Quelle approche participative pour la CSMD ?

Quelle approche participative pour la Commission Spéciale sur le Modèle de Développement ?

 

Par : Adam BOUBEL

Comment travaille la Commission Spéciale sur le Modèle de Développement ? 

Dans la rubrique « La méthodologie de travail de la Commission » du site Internet de la CSMD, il est écrit ce qui suit : « Conformément aux Hautes Orientations Royales, la Commission adopte dans le cadre de ses travaux, une approche participative, inclusive, ouverte sur tous les différents acteurs du développement et tous les Marocains ». La notion qui peut interpeller dans cette phrase est « approche participative ». Comment se traduit alors l’approche participative de la CSMD ?

On a pu voir dans la presse et sur les réseaux sociaux les « rencontres citoyennes» de cette Commission et de ses membres avec des citoyennes et citoyens de tous bords à Fès, Meknès, Taounat ou encore Khenifra, mais également les « retraites mensuelles » qui « sont l’occasion pour les membres de débattre de thèmes en lien avec la problématique du développement en invitant des experts travaillant sur certains sujets spécifiques ». Mais la méthode la plus participative qui est utilisée par cette Commission Royale est « la plateforme électronique ». Toujours selon le site officiel de la CSMD, « la Commission veille à la création d’espace de dialogue et de débats constructifs avec l’ensemble des forces vives de la nation, et suite aux instructions préventives prises par le Gouvernement afin de limiter la propagation du virus Covid-19, cette plateforme électronique a été mise en place afin de collecter les différentes contributions et propositions que les citoyens souhaitent soumettre, afin d’enrichir le débat public ».

Grâce à cette plateforme, nous pouvons à la fois contribuer à l’élaboration du nouveau modèle de développement, mais également lire les contributions des divers acteurs. Il y a d’une part les contributions d’organisations (partis politiques, syndicats, associations et fondations, contributions d’experts…) et d’autre part les contributions citoyennes. 

Cette initiative est très louable puisqu’elle assure une transparence et une démocratisation de la parole. Mais il y a toutefois un problème à signaler : le nombre de contributions.

En effet, lancée le 13 avril 2020, soit près de 6 mois, il y a lieu d'analyser ces contributions sur le plan quantitatif. Et les chiffres (qui datent du 9 octobre et qui peuvent changer) sont là : 858 contributions. Est-ce peu ? Est-ce trop ? 

 Les contributions sont restreintes à 16 secteurs prédéterminés par la CSMD :

  1. Éducation (230) ;
  2. innovation (88) ;
  3. santé (62) ;
  4. environnement des affaires (57) ;
  5. environnement climatique (53) ;
  6. monde rural (47) ;
  7. justice et libertés (46) ;
  8. régionalisation (45) ;
  9. emploi (40) ;
  10. fiscalité (39) ;
  11. culture (38) ;
  12. solidarité (33) ;
  13. jeunesse (32) ;
  14. entrepreneuriat (30) ;
  15. mobilité/transports (20) ;
  16. égalité homme-femme (9).

Les thèmes précités sont ordonnés en manière décroissante selon le nombre de contribution.

Que le nombre de contributions paraisse insatisfaisant ou suffisant, ces données peuvent représenter un sondage et qui, grâce au nombre de contributions pour chaque thème, peut, d’une certaine manière, déterminer les priorités des marocaines et marocains.

Adam BOUBEL

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