Les partis politiques marocains : contre la loi ?

Les partis politiques marocains : contre la loi ?

 

Par : Adam BOUBEL

 « Sois le changement que tu désires voir en ce monde »

Mahatma Gandhi

« Tout parti politique doit être organisé et administré selon des principes démocratiques » dispose l’article 25 de la loi organique relative aux partis politiques.

Il fut un temps, où les partis, avant de proposer quelconque réforme que ce soit, l'appliquaient à eux-mêmes.

Plusieurs exemples peuvent être cités : le vote interne, la représentation des femmes dans les instances du parti, le respect du règlement interne et donc de la notion de l’Etat de droit…

Mais ce temps là est révolu ! 

Prenons comme exemple un concept assez vague mais très présent : l’arbitraire.

Pour être plus précis, traitons de l’arbitraire dans l’administration marocaine.

Avant 2002, les administrations n’avaient pas l’obligation de répondre aux demandes des intéressés.

Après 2002, les citoyennes et citoyens ont acquis le droit d’avoir une réponse de la part de l’administration pour toute demande. Si le délai de réponse est dépassé, la demande est considérée comme acceptée.

Voilà un passage de la situation d’arbitraire à une situation de Droit, un passage de l’arbitraire à l’Etat de droit.

Je ne dis aucunement que les rouages de l’administration fonctionnent comme ce qui est disposé dans les textes de loi, toutefois, aujourd’hui, nous disposons de garanties légales face à l’administration. 

Cela fut bien évidemment une des revendications de plusieurs partis et depuis de longues années.

En parallèle, aujourd’hui, les directions des partis ne respectent pas ce pourquoi leurs militants ont lutté pendant des décennies.

Pour illustrer mes propos, je citerai quelques exemples :

  • la demande, faite le 9 mai 2020, des membres de l’USFP de la région du Souss-Massa en vue de réunir le Conseil National du parti et qui n’a reçue aucune réponse de la part du président de cette instance ;
  • le refus de la part du directeur général du siège national du PJD, en septembre 2020, d’accepter une lettre signée par une centaine de membres du parti et qui demandaient l’organisation d’un congrès extraordinaire ;

Ce qui précède ne représente qu’une infime partie de la face émergée des abus et de l’arbitraire dans les partis politiques. Des cas similaires sont légion dans quasiment toutes les organisations politiques, syndicales, associatives marocaines.

Avant de se considérer comme une force de proposition au niveau national voir international, il faut réellement croire en ce qui est revendiqué, et cela en raccordant les actes aux paroles, en concrétisant cette volonté en actions. 

Il faut, à chaque fois, se rappeler la célèbre phrase, aussi simple soit-elle, de Gandhi : « sois le changement que tu désires voir en ce monde. »

Adam BOUBEL





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