Un poème pour l'Afghanistan

Pour l'Afghanistan, Pour les hirondelles de Kaboul, Pour les quatrains de Khayyam, Pour les Bouddhas de Bâmiyân...

Pour l'Afghanistan,

Pour les hirondelles de Kaboul,

Pour les quatrains de Khayyam,

Pour les Bouddhas de Bâmiyân,

Pour les yeux d'une femme pachtoune,

Pour les coeurs tremblants des nourrissons,

Pour les sourires des enfants, et ces regards innocents,

Pour les montagnes, les plaines, et les oiseaux qui tombent,

Pour demain, pour hier, pour aujourd'hui toujours incertains,

Pour un manuscrit perdu lors d'une nuit délicieusement insouciante,

Pour un manuscrit perdu sur un navire enivré, dansant sur l'Atlantique,

Pour les mosquées et les monastères aux mosaïques turquoises,

Pour les soufis crucifiés, ces derviches brûlés, et ces amants lapidés,

Pour ces dieux assassinés, manipulés, souillés mille et une fois,

Pour les invisibles soldats, les braves humanitaires,

Pour les faiseurs de petits bonheurs,

Pour Barbara, rappelle-toi, les vers de Prévert:

"Quelle connerie la guerre !"

Pour les exilés, pour les morts, et leurs déboires,

Pour la vie, pour les rêveries, et les espoirs,

Pour ces visages dessinateurs de la survie,

Pour l'amour, pour les enchantements, pour la mélodie,

Pour un autre commencement,

Pour le vrai commencement,

Pour toi, pour l'Afghanistan !

Mohamed Abbe, Calais, 16 août 2021. 

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