Calais : novembre 2015 - janvier 2016

Plutôt que d'écouter des témoignages contradictoires sur la vie dans la « jungle » de Calais et de se fier aux compte-rendus des journalistes, nous avons voulu voir ce qu'il en était de nos propres yeux et aller à la rencontre des migrants. Nous nous sommes donc rendus à Calais deux fois, fin novembre 2015 puis samedi 23 janvier. Billet rédigé avec l'aide de Y.G., C.H et Zahra Agsous.

A moins de trois cent kilomètres de Paris, soit deux heures de train ou trois heures en voiture, fuyant les guerres, les bombardements, les sévices, la torture, les violences, les viols et la répression, plusieurs milliers de migrantes et de migrants sont entassés dans des baraques de fortune, en proie au froid, au vent, à l'humidité, à la faim, aux maladies et aux brutalités policières.

calais-zahra-agsous-2016-001 © Zahra Agsous calais-zahra-agsous-2016-001 © Zahra Agsous

C'est la très mal nommée « jungle » de Calais, souvent qualifiée aussi comme : «le plus grand et le pire bidonville d'Europe » ...

Plutôt que d'écouter des témoignages contradictoires sur la vie dans et autour de « la jungle », plutôt que de se fier aux compte-rendus, forcément partiels et partiaux, des journalistes, nous avons voulu voir ce qu'il en était de nos propres yeux et aller à la rencontre des migrants. Nous nous sommes donc rendus à Calais deux fois, fin novembre 2015 puis samedi 23 janvier 2016.        

calais-zahra-agsous-2016-ruedavidcameron © Zahra Agsous calais-zahra-agsous-2016-ruedavidcameron © Zahra Agsous

 
Violences policières

  « La police est très violente en France" nous explique Mohammed d'un air gêné quand nous lui disons que nous sommes Français.        

Mohammed est Syrien, de la région d'Alep, et il est dans le camps près du chemin des Dunes depuis maintenant trois mois. Comme nous avons échangé quelques mots en arabe et partagé des cigarettes, il tient à nous emmener « chez lui ». Nous le suivons donc sur les chemins boueux, dans le dédale des habitations de fortune, jusqu'à sa tente.

Faite de bâches tenues par des ficelles, la « tente » où Mohammed s'entasse avec plusieurs de ses compatriotes se trouve seulement à quelques dizaines de mètres de la "rue principale" de ce méga bidonville, à quelques centaines de mètres à peine de la route qui mène au tunnel sous la Manche. Sur un panneau indicateur de fortune, la rue qui traverse la "jungle" de part en part a été baptisée ironiquement "rue David Cameron".

Tandis qu'il nous installe sur des chaises en plastique, Mohammed et ses camarades témoignent des violences policières dont ils ont été victimes, comme beaucoup de migrants du camps de réfugiés de Calais qui ont été confrontés en France aux "forces de l'ordre".    

Un témoignage de plus qui vient corroborer ce que l'on entend déjà depuis plusieurs mois: désormais "ils" ne laissent plus passer personne vers l'Angleterre, et la préfecture, qui a clairement indiqué son intention de mettre fin à « la jungle » et aux installations sauvages, harcèle désormais les migrants nuit et jour.    

(voir l'article à la mi janvier sur le blog de Calais migrants: solidarité     :https://calaismigrantsolidarity.wordpress.com/ )

calais-zahra-agsous-2016-002b © Zahra Agsous calais-zahra-agsous-2016-002b © Zahra Agsous

Une stratégie qui pousse également à bout les riverains Calaisiens, qui doivent supporter l'insupportable qu'est l'indécence de la présence d'un camp de réfugiés dans leur propre ville, et qui sont bien entendu victimes eux aussi de cette "anomalie" depuis trop longtemps.
On doit d'ailleurs saluer et reconnaître leur patience et leur tolérance face à cette situation insoutenable (contrairement à la désinformation qui tend à prétendre le contraire, comme les exemples marginaux de dérapage repris en boucle dans la plupart des médias..), même si leur sort n'est évidemment en rien comparable avec celui des réfugiés.

Plus de 6000 réfugiés livrés au froid, à l'humidité, à la faim et à l'insalubrité

Lorsque nous étions venus pour la première fois il y a deux mois fin novembre 2015, le camp principal de Calais, le plus ancien et celui qui se trouve à deux pas de la route sur l'Allée des Dunes, près du centre d'accueil Jules Ferry, était plein à craquer.  

Centre Jules Ferry © Zahra Agsous Centre Jules Ferry © Zahra Agsous
     

Avec le flux de migrants entrants et le tarissement des départs vers le Royaume Uni il semblait s'agrandir à vue d'œil.

A titre d'exemple, l'église que l'on voit en construction et relativement isolée dans ce reportage vidéo (en Anglais) du Guardian datant de juillet 2015 est désormais totalement entourée de cabanes et d'abris de fortune et semble être au milieu du camp quand deux mois avant, elle  ... en marquait l'entrée!      

 (voir la vidéo : http://www.theguardian.com/uk-news/video/2015/jul/27/calais-migrants-jungle-camp-video  )

 Dans ce reportage très émouvant, Le Guardian parlait alors de 5000 personnes présentes dans le camp; on peut imaginer que fin novembre ils avaient dépassé les 6000.        

Rappelons juste pour mémoire que la ville de Calais compte en temps normal quelques 75 000 habitants...

La "rue principale" s'étire tout le long de ce village cosmopolite, et seules quelques planches ici ou là, ou des tapis de gravats versés sur le sol, maintiennent un semblant de passage au milieu de la "rue" : tout juste de quoi pouvoir passer sans avoir de la boue jusqu'aux chevilles.

De part et d'autre de cette "rue" principale, qui comporte des boutiques et des restaurants (le camp est très loin de tout commerce), des tentes de fortune s'étendent à perte de vue entourées par des tas d'immondices et des flaques de boue.

calais-zahra-agsous-2016-femmes © Zahra Agsous calais-zahra-agsous-2016-femmes © Zahra Agsous

 La tente de Mohammed est dans un renfoncement; à côté de lui des Égyptiens. Juste derrière, le ruissellement des eaux de pluie a formé une immense mare. Le froid et l'humidité ne cessent jamais de pénétrer partout, tout comme la boue.

 

calais-zahra-agsous-2016-mare © Zahra Agsous calais-zahra-agsous-2016-mare © Zahra Agsous

 De l'Afrique du Nord à l'Afghanistan, en passant par l'Érythrée et le Koweït..

Le camp est très cosmopolite: Afghans,Somaliens, Érythréens, Égyptiens, Irakiens, Syriens, Iraniens... il y a même une communauté Koweïtienne - ils disent être plusieurs centaines et le fait est qu'ils sont nombreux, et disposent de plusieurs baraques en bois où ils affichent leur origine en arabe et en anglais.

Il s'agit des Bidoun autrement dit les "sans", en arabe : des Koweïtiens sans nationalité, sans papiers et sans droits dans leur propre pays.    

Opprimés et exploités par le pouvoir, ils se sont révoltés en 2011 à l'occasion du « printemps arabe » - , ce qui a donné lieu à une répression sauvage, et à des exils forcés.

 (pour prolonger sur les BIDOUN, voir notamment :  

Sans papiers koweitiens au Koweït par Alain Gresh https://www.monde-diplomatique.fr/2013/06/GRESH/49175        

voir aussi:

http://geopolis.francetvinfo.fr/105000-apatrides-au-koweit-la-colere-dhuman-right-watch-29845

http://geopolis.francetvinfo.fr/koweit-arabie-saoudite-les-bidoun-sans-papiers-de-la-peninsule-arabique-47068        

Au sein du camp, l'arabe et l'anglais sont les langues d'usage – la plupart des Érythréens et des Soudanais sont passés par la Libye et le Maghreb durant leur périple et parlent parfaitement l'arabe. Les Afghans et les Iraniens s'expriment pour leur part en farsi (persan).

calais-zahra-agsous-2016-calais-interieur © Zahra Agsous calais-zahra-agsous-2016-calais-interieur © Zahra Agsous

Bonnes volontés individuelles, néant institutionnel

On croise à l'intérieur du camp quelques associations qui essayent tant bien que mal d'aider les migrants qui manquent de tout; des associations hollandaises, belges et surtout britanniques. Nous n'avons pas vu de français, même si Médecins du Monde intervient aussi.    Nous n'avons par contre rencontré aucune agence internationale, notamment le HCR, alors que ces réfugiés proviennent pour la plupart d'entre eux de zones de guerre.    

 

calais-zahra-agsous-2016-militantes-anglaises © Zahra Agsous calais-zahra-agsous-2016-militantes-anglaises © Zahra Agsous

 Des véhicules pénètrent dans la jungle pour amener de la nourriture ou des vêtements; et d'autres militants s'attellent, de façon relativement discrète, à construire des baraques en bois.

Il y a aussi quelques bonnes volontés et les initiatives individuelles, un tel qui a collecté des vêtements et les distribue, un autre qui amène de la nourriture. Il n'y a évidemment jamais assez, mais néanmoins toute aide est plus que bienvenue et surtout vitale au quotidien des réfugiés: quelques vêtements, quelques boites d'antalgiques, de la nourriture, des cartes téléphoniques, tout est bon à prendre - et même si cela peut paraître dérisoire, dans les faits cela ne l'est jamais pour ceux qui ont eu la chance d'en être les bénéficiaires.

Nous avons même croisé des militants qui avaient amené de la musique, de l'alcool ou du cannabis pour le partager en fraternisant avec les migrants, leur permettre un instant de s'évader de cet enfer sur Terre. Mais ce genre d'initiatives reste, semble-t-il, plutôt anecdotique.

 Sur le site internet du Guardian, un Anglais qui s'est organisé pour partir distribuer de la nourriture dans le camp raconte son expérience. Sa conclusion ci-dessous est sans appel :

  «(...)  La situation à Calais est surréaliste : un tel niveau de souffrance à nos portes, dans un des pays les plus riches du monde, et tout le monde se rejette la responsabilité. L'ONU n'est pas présente dans la « jungle », et donc pas un seul des organismes principaux d'aide aux réfugiés. Et pourtant, les conditions sont en deçà des minimas humanitaires de l'ONU. Les gouvernements britannique et français prétendent tous deux que « ça n'est pas leur problème » et refusent donc de mettre en place la moindre infrastructure de base et de fournir des moyens légaux et sûrs pour les réfugiés de demander l'asile au Royaume Uni. (...)

La seule chose qui empêche ces milliers de personne de mourir de faim et de froid à seulement une trentaine de kilomètres du Kent, ce sont les bénévoles, des gens ordinaires et dignes qui ne peuvent pas rester là et laisser les gens souffrir. Des gens qui ne sont pas représentés par ce gouvernement.

Et pour cette raison, nous retournerons à la Jungle [dans les mois qui viennent]. Je ne peux pas faire autrement. »

 (lien vers l'article (en anglais) :  http://www.theguardian.com/commentisfree/2015/dec/10/calais-jungle-refugee-camp-volunteer-conditions        
Voir aussi, toujours sur le site du Guardian:

     http://www.theguardian.com/world/2015/nov/04/refugee-children-calais-homesick-french-police

 

calais-zahra-agsous-2016-jungle © Zahra Agsous calais-zahra-agsous-2016-jungle © Zahra Agsous

 La « jungle » évacuée ?    

Depuis janvier, avec notamment le changement de majorité dans la région et l'arrivée de Xavier Bertrand à sa tête, la situation a changé dans "la jungle"; on peut constater ce que nous expliquait MEDIAPART, qui suit la situation jour après jour (https://www.mediapart.fr/journal/france/091115/calais-jour-apres-jour-report-du-proces-au-22-fevrier) à savoir la volonté de la préfecture:

 - dans un premier temps de dégager un périmètre de 100 mètres autour de la rocade;

- puis de voir une fois pour toutes disparaître la "jungle".

 En "contrepartie", un ensemble de containers a été installé en face du camp actuel; ce camp déshumanisé fait de containers entassés les uns sur les autres et sans eau courante, est fait pour accueillir quelque 1500 personnes, à raison de douze par container soit moins de 2.5 m2 par personne. Le centre Jules Ferry, un ancien centre de vacances à côté du camp, accueille actuellement quelques centaines de femmes et d'enfants: que vont devenir les milliers d'autres?

les premiers containers... © Zahra Agsous les premiers containers... © Zahra Agsous
 

Le quotidien britannique The Guardian, dans l'un des articles cités plus haut, parlait d'une centaine de nouvelles arrivées par jour dans les derniers mois de 2015.   

 Avec le blocage total des passages pour le royaume uni et l'état d'urgence, nul doute que cet afflux a dû se tarir complètement, ou du moins se réduire considérablement. Gageons d'ailleurs que les autorités françaises comptent sur les migrants, qui communiquent beaucoup, pour faire circuler l'information selon laquelle « à Calais désormais personne ne passe », et que les violences et le harcèlement policiers réguliers sont devenus quotidiens : un moyen de dissuader d'autres migrants de venir..

 

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 MAD MAX dans la boue

La première impression que l'on a en arrivant près du port de Calais est celle de se croire en plein film de science fiction. L'omniprésence des forces de l'ordre, les clôtures et les barbelés qui poussent partout, mettent mal à l'aise. Quand la route passe au dessus du camp, c'est vraiment impressionnant. Même vidé d'une partie de ses occupants, il est immense.

calais-zahra-agsous-2016-manif006 © Zahra Agsous calais-zahra-agsous-2016-manif006 © Zahra Agsous

 Selon un site internet proche des NO BORDER, entre octobre et décembre 2015 près de 1000 migrants auraient été déportés via l'aérodrome de Calais (situé à Marck) vers les centres de rétention administrative CRA de Metz, Marseille, Rouen, Paris, Toulouse ou Nîmes, lors de vols groupés, pour "désengorger la jungle de Calais".        

source :http://cettesemaine.info/breves/spip.php?article1411&lang=fr    

Manifestation de soutien

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Samedi 23 janvier une manifestation est partie de la « jungle » principale de Calais pour se rendre jusqu'à la Place d'Armes, dans le centre de la ville.

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Régulièrement, des manifestations sont organisées au départ du camp, où les réfugiés font entendre leurs revendications et notamment leur souhait le plus cher, celui de rejoindre le Royaume-Uni... Mais ces manifestations sont le plus souvent bloquées au niveau de la zone industrielle des Dunes, sans pouvoir rejoindre les rues de Calais.

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Mais cette fois, diverses associations et partis politiques (parmi elles le NPA, Droits Devant, EELV ou encore la LDH) appelaient à manifester et les milliers de manifestants ont pu quitter la périphérie de la ville pour aller jusqu'au centre de Calais.       

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La majeure partie de la manifestation s'est déroulée dans le calme, avec cependant quelques tensions, notamment au moment où un riverain a cru intelligent de braquer un fusil sur les manifestants, histoire sans doute de montrer sa vision de la solidarité et de l'hospitalité...

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Les calaisiens, dans l'ensemble, se sentent impuissants et démunis face au sort des migrants, voire excédés par la nature pérenne de cette situation, mais quoi qu'on en dise, même si des manifestations de vive hostilité ont pu apparaître ici et là, force est de constater que nous n'avons pas assisté à des pogroms, et ce malgré l'attitude irresponsable des politiques jetant de l'huile sur le feu à l'instar de madame BOUCHARD, la première magistrate, dont les déclarations mêlent allègrement la haine et la stupidité...

calais-zahra-agsous-2016-seul © Zahra Agsous calais-zahra-agsous-2016-seul © Zahra Agsous

 

Pour se faire une idée, voir cet entretien du Parisien de dimanche 31 janvier avec le Président de la fédération du commerce de Calais, qui tient un discours très mesuré, expliquant que les migrants sont avant tout des victimes, et que c'est l'incurie des autorités qui est scandaleuse..

http://videos.leparisien.fr/video/a-calais-sil-ny-a-pas-de-solution-rapide-ca-pourrait-tres-mal-finir-31-01-2016-x3pj73w

«  Les migrants n'ont pas grand chose à se reprocher  ; ce n'est pas eux le problème mais la façon dont on les gère. Il y aurait 10000 migrants dans un camp digne de ce nom cela poserait moins de problème qu'actuellement  »

"On ne peut pas rester insensible à leur situation.. à moins de ne pas avoir de cœur!"

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 Afin d'empêcher les migrants de consommer dans leurs établissements, il nous a été rapporté que des bars du centre de Calais exigeraient désormais une pièce d'identité afin (officiellement) de vérifier que les consommateurs potentiels sont bien majeurs. En réalité, il s'agirait bien entendu de refouler les migrants qui par définition... n'ont pas de papiers pour justifier de leur identité !

À la fin de la manifestation du 23 janvier, une centaine de migrants ont franchi le grillage (préalablement tailladé, semble-t-il,par des militants), ont accédé au port et sont montés sur un ferry en provenance du Royaume-Uni. Plus que de gagner l'Angleterre, on peut imaginer qu'il s'agissait plutôt d'une action destinée à attirer l'attention sur le sort toujours plus désespéré des migrants restés bloqués à Calais.

Cet incident qui reste exceptionnel, et surtout symbolique, a entraîné en tout cas le blocage total du port de Calais pendant trois heures – une mesure totalement démesurée au vu du «danger» (une poignée de migrants sur un Ferry, tellement inaccessible que les forces de l'ordre ont dû utiliser une passerelle pour les déloger) mais le but était sans doute, pour les autorités du port, d'exagérer afin de sensibiliser l'opinion publique, et surtout les politiques, sur la situation tendue dans le Calaisis. Ce qui n'a pas manqué, puisque le samedi 23 les médias titraient tous sur le blocage du port, et il n'en a pas fallu plus pour que des voix s'élèvent et demandent... l'intervention de l'armée !!

A croire que le blocage du port, et donc le ralentissement de l'activité économique, constitue le point de non-retour pour les autorités.

 Il reste encore une question : Pourquoi faire intervenir l'armée ? S'agit-il de massacrer, de tuer, de faire disparaître les migrants pour régler définitivement le problème ?...    

Comme on pourrait effacer une erreur avec une gomme ou un correcteur de type «  blanco  »?? ?

 Pour notre part, nous avons choisi de faire nôtre la conclusion de cet anglais « ordinaire et digne » qui était parti aider les migrants et dont je parle plus haut : nous aussi « nous retournerons à la Jungle [dans les mois qui viennent], car nous ne pouvons pas faire autrement.  »

 Et je vous invite à faire de même : allez à Calais, venez voir de vos propres yeux ce qu'on tolère dans la France de 2016, sous un gouvernement socialiste. Venez constater que les conditions dans ce camp sont largement pires que celles des réfugiés au Liban, en Turquie ou en Jordanie.    

 Venez à la rencontre des migrants, discutez avec eux, écoutez leurs témoignages, rendez vous compte par vous mêmes du gâchis humain, du drame et de la honte que représente cette situation !

calais-zahra-agsous-2016-manif007 © Zahra Agsous calais-zahra-agsous-2016-manif007 © Zahra Agsous

 Vous pouvez trouver des infos pratiques, notamment (mais pas seulement) sur l'aide que vous pouvez apporter sur place     :    

  https://calaismigrantsolidarity.wordpress.com/coming-to-calais-2/brief-intro/    

 Et pour prolonger   :

voir aussi ce très beau texte de RAPHAEL GLUCKSMANN, sur le blog de « l'appel de Calais »     :

https://blogs.mediapart.fr/appel-de-calais/blog/250116/doctobre-au-tout-debut-novembre-j-etais-calais-un-texte-de-raphael-glucksmann     

 

calais-zahra-agsous-2016-vaisselle © Zahra Agsous calais-zahra-agsous-2016-vaisselle © Zahra Agsous

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