Le Lavoir, du tonnerre!

Natifs de Casablanca et de Bordeaux, deux jeunes architectes en herbe- mais à présent diplômés -investissent un vieux bâtiment à Ivry-sur-Seine, aux portes du 13ème arrondissement. L'idée est de créer un espace où des artistes de toutes disciplines cohabiteraient, un même toit sous lequel architecte, menuisier, tailleur, plasticien, musicien sérigraphe, etc renouvèleraient à l'infini leur palette.

 Un monde où tout est lien, car tout est lié et tout fait sens

 Cet établi de 700 mètres carrés, c'est un ancien lavoir encore en exercise au siècle dernier, permettant d'optimiser les locaux et de permettre aux jeunes artistes de faire de ce lieu l'endroit parfait où les vases communicants de l'art se font et se défont. Le commencement d'un temps-cinéma suivi d'un débat, un moment de pur échange à la hauteur des instants gustatifs, permettant de réelles passerelles d'informations, réunissant tous les résidents. Le Lavoir, c'est un lieu intersticiel mais pas pour autant un passage rapide : c'est une ouverture à soi. Sous colocation, les artistes peuvent s'y rendre à tout moment, suivre des cours ou travailler en parallèle restant vivement possible.

La volonté et l'envie sont les pierres de touche du Lavoir, à l'image des deux jeunes fondateurs, Amine Slimani et Marin Germain qui ont rénové et retapé et magnifié en moins d'an an les anciens bains d'Ivry-sur-Seine. "L'important c'est d'être créatif, davantage que se penser déjà artiste", selon Marin, c'est un projet de quête c'est-à-dire de recherche de son potentiel, ce qu'on ne connait pas encore mais qui, grâce au Lavoir et à ses résidents multiples, se fera connaître. Le Lavoir est un vivier duquel se déploie le créatif et le projet se module en fonction de ce qui rentre à l'intérieur : c'est un grand espace où cohabitent de nombreuses espèces.

 

Espèce d'espace

Au Lavoir, c'est la chaleur et le dynamisme des résidents qui rendent la technologique possible et même élégante. Les projets se révèlent vigoureux et précieux : Monsieur Florian prépare son retour au Vietnam après une exposition sur ses grands-parents préparée au Lavoir puis exposée à Saïgon, Alexandre Lenoir reçu au début du mois aux Beaux Arts de Paris les prix Galerie Thaddaeus Ropac et Fondation Jean François et Marie Laure de Clermont Tonnerre, ou encore, les résidents Dao Vone et Alberto Rochat associés de Matabase sont lauréats de l'appel à projet Greentech du ministère de l'environnement et de l'ADEME, afin de faciliter la transition écologique grâce au numérique entendant soutenir le développement des filières de matériaux biosourcés et de matériau de recyclage pour le BTP.

Certainement bientôt soutenu par la mairie et la région, le Lavoir a de beaux jours devant lui. Ce qui s'annonce entre autre c'est l'installation de dix résidents dans l'atelier de la Palmeraie, à Casablanca, durant un mois et demi. L'objectif est de créer, confectionner puis exposer les travaux élaborés lors des journées portes ouvertes des Ateliers d'artistes à Ivry-sur-Seine fin septembre. Maroquinerie et travail du cuir, production musicale et vidéo, dessins et illustrations, écriture de textes, photographie argentique, installations plastiques et tant d'autres arts seront donc à l'épreuve dans une Villa Médicis non romaine, mais marocaine. En outre, la sortie du tout premier vinyle du puissant funki-pop-électro groupe Silens [qui a joué sur le champs de Mars mi juin] renforce l'avenir radieux du Lavoir. . 
 

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