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Du bio du bio rien que du bio

La ferme de la vallée existe depuis vingt ans, David Tregarth sujet Britannique et zoologiste de formation a repris le flambeau voilà six mois après le départ à la retraite de son prédécesseur. L’élevage est pour lui l'occasion de mêler ses connaissances avec l'élevage de vaches Salers originaires d'Auvergne.
  1. La viande de Salers est réputée pour sa saveur incomparable, sa couleur rouge vif et son persillé. C’est une viande très juteuse, particulièrement appréciée par tous les professionnels qui savent en tirer le meilleur parti gastronomique.

  2. Il y a plus de 100 espèces végétales sur la ferme, consoude, chicorée, coquelicots, pois... Les arbres font partie intégrante de ce qui est fait sur l'exploitation, tout est mis en œuvre pour préserver une biodiversité maximale. Les avantages sont certains, des besoins modestes en azote dus au fait que les légumineuses fixent l’azote atmosphérique. Une excellente résistance aux mauvaises herbes. Ils entretiennent un micro-climat doux et humide favorable au développement de la vie du terrain. Les espèces associées se complètent et s’entraident. En cas de mauvaises conditions climatiques les chances de mauvaise récolte sont réduites car il est assez rare que parmi les espèces semées aucune ne donne un mauvais résultat.

  3. Depuis sa création il y a vingt ans il n'y a eu aucun traitements ni chimiques ni pesticides. L'année prochaine des brebis arriveront sur l'exploitation. La laine servira entre autre à l'isolation thermique des maisons. David a l'intention de planter mille arbres par an, des arbres fruitiers qui amèneront un revenu supplémentaire à l'exploitation mais qui serviront également à donner de l'ombre pour les vaches et à protéger les terres de la sécheresse en été. L'idée est de recréer le cycle de la nature. C'est un projet de longue haleine qui n'est pas figé et qui doit s'adapter aux changements, contrairement aux fermes industrielles.

  4. Autrefois il y avait dans nos campagnes beaucoup de gibiers à plumes qui mangeaient les insectes et en particulier les mouches qui sont très présentes sur tous les élevages. La chasse et l'utilisation des pesticides ont fait totalement disparaître ces oiseaux. Les chasseurs doivent d'ailleurs utiliser des perdrix et des faisans d'élevage pour avoir quelque choses sur quoi tirer. Pour remédier à cela, David veut utiliser des poules qui mangeront les asticots dans les bouses et réduiront ainsi la population de mouches.

  5. Des chiens de berger seront là pour garder les brebis et protéger les gallinacés de nuisibles comme les renards ou les blaireaux qui sont présents dans la vallée puisque trois familles y ont élu domicile. L'exploitation de David s'étend sur 84 hectares donc 74 de prairies, ses 65 vaches grandissent naturellement, simplement, sans OGM dans le plus profond respect de la nature. Il vend environ 48 animaux par an, le but est de conserver une cinquantaine de bêtes. 70% de la viande est vendue dans la région, marchés bio, amaps, en boucherie mais également en direct à la ferme.

  6. Quand on parle à David des exploitations industrielles, il reste très compréhensif. Ce type d'exploitation est né d'une volonté de l'état afin de nourrir tout le monde. On a appris aux futurs éleveurs et agriculteurs qu'il fallait travailler avec des OGMs des pesticides et des engrais chimiques et c'est ce qu'ils ont fait. Après plusieurs décennies on se rend compte que ce mode de travail apporte beaucoup de problèmes, pollutions, soucis de santé...

  7. Il est de temps de changer la donne et de modifier nos habitudes de consommation, mais il ne faut pas se leurrer. Cela ne va pas changer demain, surtout avec les nouvelles annonces du gouvernement sur la relance écologique qui fait suite au COVID-19 qui sont loin de faire l'unanimité.

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