Note de service: les français sont des enfoirés.

 Comme il semble toujours accablant d’entendre un homme ivre mort clamer: « Toutes des salopes sauf ma mère ! », j’éviterais une phrase du genre « Tous des salops sauf Jacques Myard ! », mais je crois que c’est uniquement parce que je ne bois pas. Il faudra d’ailleurs que je m’y mettre, après ce que j’ai entendu. J’étais donc hier l’invitée de J.Myard, député, à un Colloque intitulé « La France peut-elle retrouver une diplomatie indépendante ? », titre ô combien pertinent quand l’EI, fort stratégiquement, vient de s’emparer de Palmyre, devantarrow-10x10.png les avions de la coalition qui tricotent.

Je ne connaissais pas personnellement Monsieur Myard mais je l’avais remercié par écrit d’avoir bravé les feux en se rendant en Syriearrow-10x10.png avec d’autres acolytes pour tenter de jeter des cordages en vue de reconstruire une diplomatie française en Syriearrow-10x10.png et par la même, au Proche Orient. Voici ma lettre de remerciementarrow-10x10.png : cliquez-là .

C’est comme ça qu’hier j’étais à l’Assemble Nationale, salle 6217. Nous étions au moins 250 dans lequel une majorité de mâles quinqua en costume noir, sentant bon leur bureau climatisé du MAE, voire plus obscurs, beaucoup de sexta, toujours en costume noir dont on comprenait bien qu’ils occupaient de gros postes genre ambassadeur pour un tas de pays allant de la Russie aux plus petits et enfin quelques rares femmes soient assistantes parlementaires et attachées de presse, soient en larmes comme la dame syrienne très chic que j’ai croisé dans la queue, soit « ovniesque » comme  la seule femme qui monta sur l’estrade en 4h30 de discussion, ou moi et une autre dont on se demande vraiment….enfin bref. 5% de femmes.

Trois tables Ronde au nom prometteur : « La nouvelle donne :un monde sans pilote ? », « Une France prisonnière de ses alliances? »  et « Pour une politique indépendante »

Jacques Myard a ouvert le colloque en disant simplement qu’il fallait que chacun dise ce qu’il pense et sans tabou. Pas de langue de bois. Comme on était à l’Assemblée d’aucun aurait pu être tenté de ne pas le croire, mais après tout nous n’étions que dans la salle 6217, pourquoi ne pas jouer à dire ce que l’on pense…au sous-sol.

Introduction par Pascale Boniface qui est toujours aussi brillant, toujours à l’ISIS et qui nous expliqué avec cette facilité des gens qui vivent fort bien de leur passion que le monde n’était pas bipolairearrow-10x10.png et que la tentation d’un monde « The West » versus « The Rest » était une connerie. Le monde est désormais un lieu de multiples rapports de force dont il faut tenir comptearrow-10x10.png et essayer de les modifier quand cela nous semble important. Résolument optimiste il nous a démontré ensuite que « la France etait un pays occidental …mais pas que ça » et que donc nous devions « construire un message spécifique faisant que notre intérêt national entre dans l’intérêt commun ». Sur ce il a rajouté une phrase sur la Syrie, pour dire qu’à son avis si la France n’avait pas le feu vertarrow-10x10.png, pardon « trouver un accord », du Conseil de Sécurité de l’ONU pour y aller, il ne fallait pas le faire. Sur ce, il est parti.

Ma lointaine voisine syrienne s’est un peu arrêtée de pleurer, interloquée. D’un autre côté, de notre sous-sol, elle se doutait bien que nous n’allions pas aider Zénobie ni quelques arpents de Syrie à éviter l’égorgement. Mais autant ce qu’a dit Pascal Boniface était une parfaite mise en bouche, autant l’actualité brulante montrait déjà que la schizophrénie a pris la parole dans notre pays.

De la première table ronde, j’ai tout d’abord retenu que le rôle de modérateur peut être plus ou moins bien tenu. Par contre les exposés étaient passionnants, surtout celui de Xavier Raufer, directeur des études,-les Menaces criminelles contemporaines, à Assas (Paris II ). D’une part il a cadré les choses : en nous rappelant le concept d’infosphère qui regroupe « ceux qui ont le pouvoir de faire et ceux qui ont le pouvoir de dire » mais en regrettant qu’en France maintenant cette dernière soit totalement séparée et méprisante de l’opinion publique. « le drame  est que le peuple n’est donc au courantarrow-10x10.png de rien, il ne peut rien réguler »

 J’ai cru que j’allais monter sur l’estrade pour l’embrasser.

De ce drame il nous a cité trois exemples percutants, dont j’ai compris que :

La Libye est devenue l’épicentre d’un système criminel beaucoup plus gourmand que Kadhafi,

La tentation de légalisation du cannabis va foutre encore plus de vie en l’air,

et enfin l’Iran et la Syriearrow-10x10.png ont des systèmes de défense extrêmement respectable par leur efficacité et il est donc de notre intérêt de se les garder sous le coude car ce genre de savoir-faire évite les guerre civiles. Il faut donc leur foutre la paix.

Je vous le dis avec mes mots car sinon je vais rentrer dans un style universitaire où moi-même , je ne me comprendrais plus.

Il a conclue par un très calme « cela nous éviterait de geindre sur des cercueils » et j’ai cru, ce coup-ci que c’était ma voisine syrienne qui allait l’embrasser, tant l’actualité lui donnait raison.

La seconde table ronde animée par un très médiateur Christian Chesnot, Grand reporter et écrivain, devaitarrow-10x10.png justement parler entre autres de la crise syrienne et on nous a d’emblée annoncé qu’il n’y aurait pas de débat avec la salle car on avait pris du retard. Dans la mesure où Christian, que j’avais réussi à choper quand il sortait des toilettes, m’avait dit que j’avais « bien fait de ne pas rempiler au Monde, c’est devenu la Pravda », j’étais en gros prête à tout.

Donc pas de question pour l’instant.

De tout façon, l’exposé brillantissime d’Alain Cotta, économiste de renom, a fini de me convaincre que les questions ce n’était plus la peine de s’en poser..... C’était lapidaire (ça aurait fait plaisir à l’EI): La mondialisation a deux conséquences principales: une économique : l’ l’ouverture de l’espace mondial et une politique : il n’y a plus de démocratie. « C’est l’oligarchie qui a triomphé partout. Cette oligarchie a plus ou moins 4 composites : les entreprises, les politiques, les globo-riches et les services secrets. »

 Circulez il n’y a rien à voir ! Le contre pouvoir du peuple, c’est dans la tête. Vous avez pigé là ?

Ah.

Allez sur Google pour vous renseigner sur le CV de Cotta, c’est tout ce que je trouve à dire…

Avec ça, on va attaquer la troisième table ronde, après quoi « il y aura les questions de la salle »….donc tout le monde écoute bien poliment.

Encore des gars remarquables qui nous ont expliqué les atouts de la France. Bon, on en avait et on en a encore manifestement. ça fait plaisir, il n’y a pas que la Tour Eiffel, les danseuses légères et le Beaujolais nouveauarrow-10x10.png

On a des services secrets au top, des universités au top et une population très créative (surtout technologiquement parlant).

Dans les intervenants j’en retiens deux. François Nicoullaud, ancien ambassadeur de France en Iran et analyste de politique Internationale, qui m’a consterné de cynisme mais qui disait surement vrai. « En Orient, nous avons choisi une ligne à laquelle nous nous tenons : le pivot du Monde arabe est l’Arabie Saoudite. On aime ou on aime pas mais c’est comme ça et ça ne date pas d’hier »

Yes man ! En effet nous suivons les Etats Unis, c’est une évidence « mais nous en sommes aussi le poil à gratter » …..

Merveilleuse mission que celle de la France non ?

Il n’y a qu’à ce gars-là que j’ai posé une question.

J’ai demandé « Excusez-moi, mais en Syrie, en quoi sommes nous le poil à gratter ? et si oui de qui ? ». J’avais posé ma question à ce monsieur très précisément mais Monsieur ex-ambassadeur a dû trouver que les femmes ça parle trop et a marmonn un truc hors du micro. Renaud Girard, grand reporter au Figaro et médiateur lui a repliqué « Ah ben si quand même! Il faut lui repondre… » Un blanc.

Alors Renaud Girard, journaliste, m’a répondu, pour l’Etat français dirais-je… « Mais si …c’est très simple….Quand il avait été convenu que  l’on ferait sauter Assad avec les USA, ces derniers nous ont lâchés donc notre poil à gratter a été mis dans un placard. Question suivante »

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 Pardonnez-moi, mais je n’ai pas que cela à faire car j’ai deux enfants à nourrir et après tout, je ne suis que lectrice de Mediapart.( !)

Je vous ferais, as soon as possible, la suite des interventions ainsi que mes conclusions et je vous mettrais le programme. 

 

J'écris au sujet de la syriearrow-10x10.png depuis 5 ans.

Voici le lien vers mon dernier papier. Vous trouverez ensuite facilement les autres...

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