Maroc Nul modèle de développement sans nouvelle pyramide des pouvoirs

Le Maroc est au défi de réinventer un nouveau modèle de développement pour éviter la spirale des déclins. Les fondations de l’actuel modèle se fragmente et se fragilise, basé sur la demande intérieure publique et privée et financé par le crédit et la dette et qui malgré ses failles a contribué a esquissé les prémices d’une classe moyenne et au financement de la modernisation du pays

Le Maroc est au défi de réinventer un nouveau modèle de développement pour éviter la spirale des déclins. Les fondations de l’actuel modèle se fragmente et se fragilise, basé sur la demande intérieure publique et privée et financé par le crédit et la dette et qui malgré ses failles a contribué a esquissé les prémices d’une classe moyenne et au financement de la modernisation du pays. Mais comment changer de modèle de développement quand il n’y a consensus ni sur le diagnostic ni sur les solutions, ni sur les variables, ni sur les outils ni sur l’agenda chronologique.

Depuis 1999, le pays a massivement investi dans les infrastructures dans le logement social et dans l’accompagnement de l’urbanisation galopante. Pourtant, face à la métropolisation des grandes cités, nous observateurs sommes victimes d’une illusion d’optique, le train Maroc donne l’impression d’avancer pour des minorités pendant que la grande majorité des laisser pour compte et les mal nés restent à quai. Paradoxalement, ce qui émerge derrière l’émergence apparente du Maroc, c’est avant tout la répartition horizontale de la richesse et des fruits de la croissance. Mais c’est aussi l’absence du nécessaire ruissellement vertical de cette richesse vers les plus pauvres.

L’idée dominante soutenant que la démographie et le développement ne marchent pas de pair est certes vraie mais elle ne se vérifie pas au Maroc. Le royaume à stopper sa croissance démographique sans pouvoir se développer. Ainsi, la transition démographique est un des coupables invisibles de l’échec de l’actuel modèle de développement. Le recul aigu de la natalité n’a pas été accompagné de plus de justices sociale et territoriale, le pays est victime de sa rapide implosion démographique et de son expansion urbaine. Sur une population de 35 millions on dénombre plus de 34% âgés de 15 à 34 ans, ils représentent 11.8 millions d’individus dont 66% vivent dans les villes et dont la majorité est sans activités. 30%  des jeunes marocains sont des NEET « Neither In Employment, Education Or Training ». Même si nos idées seront critiquées car minoritaires, nous pensons fort que dans le royaume la dichotomie entre le monde de l’éducation primaire, secondaire, supérieure, professionnelle et le marché de l’emploi national et international est totale.

Quitte à écrire ce que certains préfèrent taire, il est clair que pour ce qui est du Maroc, changer de modèle de développement ne pourrait se faire en un clin d’œil, il nécessitera de véritables ruptures et un intransigeant volontarisme politique du plus haut sommet de l’État. Le devoir n’est pas l’ennemi du droit, la démocratie ne peut survivre sans la méritocratie et l’égalité entre citoyens, pouvoir et population éclairées et éduquées peuvent  avoir une coexistence harmonieuse sans ruptures ni fractures. Accepter que l’éducation du peuple puisse révolutionner les équilibres mais sans les compromettre. Reconnaître que tôt au tard au Maroc et comme nous l’avions conclu avec mes amis Mehdi Touassi et Nabil Adel, la redistribution du savoir appellera à une redistribution de la richesse qui conduira à une redistribution du pouvoir

Sans contraste, reconnaître que l’inégalité n’est pas seulement économique, elle est souvent idéologique, politique, territoriale et clanique. Admettre que seules les réformes du système légal, politique, fiscal, éducatif et transformationnel pourront conduire à une émergence économique inclusive. Sans cela, les millions de jeunes désœuvrés seront les proies et les cibles des extrêmes, des mouvements islamistes et des marchands de l’islam politique radical pauvre en élites et en programmes de gouvernement et ayant montré ses limites et des échecs aux lendemains des dits « printemps arabes » et même après.

Pourquoi refondre les fonctions régaliennes de l’État ? S’imposer une révolution des concepts pour être au diapason avec au moins quatre piliers d’un modèle de développement effectif, efficace et efficient : justice fiscale, justice éducative, justice territoriale et nouvelle pyramide des pouvoirs.

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