Une amie, que j’aime beaucoup pour sa clairvoyance, me racontait une histoire qui se passe dans sa campagne, aux pays des chevaux, des sangliers (c’est d’ailleurs un sanglier le héros) au milieu des étangs fourmillant de poissons et autrefois... de malaria. On comprend le risque de contagion au reste de la France.
Cette amie donc s’est permise, dans sa grande folie mégalomaniaque, de faire un post de deux lignes sur un réseau social pour faire remarquer qu’il était étrange, pour un maire, d’inviter via un formulaire ( type : viendra/viendra pas) , distribué à l’école publique de sa ville , les élèves à se rendre à la messe, dans le cadre « de la cérémonie du 8 mai 1945 ».
Un peu plus tard, elle se retrouve à un pince fesse en compagnie de la fleur locale. Elle salue le maire, comme il se fait… « Je ne sais pas si je dois accepter ton bonjour ! » hurle notre sanglier local, créant l’événement dans cette honorable assemblée. Notre amie s’étonne du regard et voit tous les supporters de l’équipe adverse, qui sont pourtant ses frères militants, s’éloigner d’elle avec prudence. On ne chantera jamais assez, la belle solidarité des sangliers mâles, dans les bois… « Je n’ai aucune leçon à recevoir de toi, en terme de laïcité !» hurle le sanglier élu et de lui brandir avec fureur une médaille (un équivalent de son diplôme de Galop 4, je présume ) mais qui, malheureusement, ne s’avérait pas d’une pertinence totale dans la discussion. Sur ce, il s’avance vers elle, petit mais fort massif (c’était peut-être un diplôme de galop 2 finalement), et a l ‘air tellement menaçant qu’elle se tait prudemment, car la docte assemblée semble convaincue par cette formidable médaille, signe d’un pouvoir financier évident, précisément dans cette ville, économiquement liée aux chevaux.
D’une part on expliquera pourquoi cet éminent personnage connaissait le post de mon amie, qui n’est pas une princesse qatarie en exil. C’était du fait d’une journaliste de presse locale, qui avait trouvé elle-même la remarque assez pertinente (!) et l’avait donc relaté dans le journal local. Un bon point. Par contre, on devrait malheureusement, mettre aussi un avertissement pour le travail, car il semble que depuis cette dernière ait cavalièrement préféré le charme des chevaux à celui de son métier et bien qu’au courant de tout, est choisie de ne pas faire le suivi de l’affaire. Pourtant…comment dire…le dossier était costaud et son article a des conséquences.
D’autre part, on s’étonne qu’un tel fougueux pur-sang, ayant réussi à faire la route au galop jusqu’au trône municipal, n’ai pas en chemin retenu le B-A BA de la formation, à savoir que les leçons les plus cruciales qu’il peut recevoir, viennent justement... de ses administrés. Il serait éminemment stratégique qu’il s’en souvienne car, comme c’est un fléau qui est devenu la grande habitude de notre démocratie ; il ne faudrait pas qu'un matin, comme dans Asterix, il se reçoive, en bon romain, un menhir sur la tête. Je répète donc : Un maire qui n’écoute point les habitants de la commune et les menace d'une manière ou d'une autre, est un mauvais maire. C’est vraiment un truc important à piger, j'insiste, même pour moi qui n’ai jamais été maire.
Par contre j’ai de la chance, je connais un bon maire. Non que ça soit simple, car il est de la même écurie que le sanglier dont je n’aime pas le jockey gagnant, mais enfin j’ai tout de même toujours voté pour mon maire qui protège.…les intérêts et valeurs des habitants de la commune. Moi, comme citoyenne, c’est ce que j’attends de lui et j’ai observé dans ma ville, qu’il n’y a que par le dialogue que l’on construit un lieu de vie consensuel dans un contexte multiple, même avec des prétentieuses.... je veux dire des femmes clairvoyantes.
Enfin maintenant mon amie a « un peu la trouille », un peu comme quand on roule la nuit dans les forêts de par là et que l’on craint de se ramasser un sanglier sur le pare choc. Quand elle a demandé à ses « bons copains » militants d'expliquer leur debinade, ils ont clairement répondu qu'ils avaient eu peur. Dans les petits bleds, tout se sait et les ambiances tournent vite en ronds « pas très cools », odeur de bulles d’étang, c'est un point qui donne sûrement à réfléchir…
A titre de réflexion, histoire par exemple, que la journaliste apprenne quelque chose, la femelle du sanglier s’appelle une laie. Bref, c’est dire comme cette histoire est moche et donne envie de s’enfuir (à cheval) d’un coin pareil…
NB : Voilà le formulaire, si le lecteur veut le remplir pour mai 2015 (il n’a qu’à dire qu’il l’a eu en retard par l’école!), avec un peu de chance il gagnera le panier garni .