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Généalogie : Joe Biden s'appelle « Joseph Robinette Biden », un signe?

Alors que Donald Trump est le fils d’un Allemand et d’une Écossaise, n’ayant aucun de ses grands-parents nés au États-Unis, Joe Biden a un arbre généalogique plus américain, mais avec des consonnances bien françaises. Des origines qui pourrait marquer l’avènement d’une nouvelle ère de réconciliation au pays de l’oncle Sam.
  1. Le patronyme de Donald Trump : le tambour

    Donald Trump est né le 14 juin 1946 à New York. Il est issu d’une famille récemment implantée dans le pays. Seul son père et lui y ont vu le jour. Sa mère et ses quatre grands-parents sont tous nés en Europe. Les Trump sont allemands. Ils sont natifs de Kallstadt, un vieux bourg du Palatinat où ils sont arrivés dans les années 1820.

    Le grand-père de Donald Trump, Friederich Trump est arrivé, en 1885, à l’âge de seize ans aux Etats-Unis. Il travaillera d’abord à New-York comme barbier, avant de s’aventurer vers l’Ouest, au moment de la ruée vers l’or du Klondike. Il fera fortune dans les villes champignons de l'Alaska, en faisant construire et en gérant des restaurants, des hôtels et des petits saloons où aventuriers et nouveaux riches pouvaient trouver leur satisfaction en matière d’alcool, d’opium et de femmes.

    Si en anglais, « Trump » désigne l’atout, la carte maîtresse dans un jeu de cartes, on a ici un patronyme allemand, issu d’un ancien terme de moyen haut-allemand, plus anciennement « Trumpf » et ayant le sens premier de tambour, surnom hérité d’un lointain ancêtre joueur de tambour. Chacun appréciera.

    Le « middle name » de Joe Biden

    Joe Biden est né le 20 novembre 1942 à Scranton (Pennsylvanie). Il s’appelle en réalité : Joseph Robinette Biden. « Robinette » est le nom de jeune fille de sa grand-mère paternelle d’origine française, Mary Elizabeth Robinette. Lorsque Joe Biden évoque les origines françaises de son « middle name », il dit ceci : « c’est un nom français qui remonte à très longtemps. Il paraît que les Robinettes sont venus avec Lafayette et ne sont jamais repartis », tout en ajoutant : « je n’en sais rien ».

    Gilbert du Mortier de La Fayette a participé à la guerre d'indépendance des États-Unis (1775-1783). Les « Robinette » seraient arrivés aux States à cette période et ne seraient jamais repartis. Toujours selon Joe Biden, un nom fantaisiste et francophile aurait pu aller à l'encontre de l'image de « bootstrapping » (littéralement : « cerclage des bateaux de pêche » - plus largement : « enracinement ») qu’il a voulu renvoyer au cours de ses 50 années de carrière politique. Ce pourquoi, il l’a publiquement « effacé ».

    Même si certains historiens affirment que l’ancêtre de Joe Biden serait plutôt Allen Robinett, un huguenot français réfugié en Angleterre et arrivé aux Etats-Unis en 1694, dans tous les cas, les familles Robinette, Robinett et Robnett actuelles ont bien des origines françaises.

    Le spectre de l’autoritarisme

    Imprévisible, sa présidence fut celle d’une téléréalité. Mais, Trump a révélé un signal à prendre au sérieux. Il fédère en bouleversant toutes les lignes démographiques qui délimitent habituellement les candidats : l’éducation, le revenu, l’âge et même la religion. Plus étrange encore que la présence de Trump au sommet du pouvoir américain, c’est la libération sans filtre de la parole. Comment comprendre ces masses immenses de partisans du milliardaire américain, qui vont au-delà de lui dans l’outrance et prennent des positions jamais vues de mémoire d’Américain. Un récent sondage pour CBS News révèle que 75 % des électeurs républicains soutiennent l’interdiction des musulmans aux États-Unis. Un autre sondage de PPP révèle qu’un tiers des électeurs de Trump veulent interdire les gays et lesbiennes du pays. Et ils sont 20 % à regretter que Lincoln ait libéré les esclaves !

    Bousculer les acquis diplomatiques, voire pactiser avec l'ennemi, Donald Trump aura aussi réussi à mécontenter ses plus proches alliés en Europe et ailleurs, avec des initiatives internationales des plus iconoclastes.

    Donald Trump est aujourd’hui devenu le chantre de l'« America First » (l'Amérique d'abord). Il est le symptôme, voire le syndrome, d’une force qui ne cesse de s’installer dans la durée et qui pourrait perdurer bien au-delà de lui : l’ « autoritarisme », une autorité simpliste, clivante et punitive, une force politique pernicieuse dans ses extrêmes.

    Une volonté d’apaisement

    Celui qui devrait être le 46ème président des États-Unis s’est exprimé dans la nuit du 6 au 7 novembre 2020, sans encore revendiquer sa victoire, mais en prônant le rassemblement du pays.

    Evénement fondateur de l’histoire du pays, la guerre d’indépendance des Etats-Unis aura valu à Lafayette une immense célébrité et une place symbolique pour avoir été le trait d'union entre les Américains et la France dans un contexte économique et social de l’époque très tendu. Il sera même surnommé « le héros des deux mondes ».

    Il y aura définitivement un avant et un après Trump. Mais, gageons que la généalogie historique du candidat démocrate aux portes de la Maison Blanche permette de réunifier deux mondes en guerre Outre-Atlantique. Sera-t-elle aussi le point de départ d’une vision internationale des relations diplomatico-commerciales moins « isolationniste » ? L’Histoire à écrire nous le dira.

     

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