Le « Forum culturel arabe pour la Palestine » a tenu son premier séminaire, le 23 décembre 2023, sur la plate-forme ZOOM, sous le titre « Noël, en Palestine cette année », modéré par Abir CHAHINE et Hassan ALBALAWI, auquel ont participé en tant qu’orateurs principaux :
le révérend Dr Mitri AL-RAHEB, fondateur et président de l’Université Dar Al-Kalima, à Bethléem, l’ambassadrice Amira HANANIA, directrice générale du Comité présidentiel supérieur pour les affaires ecclésiastiques en Palestine, et le Docteur Makram KHOURY MAKHOUL, homme politique et universitaire, fondateur des « études sur la Palestine » à l’Université de Cambridge. Avec la participation d’un certain nombre de chercheurs et d’universitaires.
En guise d’introduction, Abir Chahine a passé en revue le message et l’objectif de la création du « Forum culturel arabe pour la Palestine », qui est de faire la lumière sur les martyrs de la parole à Gaza depuis le 7 octobre, y compris les écrivains, les poètes, les artistes et les journalistes, et de présenter leur travail. De surcroit, les initiatives culturelles aux niveaux arabe et international pour la Palestine, et en particulier pour Gaza, seront mises en évidence.
Mme Chahine a ajouté que ce travail vise à préserver l’identité palestinienne ainsi que son histoire et son récit, et leur éviter d'être spoliés et appropriés. Elle a, par ailleurs, précisé l’objectif de la rencontre du jour, « Noël, en Palestine cette année », qui est celui d’expliquer les défis auxquels sont confrontés les chrétiens de Palestine en tant que communauté autant visée que les autres communautés palestiniennes, la veille de la naissance du Christ. Les Chrétiens palestiniens, en dehors des cérémonies religieuses essentielles, n’avaient prévu aucune festivité cette année.
A la question de Monsieur Albalawi, le premier intervenant, le révérend Mitri Al-Raheb, a présenté un aperçu de l’Université Dar Al-Kalima, une plate-forme qui consacre l’art et la culture en tant qu’élément de résistance défendant l’identité palestinienne.
Il a, par ailleurs, déclaré qu’Israël cherche à dépeindre la cause palestinienne comme un conflit islamo-juif gagnant ainsi la sympathie de l’Occident. « Les chrétiens palestiniens sont une épine dans le pied d’Israël parce que leur présence sur cette terre et leur implication dans la lutte nationale palestinienne aux côtés de leurs frères palestiniens musulmans sapent l’équation que l’État d’occupation cherche à vendre, à savoir que la guerre prétendue se déroule uniquement entre Juifs et Arabes musulmans, alors qu’elle est en réalité contre toutes les communautés palestiniennes ».
Le révérend Al-Raheb a également exprimé ses regrets pour la présence de sionistes chrétiens qui aident l’État d’occupation. Il souligne, toutefois, le soutien de certaines églises d’Amérique à la cause palestinienne en retirant leurs investissements en Israël. Dans le même contexte, il a également noté que les Églises européennes soutiennent financièrement les Églises de Palestine, mais que, malheureusement, leurs positions politiques ne sont pas encore au niveau de l’enjeu. Concernant, par exemple, le bombardement de l’hôpital Baptiste, d’autres églises et le nombre de martyrs de la communauté chrétienne à Gaza, il n’y a pas eu de condamnation. Le révérend a précisé que depuis le 7 octobre, Israël a en effet tué 3 % de la population chrétienne gazaouie, alors que le nombre total des martyrs représente 1 % de la population gazaouie. Autant dire que les chrétiens de Gaza subissent l’agression israélienne de plein fouet.
Pour sa part, l’ambassadrice Amira HANAYNEH a décrit le travail du Haut Comité présidentiel pour les affaires ecclésiastiques en Palestine comme visant à faire face au sionisme chrétien en Europe qui soutient le récit israélien, et ceci en clarifiant la réalité de l’occupation israélienne. Elle a souligné que le soutien moral et politique, plus important que le soutien financier, permettra de maintenir et de défendre la présence des chrétiens sur leur terre en Palestine.
Madame HANAYINA a également évoqué la récente tournée effectuée par le Haut Comité présidentiel des Églises en Europe avec la participation d’un certain nombre de religieux, dont le révérend Mitri AL-RAHEB. Le comité a rencontré d’importantes personnalités politiques et parlementaires en Belgique. Ces dernieres ont exprimé leur solidarité avec le peuple palestinien face à l’agression israélienne. Elle y a pu constater un plus grand soutien à la cause palestinienne. Cependant, dans l’Union européenne en général, la position a souvent été biaisée en faveur d’Israël en suivant une politique de deux poids, deux mesures, ce qui est également le cas au Conseil de sécurité.
« Nous voulons une paix qui puisse garantir la justice et les droits de l’homme, et non pas une équation qui assimile le bourreau à sa victime » déclara-t-elle à la fin de son propos.
D’autre part, le Docteur Makram Khoury Makhoul a indiqué que le chef de l’Église anglicane en Grande-Bretagne est le roi de Grande-Bretagne, mais que ce dernier n’a pas prononcé un mot sur la guerre génocidaire menée par Israël, telle qu’exprimée par Sa Béatitude le patriarche Michel Sabah. Il explique, dans le même contexte, la position de l’archevêque de Caldenburg Justin Webley, qui adopte le récit sioniste et défend l’armée israélienne dans la question du bombardement de l’hôpital Baptiste de Gaza. Le Dr. Khoury-Makhoul estime par ailleurs que l’Église anglicane est un outil entre les mains de l’appareil politique et de l’État, et qu’aussi bien les positions religieuses que politiques soutiennent l’occupation israélienne.
Les participants ont interagi avec les trois interventions en posant des questions et en soumettant des suggestions et des ajouts, dont le premier a été celui de la journaliste libanaise travaillant sur la plate-forme « Legal Idea », Mme Saada Allaou qui a publié une enquête journalistique sur ce sujet, tandis que M. Hussam Abu Al-Nasr, depuis la Palestine, décrie les dommages subis par les institutions culturelles et éducatives à Gaza. La journaliste et productrice de documentaires libanais, Bisan Tai, a déclaré que ce qui se passe est une bataille de prise de conscience et qu’il est nécessaire de faire entendre la voix des chrétiens palestiniens et de leurs souffrances en tant que partie intégrante du peuple palestinien. Tandis que le traducteur palestinien dans les institutions internationales, Mohammed Assi, a souligné l’importance de réfuter le faux récit israélien qui se sert des textes bibliques pour justifier ses actes.
En ce qui concerne la rencontre qui a eu lieu entre le Président de l’État d’occupation et un certain nombre de responsables ecclésiastiques, couverte par les médias, les trois intervenants ont critiqué cette rencontre, la qualifiant de préjudiciable aux intérêts du peuple palestinien dans son ensemble, qui est soumis à l’agression israélienne dans tout le territoire palestinien.
À la fin du séminaire, Madame Chahine a révélé le sujet de la prochaine rencontre qui portera sur la destruction intentionnelle et massive des monuments historiques et des institutions culturelles à GAZA de même sur les figures intellectuelles qui sont tombées lors de cette offensive israélienne
le lien de la rencontre sur youtube :