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Portfolio 6 mars 2020

Censure "fesse-bouc" : partie3

Dans mes deux blogs précédents, j’ai surtout parlé des censures qui se surajoutent à celle de « fesse-bouc », mais pas celle de « fesse-bouc » même. Je vais donc en dire quelques mots.

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  1. Comme chacun l’aura remarqué s’il est allé sur ce célèbre réseau social, la censure ne concerne absolument pas ce que le réseau prétend ; à savoir les images violentes ou de nudité sur lesquelles il est très, très complaisant. Je vous livre ci-dessous un petit photomontage (fait par un autre) qui illustre parfaitement cette réalité que beaucoup ont compris bien avant moi :

  2. Mais plus intéressant est de souligner que cette censure ne s’exerce pas uniquement par des moyens informatiques, type mot-clé etc. Car non, la manière dont elle s’exerce très sélectivement prouve pour moi qu’il y a des personnes bien réelles derrière les écrans pour surveiller ce que vous faites ! Manifestement « fesse-bouc » paye dans chaque pays des employés du pays lui-même pour pouvoir exercer son contrôle en connaissant parfaitement la langue et les coutumes. Et j’ai la certitude que chacun est catégorisé selon un risque de danger. Par exemple, j’ai moi-même deux comptes, l’un officieux, l’autre officiel : « fesse-bouc » ne réagit absolument pas de la même manière si je fais exactement le même commentaire avec l’un ou avec l’autre ! Donc il s’agit bien d’une censure d’opinion avec des censeurs bien réels payés par la multinationale. Et quand je vois comment fonctionne certains de leurs blocages imbéciles, je suis persuadé qu’il y a parmi ces censeurs des personnes au quotient intellectuel « de caissière de Prisunic » qui participent à la manœuvre en ne comprenant même pas le quart de la moitié de ce qu’elles censurent !

    Je vais à présent revenir sur ce que j’ai dénoncé dans la partie1 concernant en particulier le groupe « Le Canard Enchaîné Libre ». Il s’est produit un événement très intéressant après la parution de ce blog que je livre ici. Comme je suis black-listé dans ce groupe depuis l’origine, j’ai fait appel à des amies pour y relayer certains de mes blogs : en l’occurrence dans le cas présent celui sur la PMA. Quelle n’a pas été notre surprise de voir le commentaire de l’administrateur du groupe, que je vous livre ci-dessous :

  3. L’une de mes amies a bien entendu répondu pour souligner la contradiction évidente entre de tels propos, et prétendre à la liberté d’expression comme le laisse entendre le titre du groupe. Car cette réponse ne signifie ni plus ni moins que l’administrateur n’accepte de dialoguer qu’avec « l’establishment » (ici les journalistes « officiels » d’une ligne éditoriale mais on pourrait prendre toutes les catégories de la société) ; méprisant et faisant fi de l’avis du simple citoyen quelquesoit ses qualités ou la pertinence de son argumentation.

  4. Par honnêteté, je vous livre sa réponse qui parle « de faire dialoguer les membres » : certes, mais uniquement sur les avis « des personnes autorisées » et non « d'un libre penseur » comme moi !

  5. Donc il s’agit bien d’une censure ! Elle ne porte pas de nom spécifique mais en revanche l’état d’esprit qui la sous-tend en porte un : il s’agit de « l’esprit de classe ». Cette manière de penser ne date pas d’hier : on en a un bon aperçu quand on lit la littérature, notamment anglaise, qui décrit la société du XIXe siècle (Sherlock Holmes, L’étrange cas du Dr Jekyll et de M. Hyde, les romans de Jules Verne). Celle-ci est très hiérarchisée et segmentée. On a la classe dirigeante : chefs d’État, ministre, grand banquier etc. On a ensuite tous les gentlemans en selon leur notoriété et fortune, qui ne se voient qu’entre eux dans des clubs privés : exemple typique de Phileas Fogg dans « Le tour du monde en 80 jours ». Et avant même d’arriver à l’homme du peuple, on a les serviteurs privilégiés de ces privilégiés, eux-mêmes hiérarchisés en différentes strates « de gens de maison ». Et tout ce petit monde obéit à une règle intangible : c’est que l’on reste quoi qu’il arrive dans sa catégorie sociale et que l’on ne communique pas avec les autres. Et bien pour moi, c’est exactement l’esprit de ce monsieur Groseille Canut : quelqu’un qui manifestement déteste et jalouse les gens du pouvoir, mais en même temps ne veut pas s’abaisser à dialoguer avec qui n’est pas privilégié à ses yeux au même rang que lui.

    Mais je n’ai pas écrit ce blog dans un but « de règlement de compte ». Mes deux précédents étaient un peu « brut de décoffrage » car j’étais assez irrité du sentiment d’impunité de certains qui s’imaginaient que personne ne serait capable de dénoncer leur manège. Ici c’est différent car quelque chose me dérangeait dans la formulation de la réponse, mais je n’arrivais pas à mettre le doigt dessus. Puis finalement, j’ai trouvé à quoi cela me faisait penser : le roman « Le meilleur des mondes » de Huxley. Dans cette société futuriste, les individus sont hiérarchisés en cinq catégories fabriquées génétiquement. Tous sont conditionnés pour n’être bien qu’à l’intérieur de leur catégorie et ne communiquer avec aucune des autres en dehors des obligations de travail : ni avec celle du dessous, ni avec celle du dessus. Et le héros (auquel je m’identifie un peu) va comme on s’en doute tenter de faire voler les barrières en éclats : je ne me souviens plus s’il a réussi à la fin du roman mais je crains que non. On remarquera que le film « Divergente » re-pompe le concept… Eh bien voilà en quoi l’attitude de cet administrateur m’interpelle !

    Car je comprends parfaitement qu’il soit aisé de « corseter » la société jusqu’au XIXe siècle, grâce aux inégalités sociales, aux inégalités d’apprentissage, à l’absence de moyens de communication. Mais comment imaginer que cela puisse être le cas au XXIe siècle ?

    Dans mes blogs précédents sur les périls de l’humanité, j’ai parlé de l’oligarchie mondiale et des femens, mais il est vrai que j’ai omis d’envisager ce péril… Car qu’est-ce qui serait plus intéressant pour l’oligarchie que de recréer un monde segmenté à la Huxley afin d’éviter bien entendu que tous remettent le pouvoir en cause ? Sauf que je n’imaginais pas que cela puisse être possible, car aurait nécessairement demandé l’acceptation des citoyens. Beaucoup de révoltes ouvertes ou larvées dans bon nombre de pays du monde viennent du fait qu’avec la communication, des citoyens « lambda » voient comment certains vivent des vies de rêves, parfois injustement, des vies qu’ils n’auront jamais malgré leurs efforts et leur travail. Comment imaginer dans ces conditions qu’ils puissent eux-mêmes participer « de leur plein gré » à ce type d’inégalités totalement immorales ? Mais il y a une chose que je n’avais pas soupçonné : c’est que bon nombre d’entre eux, par imbécillité, égoïsme ou idéologie, puissent choisir de re-créer de leur propre chef ce type de fonctionnement ! Cela semble pour moi totalement dingue mais pourtant, c’est la tendance que j’ai constaté depuis que je vais sur « fesse-bouc » et l’exemple que je viens de donner en est une parfaite illustration…

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