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Billet de blog 2 févr. 2013

Phylactère ligérien 2/99 Où il est question de réponse culturelle...

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La naïveté des citoyens est le patrimoine que font fructifier les politiques! A Tours, ni plus ni moins qu'ailleurs.

Qu'une pétition1 tempête à propos de l'étouffement auquel serait promis l'offre cinématographique de l'agglo, sitôt l'on interpelle l'édile, le grand manitou sensé réaffirmé l'intérêt général en cette matière, comme en toutes! Démontrant juste que l'on a formé des bataillons de pétitionnaires!

Or, s'il est bien un domaine où l'intérêt général aura été démonétisé sour le règne de Germain, c'est la culture! Ici, elle ne semble pas soucieuse de brassage social ni d'accessibilité des publics. Les exemples seraient légions. Juste pour ne pas hypertrophier l'indignation en la matière : pourquoi les bénéficiaires des minima sociaux ont-ils droit à une séance réservée annuellement au CGR, parce qu'ils ne sauraient se mêler aux autres usagers si on leur en offrait la possibilité, qu'ils choisiraient le mauvais film, la mauvaise affiche, qu'ils économiseraient un discours aux officiels!? Pourquoi tant d'institutions passées sous régie municipale, dernière en date la cinémathèque pour rester dans le giron cinématographique, cette gouvernance obsolète symptomatique du seuil de la déléguation qu'est prête à envisager l'équipe municipale... autre fait d'arme retentissant, la tenue du Festival Cinéma et Politique en octobre 2009 aura brillée par son nombrilisme ravageur. Non des moindres paradoxes, lors de la remise des prix2, au demeurant le palmarès fut excellent, songez, 8th Wonderland3, pas la moindre des moindres bobines de ce début de XXI ième Siècle, et bien le compère Germain de blâmer son homologue lochois qui avait des visées évènementielles également. On sait qu'elle suite advint à cette manifestation montée pour ne pas être pérenne, montée comme une tribune supplémentaire au Stade de la Rive du Cher, pour servir la comm' et la générosité financière d'un alors candidat aux sénatoriales...

Alors pourquoi ne pas abonder cette pétition, pourquoi être critique envers toutes les parties!? Parce que tout bien considéré, interpeller Germain, sur quelque question que ce soit et au rythme de réponse qui est le sien ne semble pas approprié, sauf à vouloir lui garantir un mandat supplémentaire. Or, je prône le non cumul des mandats dans le temps. Et je vais vous entretenir d'un autre problème, d'échelle, celui-là!

Dans l'esprit jalonné d'établir une Slow City voici quel serait l'esquisse des contours de son versant culturel. Celui-ci vise la promotion d'un établissement public géré sous forme de SCIC chargé de la culture sur le territoire, qui ne mélangerait pas budget com' et considération city branding avec une mission d'intérêt générale, rendrait accessible les pratiques amateurs et professionnels pour tous. Ce qui revient à reprogrammer les équipements appartenant au CG, à la ville et à l'Etat, rien de moins.

Mais surtout, sans fétichisme. Et en changeant de braquet, le parallèle avec l'établissement de Zones 30 me semble évoquateur ici, que chaque comité de quartier le revendique et que certains l'obtiennent, Blanqui mais pas (encore) Velpeau, témoigne d'un manque de cohérence d'ensemble, les Conseils de Vie Locales sont-ils en mesure de jouer un rôle en la matière, les derniers délibérés accessibles via la site de la Mairie remontent à 20104. Que voulons-nous voir circuler dans notre espace public, quelle emprise acceptons-nous!? Je clame ici, qu'un entre Loire et Cher entièrement classé en Zone 30 est un objectif vital.

Donc, s'agrègerait autour du Musée, du Conservatoire et des Studios, un espace transdisciplinaire ouvert et précurseur. Précurseur, en ce qu'il offrirait aux publics une reconnaissance de leur appétit à se forger leurs propres cartes mentales, à l'instar des lecteurs du Jeu des Perles de Verre de Hermann Hesse qui ourdissent tous selon leurs ferments d'utopies. Ouvert, en ce que ce périmètre verrait abattu tous les murs d'enceintes afin de constituer un campus cognitif, sorte d'hommage au discours d'Antoine Chrysostome Quatremer de Quincy, quand chargé de la « programmation » du Panthéon, il préfigurait une réelle agora... Un espace transdisciplinaire, pour que l'ensemble des savoir-faire artistique du territoire cessent de fonctionner de façon segmentée et jalouse d eleurs pré-carré, parce que vous comprenez les valeurs de la musique baroque et du jazz, de la performance et de l'enluminure, vraiment, non, vous comprenez, c'est pas compatible...

Avec remise à plat du projet d'aménagement des abords intérieurs du parc du musée des beaux-arts, des ateliers plutôt qu'un énième salon de thé...

Quid du projet de déménagement de l'école des beaux-arts, pourquoi pas requalifier le Château de Tours qui s'ébat dans sa mornitude et celle de ses alentours? Quid de l'ancien site du Rex fermé en 2002, il était alors géré par CGR... Quid de l'ambition de Thomas Lebrun de doter Tours Centre d'un espace consacré à la Danse Contemporaine?

On le voit certaines questions surgiront qui mériteront d'avoir été évoqué en amont...

Alors, si cette contribution semble faire fi de certaines données et sembler cavalière, je vous dirai qu'un territoire qui a consenti à laisser la charge de reprendre le Bateau Ivre à une camarilla affinitaire, alors que l'origine du collectif était socialement innovant a déjà perdu beaucoup trop de temps.

Et que laisser Germain et ses obligés à la manoeuvre, ne permettrait à la ville que d'étouffer un mandat supplémenatire.

p.s. : S'il n'y avait qu'une chose à craindre de la reconduction, c'est que la subvention du Plessis théâtre qui atteint déjà 100.000 dans le dernier budget continue d'augmenter, en vertu de quels critères, de quels évaluations, sinon la gabegie, qui s'est rendu au Plessis Théâtre a souffert la suffisance du lieu et la prétention des hôtes à faire de la recherche théâtrale.

p.p.s.: les liens morganatiques entre la SEMIVIT et les acteurs culturels sur la place de Tours ont pris récemment avec l'éviction des squatteurs du 244 une tournure politique mal tempérée. Qu'un lieu qui fut originellement ouvert à la pince monseigneur et qui ne bénéficia pas d'une reconnaissance immédiate, soit maintenant relogé aux bons soins de la SEMIVIT qui peut en plus accroitre l'emprise bitumo-bétonnière sur le territoire, on a envie de clavarder bof! Mais chaque territoire a les acteurs culturels qu'il mérite. Ce propos ne vise pas à dédouaner les squatteurs de leurs conduites envers les collectifs résidants, il se penche juste sur la façon dont la balance semble réglée en faveur des uns et en dépit des autres, cette façon persistante de régner par la division qui fleure tant cette gouvernance qui nous perclus d'inertie.

1http://www.petitions24.net/soutien_studio

2http://www.lanouvellerepublique.fr/Indre-et-Loire/Actualite/24-Heures/n/Contenus/Articles/2012/04/08/Cinema-et-politique-des-regrets

3http://fr.wikipedia.org/wiki/8th_Wonderland

4http://www.tours.fr/263-fonctionnement.htm

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