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Entre ciel et l'eau

Il sont entre 350 et 500 à travailler sur leurs drôles de bateaux à roues dans la baie du mont Saint-Michel. Le port conchylicole du Vivier-sur-Mer est le plus important d'Europe et le premier de France pour la production de moules de bouchots. Depuis 1954 on élève des moules et même si le travail a bien changé il reste toujours aussi pénible.
  1. Autrefois tributaires des marées les pêcheurs s'en sont affranchis et ils roulent aujourd’hui depuis le port jusqu'aux bouchots distants de plusieurs kilomètres. Au premier plan on distingue la barre pour la navigation, alors que Cédric est au volant au moment où un autre bateau nous double. On y croise pêcheurs à pied et pêcheries à l'abandon, sorte de grandes nasses qui piégeaient les poissons à marée descendante.

  2. L’amphibie arrivé sur place, la pêcheuse entre en action. Elle attrape les moules sur les bouchots d'un seul coup, près de 100 kilos de moules sont jetés d'un geste souple dans les bacs. Cédric qui la manipule sous l'oeil attentif de Guillaume plonge, remonte, jette, plonge, remonte, jette. En moins de trente minutes plus de 4 tonnes de moules sont ainsi pêchées.

  3. Sur le retour 1 tonne et demi de moules est déposée dans un vivier, elles seront expédiées plus tard dans la semaine. Ce système vieux comme le monde permet d'économiser le carburant mais également d'éviter de se rendre sur les zones de pêche quand le mauvais temps est au rendez-vous. Les amphibies ayant un fond plat glissent sur l'eau poussés par le vent, ce qui complique le travail.

  4. Retour aux Bouchots d'Antan la société de Guillaume, l'une des plus modeste du port ; trois personnes y travaillent à l'année quand d'autres en emploient 25. Ceux-ci se sont diversifiés huitres de Cancale, palourdes, praires, bigorneaux. Ils expédient dans toute la France, l'Europe et par avion jusqu'au Japon.

  5. Les moules passent dans différentes machines qui les nettoient de leurs impuretés, coquillages, sables, algues ainsi que le byssus (filament externe qui permet aux bivalves de s'accrocher au bouchot). Un tri est effectué en dernier lieu avant la mise en sacs. Guillaume retire les moules mortes ou cassées à la main.

  6. Avec près de 17000 tonnes de production à l'année devenue l'activité principale de la baie avec l'ostréiculture, soit un quart de la production nationale. Les moules de la baie sont très appréciées sur le marché pour leur qualité et leur image de marque. La baie du Mont-Saint-Michel présente une situation idéale pour l’élevage des moules de bouchot. Un très fort marnage qui peut aller jusqu'à treize mètres entre basse et haute mer, ce qui apporte une abondance de nourriture. C'est l'alternance immergés émergés des bouchots qui donne aux moules ce goût finement iodé.

  7. Une fois les commandes de la journée préparées. Les sacs de moules sont disposés sur des palettes et sortis devant le hangar, un transporteur passe chaque jour les chercher. Le surplus de moules est alors stockés dans un bassin d'eau de mer jusqu'au lendemain pour les commandes du reste de la semaine.

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