Sarkozy aurait du avoir le Prix Nobel de la Paix, pas Obama

Obama: Nobel Peace Prize 'A Call to Action' © Associated Press
Obama: Nobel Peace Prize 'A Call to Action' © Associated Press
Obama: Nobel Peace Prize 'A Call to Action' © Associated Press

 

Le Prix Nobel de la Paix 2009 laisse au public la meme impression désagréable que celle que le Président Obama a manifestement ressenti en se reveillant

 

Etant donné que le Nobel de la Paix n'est attribué qu'à une personne ou une organisation candidat à ce prix, on peut se demander qui a engagé les Etats Unis sur cette bien mauvaise voie.

 

Le Prix Nobel, avait-on jusqu'à present compris, récompense écompense « la personnalité ayant le plus ou le mieux contribué au rapprochement des peuples, à la suppression ou à la réduction des armées permanentes, à la réunion et à la propagation des progrès pour la paix » selon les volontés, définies par testament, d'Alfred Nobel.

 

Est ce que les Etats-Unis d'Amerique se trouvent engagés dans cette direction ?

Avec deux fronts ouverts en ce moment (Irak, Afpak), assurément non.

 

Mais surtout, le Commander in Chief est de facto placé en situation de devoir accepter des opérations favorables aux interets de son pays mais contraires aux principes implicitement défendus par le comité Nobel. Ca n'est pas etre anti-américain, au contraire, que de dire que le Président Obama est désormais placé en situation de soit devoir trahir les idéaux du Prix Nobel de la Paix, soit avoir les mains liées.

 

A contrario, il serait bon de rappeler que, entre fin de mandat de GW et JO, Mikhail Saakachvilia très imprudemment lancé son pays et son armée, moderne mais modeste en valeur absolue, dans une guerre contre un voisin peu disposé à négocier, fort, pensai-il, du soutien de l'OTAN qui avait, jusqu'alors, fait de la Georgie une des pieces clefs de son dispositif dans la Région.

Il y a beaucoup de choses à reprocher au Président Sarkozy, il y en a également à mettre à son crédit. L'energie déployée par Sarkozy à la tete de la Présidence tournante de l'UE pour faire s'assoir à une table de negociation les protagonistes (et accessoirement empecher l'OTAN de se voir forcer la main) en est une. Certes, Sarkozy n'etait pas seul. Une diplomatie en support, mais aussi l'intervention de Berlusconi ont permis de stopper le conflit, au moins dans sa phase armée. L'UE n'a pas su faire preuve de la meme efficacité en Yougoslavie, en Irlande ou sur des conflits plus lointain comme au Tchad.

 

Ce Prix Nobel de la Paix ayant donc échappé à Sarkozy, l'histoire nous apprendra, par ses enseignements ou par ses silences, comment Obama aura réussi à composer avec ce qui constitue désormais un boulet pour lui.

 

 

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