Remerciements à quatre élus français partis en Syrie.

« A ces mots on cria haro sur le baudet.
Un Loup quelque peu clerc prouva par sa harangue
Qu'il fallait dévouer ce maudit animal,
Ce pelé, ce galeux, d'où venait tout leur mal. »

 in « Les animaux maldes de la peste ». Jean de la Fontaine

 La France est tout de même un pays curieux.

A l'heure où la liberté d'expression est prétendument à son top, on n'en fini pas de tomber à bras raccourcis sur la liberté de penser. J'en prends pour exemple la visite de Gérard Bapt ( député PS) Jacques Myard (député UMP) François Zochetto (Sénateur UDI) et Jean-Pierre Vial (sénateurUMP)  à Bachar Al Assad.

Ces messieurs ont prudemment expliqués qu'ils y allaient pour « des raisons personnelles » ce qui semble une façon assez évidente de dire que sûrement ils ne « sont les porte parole de personne ». Ils voulaient discuter, mieux comprendre...

 

Drame.

 

Il faut croire que maintenant le temps de « la discussion » est révolu.

On n'a plus rien à discuter, on n'a d'ailleurs plus rien à comprendre : tout est dit et on a tout compris. Et c'est tout, merci Charlie.

 Le fait que « la révolution » contre « le boucher » ne marche pas, le fait que les frappes de la coalition contre l'EI ne marchent pas, le fait que beaucoup de syriens comptent les morts et expriment leur lassitude, leurs doutes, leur douleur face aux événement depuis 4 ans, ne semblent pas poser question à l'Elysée.

« C'est risible » explique un ex-diplomate, dont on suspecte qu'il travaille maintenant au journal Le Monde.

« Si l’on avait des messages à faire passer à Damas, ce n’est pas sur Bapt que l’on compterait », confie un conseiller de François Hollande.

Bref, le message est clair: ces pauvres gars, pourtant élus pourrait-on opposer, ne sont ni crédibles, ni intéressants, ni même digne de respect.

 

J'en reste sans voix.

Terrifiée par tant de bêtise.

COMMENT ?

POUR UNE FOIS QUE DES ELUS BOUGENT DANS LE SENS DU DIALOGUE ET DE LA RECHERCHE DE SOLUTION EN SYRIE, il faudrait leur tomber dessus?!

 Pourtant, pourtant que l'on se rassure, ces messieurs ont payé leur hôtel et leur avion. Ils ont sans doute bu un vague verre de jus d'orange avec Bachar, mais ils ne nous ont rien coûtés.

Pourtant, pourtant que l'on se rassure, ils ont bien précisé « ne donner l'absolution à personne »

Pourtant pourtant, pourrait-on espérer, ils ont bien dû glaner quelques informations...

Pourtant pourtant, pourrait-on faire remarquer, si personne ne se bouge un peu les fesses, comment va-t-on savoir ce qui se passe puisque l'on a fermé l'ambassade de France à Damas...

Pourtant, pourtant, pourrait-on rappeller, l'EI ne pourra être vaincu que par des attaques au sol et Raqqa, la capitale de l'EI, est en Syrie.

Pourtant pourtant, pourrait-on regretter, la situation nous est si extraordinairement favorable qu'un rien d'humilité pourrait presque même, oui........s’avérer une preuve d'intelligence

 Enfin bref, on aurait "même" pu voir cette visite comme une idée géniale, une urgence absolue, comme un début de déblocage du merdier dans lequel nous sommes, dans lequel les syriens sont, dans lequel le Liban est.

 On aurait pu.

 

« Moi présidente », en tous cas, avant d'être si sure de moi, je l'aurais fait.

Alors même si je ne suis pas présidente, je le fais.

Je vous le dis : Messieurs il faudrait en élire un peu plus comme vous et vraiment MERCI. Merci de cette intelligente démarche.


 NB: Vous pouvez retrouver les liens vers tous mes papiers sur la Syrie depuis 2011 sur Mediapart, en bas de mon dernier billet, en cliquant ici.

 

 

 

 


 

 

 

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