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Billet de blog 7 avr. 2022

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Appel du 7 avril 2022 en faveur de Jean-Luc Mélenchon

Sursaut républicain pour faire barrage à Marine Le Pen dès le premier tour !

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Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

Jamais, depuis les débuts de la Ve République, un parti d’extrême-droite n’aura été aussi proche de s’emparer du pouvoir. Selon les projections de second tour les plus récentes, Marine Le Pen est devancée d’une courte tête par Emmanuel Macron, ce qui situe leur écart dans la marge d’incertitude inhérente aux règles mathématiques adoptées par les sondeurs.

La raison principale de ce désastre envisageable pour la République tient en une proposition limpide : tous ceux, au cours des quatre décennies écoulées, qui ont eu la charge de conduire les destinées du pays, ont échoué à protéger les acquis des Français, leurs emplois comme leur niveau de vie. Les formations dites de gouvernement ont en conséquence perdu leur confiance.

Ce constat de déperdition s’est encore vérifié lors de l’actuelle campagne : elles ont été incapables de se relever de la destruction macronienne du bipartisme, qui s’était produite en 2017. Un bipartisme, il faut le souligner, qui avait structuré la vie politique de la Nation sur plusieurs générations, et eut l’insigne effet d’empêcher la conquête de l’Elysée par l’extrême-droite.

Pendant des années précieuses, la plupart des principaux médias ont par ailleurs fait perdre du temps à la France. A la recherche du buzz permanent, ils ont préféré jouer à l’apprenti-sorcier, plutôt que de remplir la mission qui leur incombait d’éclairer les citoyens, en leur présentant les options réalisables pour leur avenir.

Ils ont d’abord porté au pinacle un quasi-inconnu, qui ne s’était jamais confronté au suffrage universel, un certain Emmanuel Macron. Ils ont ensuite permis à Éric Zemmour, journaliste d’opinion condamné pour incitation à la haine raciale, d’infuser durablement dans le pays des idées contraires à la concorde nationale. Il n’est pas surprenant, vue la situation de délitement que nous vivons, qu’il soit parvenu à obtenir les 500 parrainages nécessaires à une participation à l’élection présidentielle.

L’Histoire jugera. Elle sera mieux à même d’établir la liste des fautifs de la dangereuse fuite en avant, qui a caractérisé l’évolution récente de la démocratie française.

Mais devons-nous nous résoudre à l’irrémédiable ? Sommes-nous les spectateurs impuissants de notre descente aux Enfers ? Ou formons-nous le peuple souverain, ce qui nous confère le pouvoir exclusif de décider du sort de la France ?

J’invite tous mes compatriotes, d’accord avec moi, qui prendront connaissance de cet appel, à dire NON à l’arrivée de l’intolérance à la tête de l’État !

En les partageant sur les réseaux sociaux, en les discutant dans l’esprit citoyen le plus pur, en les inscrivant sur les sites de pétitions en ligne, je leur demande d’acquiescer avec moi aux propositions suivantes :

  • Pour notre patrie des Droits de l’homme, nous éprouvons de la honte face à cette dure réalité : en l’espace de 20 ans, nous assisterions, avec une deuxième place prévue en faveur de Marine Le Pen le 10 avril, à la troisième qualification au second tour, sur les cinq dernières élections présidentielles, d’un représentant de l’extrême-droite.

  • Dans ce contexte, nous considérons que le maintien de Yannick Jadot, de Fabien Roussel, d’Anne Hidalgo, constituerait une décision irresponsable. Une arithmétique élémentaire doit nous convaincre qu’un désistement de leur part donnerait de grandes chances à Jean-Luc Mélenchon de passer devant Marine Le Pen, dès le premier tour.

    Compte-tenu de la probabilité, même faible, de voir cette dernière devenir présidente de la République, ces trois candidats se rendraient coupables d’un comportement capricieux, s’ils s’entêtaient à se présenter, alors même qu’ils ne disposent d’aucune chance de gagner.

  • Afin de provoquer la qualification d’un candidat de gauche au second tour de l’élection présidentielle, nous exhortons Jean-Luc Mélenchon à lancer sans attendre un appel. Par cette action, il adjurerait ses concurrents de la gauche de se retirer de la course, et leur donnerait rendez-vous le plus rapidement possible, afin qu’ils enclenchent ensemble une discussion féconde sur un accord de gouvernement.

  • Quoiqu’il arrive, dans l’optique de stopper la machine infernale qui porterait Marine Le Pen aux affaires, nous pensons que le vote pour Jean-Luc Mélenchon est le plus efficace qui soit. Nous appelons donc tous ceux qui prendraient connaissance de ce texte, à se déplacer dimanche dans les bureaux de vote, et à glisser dans l’urne le bulletin Mélenchon.

  • A ceux qui prédiraient que les législatives à venir, par l’imposition d’une cohabitation, pourraient transformer l’éventuelle élection de Marine Le Pen en victoire à la Pyrrhus, nous devons leur rétorquer qu’ils se trompent. Les vocables magiques de « majorité présidentielle » assureraient, à son parti et à ses potentiels alliés, le contrôle de l’Assemblée nationale. L’usage des institutions est tel que la nouvelle présidente n’aurait, de toute façon, aucune obligation d’attendre jusque-là pour nommer ses affidés aux postes ministériels.

  • Nous devons rappeler, à tous ceux qui l’auraient oublié, que la Constitution de la Ve République attribue des pouvoirs considérables au chef de l’État. En comparaison, le président des Etats-Unis ressemble à un nain institutionnel, devant compter sur un Congrès qu’il ne peut dissoudre, et sur 50 États jaloux des prérogatives que leur réserve l’organisation fédérale américaine. En tout état de cause, donner ces pouvoirs à la cheffe du parti d’extrême-droite, lequel hante la République depuis tant d’années, équivaudrait à un suicide collectif de la Nation.

Sans doute est-il trop tard, à moins d’une semaine du premier tour, d’éviter la qualification de l’extrême-droite. Peut-être avons-nous été trop distraits par la succession de crises qui ont touché la République – les Gilets jaunes, le covid-19, la Guerre en Ukraine –, nous interdisant d’anticiper la menace qui nous guette.

Afin de défendre le fonctionnement régulier de nos institutions, il ne nous reste plus qu’à diffuser largement cet appel. Pour que nos enfants ne nous reprochent pas, un jour, de n’avoir rien tenté…

Adel Taamalli

Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

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