Lettre ouverte de l'AAAVAM aux candidats à l’Élection Présidentielle

Lettre ouverte de l'Association d'Aide aux Victimes des Accidents des Médicaments – AAAVAM Association loi de 1901 Agréée nationalement par le Ministère de la Santé 10 rue de la Paix – 75002 PARIS à Monsieur le Président de la République et aux candidats à l’Élection Présidentielle

Lettre ouverte de l'Association d'Aide aux Victimes des Accidents des Médicaments – AAAVAM

Association loi de 1901 Agréée nationalement par le Ministère de la Santé

10 rue de la Paix – 75002 PARIS

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à Monsieur le Président de la République et aux candidats à l’Élection Présidentielle

 

 

Au-delà du Médiator, et de la Depakine. Les nouveaux enjeux et les défis à relever.

 

 La révélation dramatique des scandales du Médiator, puis de la Depakine, ont choqué tous nos compatriotes.

Mais il y a un au-delà du Mediator : qui d’entre nous connait le nombre de victimes d’autres médicaments comme : le Vioxx, le Distilbène, le Staltor et le Cholstat, l'Isomeride, les Quinolones, l’Agréal, la Thalidomide, Lariam, Uvesterol, Depakine, les Benzodiazépines, etc. ?

Combien de morts, combien de personnes lourdement handicapées dans leur quotidien ? Qui sait qu’elles pourraient être près de 100 000 ? Ces chiffres si terribles à énoncer ne peuvent être déterminés avec précision. Cette méconnaissance est à elle seule un défi majeur que doit relever les pouvoirs publics, avec l’ensemble des organismes concernés et les praticiens.

 Prenons l’exemple du Vioxx : 

·     Celui-ci peut être retenu pour poser les termes des actions à mettre en œuvre : cet anti-inflammatoire du laboratoire américain Merck, mis sur le marché dans des conditions que l’on sait aujourd’hui douteuses, a provoqué aux USA plus de 25 000 décès et près de 140 000 personnes gravement handicapées… Les mécanismes d’action collective ont permis que les victimes américaines soient indemnisées à hauteur de plus de 5 milliards de dollars !

Près d'un milliard supplémentaire vient de clore cette affaire devant les tribunaux américains.

·       En France, au contraire, le nombre de victimes est encore à ce jour très difficile à estimer, et aucune indemnisation n’a, à notre connaissance, été versée. Difficilement, l'AAAVAM a obtenu quelques expertises médicales judicaires, celles-ci sont en cours avec des médecins experts dont leurs liens d'intérêts directs ou indirects avec les multinationales de la pharmacie sont notoires !

Depuis de nombreuses années, les associations de victimes de médicaments se battent avec acharnement pour obtenir la reconnaissance et l’indemnisation dues aux familles des personnes décédées et aux victimes d’handicaps souvent graves :

 ·       Leur seul objectif est que ces victimes soient indemnisées le plus rapidement et le plus équitablement possible.

 La prise en charge de ces indemnisations est du ressort des laboratoires incriminés, et de leurs assureurs.

 

Mais le rôle des responsables politiques : c’est d’avoir le courage de rompre avec les pratiques établies, et d’introduire dans notre droit le recours à de véritables « actions collectives ». Mais attention, pour que cela fonctionne il faut que l'Etat puisse obtenir aussi des dommages punitifs importants, ce qui n’est pas prévu dans le texte à minima de « modernisation du système de santé ».

 

 

L’AAAVAM, représentée par son Président : Georges-Alexandre Imbert appelle solennellement :

 

·       Le Président de la République,

·       les candidats à l’élection présidentielle et

·       les responsables des partis politiques

à s’engager sur les mesures législatives en ce sens.

 

 Nous appelons également à modifier les procédures de pharmacovigilance qui sont obsolètes, cette mesure est urgente et indispensable : 

 

·       Introduire dans notre droit positif la possibilité de recourir à des actions collectives avec dommages punitifs pour l’Etat dans le domaine de la santé publique. Seules ces procédures permettront une réparation juste et rapide pour toutes les victimes.

 

  • Pouvoir accéder aux données dans le domaine de la santé et de les mettre à disposition des usagers du système de soins grâce à l’ OPEN DATA – Du point de vue de la recherche, accéder librement aux données de santé ouvre un champ d’analyse considérable pour les professionnels de la santé. En rendant possible un suivi précis et en temps réel de la consommation des médicaments, l’amélioration de la surveillance épidémiologique – qui se fera désormais à l’échelle d’une population entière et non plus sur des échantillons restreints de populations – permettra de détecter plus tôt les dérives d’usage d’un médicament et assurera une meilleure transparence en pharmacovigilance.

 

·       Modifier les délais de prescription des actions judiciaires pouvant être menées du jour où les victimes auront été dûment informées, avec un minimum de 10 ans et non de 3 pour les médicaments défectueux.

·       Etendre à toutes les victimes reconnues de médicaments autres que le Médiator le bénéfice des mesures d’abaissement de franchise récemment prises pour ce dernier (5% au lieu de 24 %) Cette mesure de l’ONIAM est complètement discriminatoire  pour les victimes des autres médicaments.

·       Renforcer les mesures de transparence prises récemment par le Ministère de la Santé en exigeant également l’inscription des CV et de tous liens et intérêts éventuels passés et présents avec l’industrie pharmaceutique pour tous les médecins, experts judiciaires inscrits et vacataires occasionnels, et fixer les échelles des sanctions applicables sévères en cas de manquement avéré.

Par ailleurs, la multiplication des crimes sous tranquillisants ou somnifères de la classe des Benzodiazépines est effroyable en cette année 2017, l'augmentation du nombre des suicides réussis dans certaines régions françaises également.

Ces anxiolytiques bons marchés favorisent la violence sous toutes ces formes, prescrits systématiquement en dehors des autorisations de mise sur le marché nous demandons le déremboursement par les CPAM et les autres organismes sociaux lorsque l'A.M.M. n'est pas respectée.

·       Nous demandons aussi que des analyses toxicologiques soient systématiques pour les accidents de la circulation, les suicides, les actes de terrorismes et les tueries familiales, et que ces résultats soient communiqués sans délai  aux centres de pharmacovigilance.

Nous sommes certains que ces engagements permettront de restaurer la confiance de nos concitoyens dans l’industrie pharmaceutique dont le travail, la recherche, le dévouement ont dans l’immense majorité des cas contribué à améliorer fortement nos vies. En évitant ces drames, ses nombreux collaborateurs retrouveront toute la place dont ils doivent être fiers dans notre communauté.

aaavam@orange.fr

 

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