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Billet de blog 12 mars 2016

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Bernard Cazeneuve et le «miroir narcissisant» des militants à Calais

Le ministre de l'intérieur a lancé mercredi 9 mars 2016 une contre-offensive communicationnelle, en annonçant le lancement d’un site Internet pour « établir la vérité » face aux « manipulations et contre-vérités » et promouvoir l’action des pouvoirs publics à Calais....

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Le ministre de l'intérieur a lancé mercredi 9 mars 2016 une contre-offensive communicationnelle, en annonçant le lancement d’un site Internet pour « établir la vérité » face aux « manipulations et contre-vérités » et promouvoir l’action des pouvoirs publics à Calais. Sur ce site, il regrette que « certains organes de presse (aient) appelé un échec » le bilan de mise à l'abri des migrants réalisé en parallèle à la destruction de la« jungle » et déploré le « travail de désinformation cynique des passeurs, des No borders, et aussi de multiples secteurs dont la situation difficile des migrants constitue le miroir narcissisant de leurs préoccupations égotiques ».

Source: https://www.mediapart.fr/journal/france/091115/calais-jour-apres-jour-cazeneuve-critique-le-miroir-narcissisant-des-militants

A l'attention de M. Cazeneuve, et en guise de réponse, ce poème du grand Primo Levi:

SE QUESTO E UN UOMO

Voi che vivete sicuri 

nelle vostre tiepide case, 

voi che trovate tornando a sera 

il cibo caldo e visi amici:

Considerate se questo è un uomo 

che lavora nel fango 

che non conosce pace 

che lotta per mezzo pane 

che muore per un sì o per un no. 

Considerate se questa è una donna, 

senza capelli e senza nome 

senza più forza di ricordare 

vuoti gli occhi e freddo il grembo 

come una rana d’inverno.

Meditate che questo è stato: 

vi comando queste parole. 

Scolpitele nel vostro cuore 

stando in casa andando per via, 

coricandovi alzandovi; 

ripetetele ai vostri figli.

O vi si sfaccia la casa, 

la malattia vi impedisca, 

i vostri nati torcano il viso da voi.

(traduction)

Si c'est un homme

Vous qui vivez en toute quiétude

Bien au chaud dans vos maisons

Vous qui trouvez le soir en rentrant

La table mise et des visages amis,

Considérez si c'est un homme

Que celui qui peine dans la boue,

Qui ne connait pas de repos,

Qui se bat pour un quignon de pain

Qui meurt pour un oui ou pour un non.

Considérez si c'est une femme

Que celle qui a perdu son nom et ses cheveux

Et jusqu'à la force de ses souvenir,

Les yeux vides et le sein froid

Comme une grenouille en hiver.

N'oubliez pas que cela fut,

Non ne l'oubliez pas:

Gravez ces mots dans votre coeur

Pensez-y chez vous, dans la rue,

En vous couchant, en vous levant:

Répétez-les à vos enfants.

Ou que votre maison s'écroule,

Que la maladie vous accable

Que vos enfants se détournent de vous.

Primo Levi

N.B. : le site du ministère de l'intérieur: http://etat-a-calais.fr/ 

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