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Billet de blog 6 mars 2015

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Pour la fin de l’Affaire du voile

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Onze années plus tard, une scène identique semble se jouer sous nos yeux « médiatisant ». L’Affaire du voile, cette Grande querelle française, dixit Alain Finkielkraut, connait un nouveau rebondissement : des femmes et des hommes politiques de plusieurs bords, appuyés par des leaders d’opinion, alors même que les équipes dirigeantes de ces institutions n’ont porté en chœur aucune controverse sur le sujet, alimentent de leur parole publique, détentrice de la représentativité nationale, le débat sur l’interdiction du voile dans les universités.

Rappelez-vous ! Remémorez-vous ce congrès de l’UOIF d’avril 2003 organisé comme chaque année au Bourget ! Nicolas Sarkozy, celui-là même qui osa affirmer récemment, au mépris de lois humaines élémentaires telles que celles de la liberté, du respect et de la reconnaissance chez autrui du caractère sacré de sa personne, que « nous ne voulons pas de femmes voilées »  dans notre pays, Nicolas Sarkozy, disais-je donc, le ministre de l’Intérieur de l’époque qui était alors en quête perpétuelle du chemin le plus sûr pour se porter sur les hautes marches du pouvoir, avait relancé le débat sur le voile. Il l’avait fait comme l’on jette un pavé dans la marre afin de tirer des divisions provoquées les bénéfices électoraux attendus quelques années plus tard. Il avait exigé, sous les huées de la salle dans laquelle il intervenait, que les femmes posent tête nue lors de la prise des photographies devant être collées sur les pièces d’identité. Ce débat allait aboutir, dans un crescendo médiatique de plus en plus prégnant, à la loi d’interdiction des signes religieux à l'école du 15 mars 2004, mise en pratique dès la rentrée suivante, et ce, en contravention flagrante de l’Article 14 de la Convention internationale des droits de l’enfant que la France avait ratifiée.

Prenez-garde ! Prenez garde à ce que notre cher pays, la France, ne se dirige pas, comme en écho à ce précédent de 2004, encore plus vers le bout d’une pente descendante dangereuse, celle qui mène du bien vers le mal, celle-là même qui conduit de la disposition naturellement miséricordieuse du cœur vers la basse méchanceté de l’esprit de principe non-pensant.

N’oubliez-pas ! N’oubliez pas que tous, vous avez été enfants, des petits êtres innocents qui ressemblent tellement à ces écoliers à qui l’on interdit, aujourd’hui, et en certains endroits, d’être fiers de voir leurs mamans les accompagner durant leurs sorties scolaires parce qu’elles ont le tort unique d’être voilées ! A leur place, auriez-vous accepté cette injustice ? Comment réagiriez-vous si votre sœur ou votre fille se trouvaient empêchées d’étudier parce qu’elles auraient décidé de porter le voile ?

Ressaisissez-vous ! Car, électeurs du FN ou pas, vous semblez vous laisser facilement embarquer sur la surface d’une mer agitée par la discorde, dont vous ne prendriez pas la mesure exacte. Une mesure pourtant à la portée gigantesque, puisqu’elle se quantifie dans le legs empoisonné que vous réserverez à vos enfants si vous ne réagissez pas en vue de la recherche de la justice pour tous.

Prenez conscience d’un fait indéniable ! Nous vivons dans la mondialisation, un phénomène inédit de rétrécissement de notre planète, dont les effets seront, à tout jamais, inscrits dans la chair de nos destinées. Une sagesse temporalisée à notre époque devrait vous convaincre que nous sommes à l’aube, que l’on passe ou non par un nouveau cataclysme guerrier, de l’avènement d’une nouvelle ère, celle de l’acceptation du tous par tous.

Réfléchissez ! Est-ce que l’abolition du voile à l’université ou ailleurs vous fera gagner en prospérité ? En richesse ? En productivité ? En pouvoir d’achat ?

N’êtes-vous pas en train de devenir méchants avec autrui ? Ne l’êtes-vous pas gratuitement, sans lui laisser aucune chance de succès, s’il décidait, en toute souveraineté sur sa propre personne, et sans se mettre hors-la-loi, de ne pas se ranger sous le drapeau de ce que vous décrétez comme devant composer exclusivement l’être français ? Avez-vous oublié un certain nombre de faits avérés dans notre roman commun, dont, souvenez-vous, le sacrifice des soldats des colonies dans les deux guerres mondiales, ou, plus près de nous encore, leurs filles, ces mamans voilées dont on dirait presque que vous seriez prêts à interdire l’accès libre à l’espace public, qui ont enfanté des fils dévoués à leur patrie, comme ces deux malheureux, le policier Ahmed Merabet et le soldat Imad Ibn Ziaten, paix à leur âme ?

Indignez-vous pour la paix et le bien commun ! Défendez la doctrine universelle de la laïcité, qui, entendons-nous une fois pour toutes, est un principe institutionnel garantissant à tous, sans distinction aucune de race, de couleur ou de religion, la liberté et l’égalité !

Au risque de paraître naïf, je ne vous dirai que ces derniers mots pour terminer ce texte du cœur : Vive la République (la chose publique) ! Et vive la France (le pays du peuple libre) !

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