Prix MEDAYS : le Sénégal et son président à l’honneur

Une performance économique remarquée et une situation politique stabilisée font du Sénégal un nouvel exemple à suivre, notamment dans sa contribution à l'amélioration des rapports Nord-Sud.

Face aux « incertitudes » et aux « subversions », le Sénégal serait « un rempart et un phare pour le monde ». En décernant le prix MEDAYS à Macky Sall, l’institut marocain Amadeus ne se contente pas de citer le Sénégal en exemple international. Il salue également les progrès accomplis par son président Macky Sall.

Remis tous les ans par le laboratoire d’idées marocain, les prix MEDAYS sont attribués à des personnalités, institutions, organisations ou entreprises « ayant apporté une contribution déterminante au développement des pays du Sud, ou ayant eu une réelle valeur ajoutée dans l’amélioration des rapports Nord-Sud ou Sud-Sud ».

Ainsi, la remise de ce prix au chef de l’État sénégalais dans le cadre de la 12e édition du forum MEDAYS, considéré par certains comme le « Davos africain », est à la fois « une nouvelle consécration pour le président Macky Sall et une confirmation de l’exemplarité du contrat social sénégalais ». L’évènement, qui se tient du 13 au 16 novembre à Tanger, a pour thème la « crise globale de confiance » et « se penchera sur l’ensemble des questions liées à l’élément humain face aux multiples crises et fractures actuelles dans un contexte global d’incertitudes ».

Il faut rappeler que le Sénégal connaît une période de prospérité et de stabilité depuis l’arrivée au pouvoir de Macky Sall, en 2012. D’après les chiffres de la Banque mondiale, le pays affiche une croissance supérieure à 6 % depuis 2014 et devrait conserver cette dynamique dans les prochaines années. Pour l’institution financière internationale, ces bonnes performances ont permis de faire refluer la pauvreté monétaire dans les campagnes, grâce au secteur primaire, et dans les villes, grâce à la construction et aux services.

Mais ce n’est pas tout. La Banque mondiale souligne que les indicateurs non monétaires, notamment l’accès aux services et la détention d’actifs, sont également en progression. Résultat : la réduction du taux de pauvreté devrait s’accélérer, pour atteindre 31 % en 2020, contre 34 % en 2017.

Créer des ponts et faciliter le dialogue 

En reconduisant Macky Sall à la tête de l’État en février dernier, les Sénégalais ont plébiscité ce bilan positif et donné leur accord pour la poursuite des objectifs fixés par le président. Macky Sall s’est en effet engagé à « intensifier les acquis pour amener le Sénégal encore plus loin, encore plus haut dans le concert des nations prospères, libres et démocratiques ».

Une promesse ambitieuse, et qu’il a essayé d'honorer en mettant en place le Programme national des bourses de sécurité familiale, en promouvant la reprise en main par l’État de la protection sociale ou encore en présentant un projet de loi finances qui vise à améliorer la lisibilité de l’action gouvernementale : chaque programme est assorti d’objectifs précis correspondant au maximum à l’intérêt général.

A ce volontarisme s’ajoutent l’attitude volontiers conciliatrice du chef de l’Etat et sa disposition à faciliter le dialogue et le multilatéralisme. C’est ainsi que, dans un geste de réconciliation, Macky Sall a récemment gracié Khalifa Sall. Accusé de détournement de deniers publics, l’ancien maire de Dakar avait été condamné, en mars 2018, à cinq ans de prison ferme.

Pour le président sénégalais, le dialogue, la réconciliation et l'union sont indispensables pour consolider la prospérité et la démocratie au Sénégal. Sa réconciliation avec son prédécesseur à la tête de l’État, Abdoulaye Wade, montre l’importance que le président Sall accorde à l’apaisement politique dans un contexte de développement économique et social inclusif.

Parler vrai et lever les tabous

L’attitude réconciliatrice du président sénégalais devrait être à nouveau saluée à l’occasion du forum de Dakar sur la paix et la sécurité en Afrique, qui se déroulera sous sa présidence les 18 et 19 novembre.

Comme chaque année depuis 2014, le forum rassemblera de nombreux chefs d’État et de gouvernements africains, des militaires haut gradés en activité ou reconvertis dans le privé, des chercheurs et de multiples acteurs de la paix et de la sécurité. Le premier ministre français, Edouard Philippe, et sa ministre des Armées, Florence Parly, devraient également se rendre à Dakar afin de participer aux discussions concernant la sécurité en Afrique, en particulier la situation au Sahel, le terrorisme, les conflits communautaires et la défense numérique. 

Lors de la cinquième édition du forum, en novembre 2018, le président sénégalais avait marqué les esprits en appelant à « remettre en cause la philosophie même de la mission de maintien de la paix » des forces de l’ONU en Afrique, notamment au Sahel.

« Malgré les efforts de l’ONU, malgré la présence de Barkhane, on voit qu’il y a un problème d’articulation et d’efficience », avait déploré le chef d’Etat. « Lorsque les troupes des Nations unies sont réduites à rester dans le camp, en attente que les ordres viennent de New York ou d’ailleurs, pendant que les malfaiteurs s’en donnent à cœur joie, il faut revoir la nature de la mission. C’est une question simplement de bon sens », avait-il ajouté.

Pas de langue de bois donc. Le président sénégalais entend à nouveau donner son avis cette année afin de lever les tabous et de faire bouger les lignes.

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