Face aux inégalités devant la police et la justice

Au delà de l’indignation suite à la relaxe des policiers dans l’affaire Zyed et Bouna, réfléxion sur les stratégies de lutte contre les inégalités sociales et le racisme institutionnel devant la police et la justice.

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La relaxe prononcée le 18 mai 2015 par le tribunal de Rennes sur l’affaire Zyed et Bouna – qu’il faudrait plutôt appeler l’affaire des policiers Sébastien Gaillemin et Stéphanie Klein – a provoqué l’indignation générale des acteurs associatifs et politiques des quartiers populaires et bien au delà. Dans une affaire de « non assistance à personne en danger », l’enjeu juridique porte sur l’existence, ou non, d’une « une conscience claire d’un péril grave et imminent ». La phrase prononcée par Gaillemin sur les ondes de la police – « S’ils entrent ici, je ne donne pas cher de leur peau » – semblait être une preuve suffisante de la conscience du danger. Ce n’est pas l’avis des juges, selon lequels « si Sébastien Gaillemin avait eu conscience d’un péril grave et imminent, il n’aurait pas manqué de réagir ». Donc le policier dit clairement avoir conscience du péril mais, en fait, ce n’était qu’une pensée en l’air puisque, s’il avait vraiment eu conscience du péril, il serait allé sauver Zyed Benna et Bouna Traoré d’une mort certaine.

Ce raisonnement juridique, qui exonère les policiers de toute faute professionnelle, illustre parfaitement ce que le sociologue algérien Abdelmalek Sayad appelait la « complicité objective » ou la « solidarité organique » entre la justice et certains inculpés lorsqu’il s’agit de la mort d’enfants d’ouvriers immigrés postcoloniaux. Dans son fameux article de 1985, « Exister, c’est exister politiquement » [1], il passe en revue les principaux enjeux de la lutte pour les « droits civiques » et revient sur une question centrale : l’égalité devant la justice.

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