Le ministre de l'intérieur a lancé mercredi 9 mars 2016 une contre-offensive communicationnelle, en annonçant le lancement d’un site Internet pour « établir la vérité » face aux « manipulations et contre-vérités » et promouvoir l’action des pouvoirs publics à Calais. Sur ce site, il regrette que « certains organes de presse (aient) appelé un échec » le bilan de mise à l'abri des migrants réalisé en parallèle à la destruction de la« jungle » et déploré le « travail de désinformation cynique des passeurs, des No borders, et aussi de multiples secteurs dont la situation difficile des migrants constitue le miroir narcissisant de leurs préoccupations égotiques ».
Source: https://www.mediapart.fr/journal/france/091115/calais-jour-apres-jour-cazeneuve-critique-le-miroir-narcissisant-des-militants
A l'attention de M. Cazeneuve, et en guise de réponse, ce poème du grand Primo Levi:
SE QUESTO E UN UOMO
Voi che vivete sicuri
nelle vostre tiepide case,
voi che trovate tornando a sera
il cibo caldo e visi amici:
Considerate se questo è un uomo
che lavora nel fango
che non conosce pace
che lotta per mezzo pane
che muore per un sì o per un no.
Considerate se questa è una donna,
senza capelli e senza nome
senza più forza di ricordare
vuoti gli occhi e freddo il grembo
come una rana d’inverno.
Meditate che questo è stato:
vi comando queste parole.
Scolpitele nel vostro cuore
stando in casa andando per via,
coricandovi alzandovi;
ripetetele ai vostri figli.
O vi si sfaccia la casa,
la malattia vi impedisca,
i vostri nati torcano il viso da voi.
(traduction)
Si c'est un homme
Vous qui vivez en toute quiétude
Bien au chaud dans vos maisons
Vous qui trouvez le soir en rentrant
La table mise et des visages amis,
Considérez si c'est un homme
Que celui qui peine dans la boue,
Qui ne connait pas de repos,
Qui se bat pour un quignon de pain
Qui meurt pour un oui ou pour un non.
Considérez si c'est une femme
Que celle qui a perdu son nom et ses cheveux
Et jusqu'à la force de ses souvenir,
Les yeux vides et le sein froid
Comme une grenouille en hiver.
N'oubliez pas que cela fut,
Non ne l'oubliez pas:
Gravez ces mots dans votre coeur
Pensez-y chez vous, dans la rue,
En vous couchant, en vous levant:
Répétez-les à vos enfants.
Ou que votre maison s'écroule,
Que la maladie vous accable
Que vos enfants se détournent de vous.
Primo Levi
N.B. : le site du ministère de l'intérieur: http://etat-a-calais.fr/