et des stars

    - Faire le tri.

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