L'oppression - Léo Ferré

Tiré du DVD "Sur la scène" (1972/1973 Olympia)

© Léo Ferré

Ces mains bonnes à tout même à tenir des armes 

Dans ces rues que les hommes ont tracées pour ton bien 

Ces rivages perdus vers lesquels tu t´acharnes 

Où tu veux aborder 

Et pour t´en empêcher 

Les mains de l´oppression 

 

Regarde-la gémir sur la gueule des gens 

Avec les yeux fardés d´horaires et de rêves 

Regarde-là se taire aux gorges du printemps 

Avec les mains trahies par la faim qui se lève 

 

Ces yeux qui te regardent et la nuit et le jour 

Et que l´on dit braqués sur les chiffres et la haine 

Ces choses "défendues" vers lesquelles tu te traînes 

Et qui seront à toi 

Lorsque tu fermeras 

Les yeux de l´oppression 

 

Regarde-la pointer son sourire indécent 

Sur la censure apprise et qui va à la messe 

Regarde-la jouir dans ce jouet d´enfant 

 

Et qui tue des fantômes en perdant ta jeunesse 

 

Ces lois qui t´embarrassent au point de les nier 

Dans les couloirs glacés de la nuit conseillère 

Et l´Amour qui se lève à l´Université 

Et qui t´envahira 

Lorsque tu casseras 

Les lois de l´oppression 

 

Regarde-la flâner dans l´œil de tes copains 

Sous le couvert joyeux de soleils fraternels 

Regarde-la glisser peu à peu dans leurs mains 

Qui formerons des poings 

Dès qu´ils auront atteint 

L´âge de l´oppression 

 

Ces yeux qui te regardent et la nuit et le jour 

Et que l´on dit braqués sur les chiffres et la haine 

Ces choses "défendues" vers lesquelles tu te traînes 

Et qui seront à toi 

Lorsque tu fermeras 

Les yeux de l´oppression

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