L’EUROPE ENTRE CHIENS ET LOUPS

Vieux continent par opposition au Nouveau Monde, L’Europe vaste territoire Afro-Eurasiatique et port d’attache à de nombreux brassages culturels, religieux, linguistiques et culturels.

L’Europe  ce géant empire colonial a été le premier théâtre de la mondialisation, sa population est passée sous l’effet des conquêtes expansionnistes  de 205 millions en 1830 à 312 millions en 1880 et 544 millions en 1913, l’équivalent de ce qu’il est aujourd’hui, un siècle après. Le pacte colonial européen prôné par l’occident dominant sur le sud dominé a concentré les richesses et la connaissance interdisant par le glaive aux populations d’indigènes  toute marche vers l’autonomie, l’industrialisation et l’acquisition des savoirs. Même si la colonisation n’a jamais été totalement approuvé par les peuples européens, les décolonisations n’ont pas permis non plus  couper le cordon ombilical entre colonisé et colonisateurs. Ainsi et  pour l’essentiel les mouvements migratoires sont  le fruit amère d’un passé qui ne passe pas et d’une Europe qui n’est pas seulement coupable d’avoir  voulu partager sa culture et sa  civilisation avec ses anciennes colonies, elle est surtout coupable d’avoir fait de ces colonies son grenier et être partie tout en mettant en place des élites inféodées, incompétentes et corrompues, pour le reste plus personne ne croient encore au caractère impérialiste et colonialiste de la France en particulier en Afrique. Après le grand exode européen qui a duré jusqu’à la fin de la deuxième guerre mondiale vint l’exode africain, musulman et asiatique, l’histoire des flux migratoires s’accélère et éveille les phobies de l’invasion et les thèses du grand remplacement.

Pourtant, cette question n’est pas considérée dans toutes ses dimensions à l’occasion de  l’actuelle campagne électorale des élections européennes. Alors qu’elle est centrale et que pour répondre aux angoisses sociales et économiques et faire reculer l’immigration, il va falloir initier des instruments de respiration démographique et substituer la natalité de masse à l’immigration de masse. Sans cela, L’Europe entière deviendra une terre de forte immigration venant d’Afrique, un mouvement universel de chaînes humaines affamés, sous qualifiés, en surnombre et fuyant les inégalités territoriales et les jachères économiques. Adire vrai, l’Europe en ébullition, otage de chiens techno libéraux et de loups ethno nationalistes est plutôt victime non seulement de la désindustrialisation mais aussi et surtout  de l’implosion démographique et de l’inversion de la pyramide des âges. Désormais,  la transformation de la pyramide des âges se fait aux pieds, la jeunesse fait défaut dans le vieux continent ne représentant plus que 25% contre 65 % en Afrique noire, les terres déficitaires  en fécondité  attireront tôt ou tard celles excédentaires.

L’Europe et plus que jamais l’onde de choc d’une tardive fracture coloniale, l’arrivée de migrants descendants des anciens indigènes par milliers réveille  des guerres identitaires sur un fond d’exclusion ethno raciale et ethno religieuse dont les fers de lance sont les défenseurs  de la race blanche et des origines chrétiennes de l’Europe, chrétienté enracinée qui n’est en fait qu’une illusion des racines, l’Europe serait plutôt laïque, cosmopolite, multiconfessionnelle et tout sauf communautariste. Dans un face à face et en marche,  nous trouvons, les mondialistes libéraux et libertaires, porteurs d’antihumanisme radical qui au nom de l’intérêt individuel pourraient prendre les pires décisions pour la société, ce courant rejette la solidarité et l’entente et  incarne la destruction programmée de l’ordre social, le démembrement  des frontières et sème la violence et la haine pour déconstruire les peuples, les civilisations et les cultures.

 

A la différence de toutes ces  idéologies, une troisième voie altruiste existe, c’est  celle des nations, d’une Europe de non-agression sociale et salariale entre ces nations, une Europe du juste échange, de la transition écologique et de l’harmonisation sociales entre ses populations. Un continent qui s’emploie à sortir de l’austérité et à lutter contre les lobbies et contre les paradis fiscaux. Une Europe qui peut garantir la défense de ces citoyens et de pouvoir négocier avec les nouvelles puissances géostratégiques mondiales. Une Europe de la solidarité qui doit reconnaître l’irréversibilité de sa transition démographique et l’impossibilité d’une immigration zéro. Qui reconnait que  le brassage est en marche, il faudra le préparer en faisant du sang mêlé l’essentiel de la diversité et de l’intégration, en investissant en masse dans  les transferts de technologie, de connaissances scientifiques et de richesse  vers l’Afrique, pour vaincre par la colocalisation sous-développement et pauvreté humaine. Ce n’est que ce pari géostratégique et géoéconomique qui fera éloigner les vautours du néocapitalisme chinois et conduira à  baisser la  natalité explosive en Afrique et permettra son décollage économique, scientifique et numérique, seuls capable d’assurer le vrai choix du sursaut solidaire pour contrer la catastrophe sécuritaire. Il faut absolument permettre aux européens de reconstruire un continent serein, confiant, un continent des humanités et des lumières, ouvert et pragmatique, un continent de nous avec eux et non pas de nous contre eux, un continent qui détrônent les libertés de l’establishment pour assoir les libertés populaires.  

L’Europe sociale sera ou ne sera pas le gage de stabilité, de paix et de liberté, l’Europe des possible et de tous ou le vivre ensemble au sein de ses frontières et au-delà vers les contrées de son voisinage immédiat méditerranéen, africain et asiatique ne serait plus une utopie. Cette Europe des peuples et des nations ne se fera ni avec les chiens ni avec les loups, elle se fera avec les hommes et les femmes qui croient aux  biens communs fusionnels et aux combats communs, ceux en faveur de l’urgence climatique, qui militent pour résoudre l’équation des gaps démographiques entre le Nord et le Sud et trouver un juste équilibre, qui œuvrent pour rendre virale la révolution de l’économie du numérique et qui infine convertiront les peurs identitaires et le rejet des minorités religieuses et ethniques en concordat en faveur du pluralisme culturel et confessionnel au sein de L’Europe et que tout en consolidant ses valeurs et sa sécurité permettre aux différences qui attirent de prendre le pas sur indifférences qui repoussent.   

 

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