DOSSIER SYSTEME SANITAIRE EN GUYANE 3/3

LA SANTÉ DES GUYANAIS SACRIFIÉE SUR L'AUTEL DU PROFIT ! Depuis plusieurs années de trop nombreux faits divers viennent nous rappeler l'état catastrophique du système sanitaire guyanais. Dans la dernière partie de notre étude, nous allons tenter d'entrevoir des solutions adaptées aux spécificités guyanaises.

 Pour un système sanitaire en phase avec les besoins de la population

 Face aux constats réalisés dans les deux premiers volets de notre dossier, nous devons imposer des solutions pérennes pour notre pays. Nous devons nous doter d'un système sanitaire en phase avec les besoins de la population.

 Cela passepar la mise en place d'un Centre Hospitalier Universitaire qui permettrait de former nos médecins, sages-femmes, Infirmiers Anesthésistes, Infirmiers de Bloc Opératoire, etc., ainsi que d'attirer de nouvelles compétences. Des services nécessaires, actuellement absents, pourraient être développés, tels que un service de soins intensifs cardiologiques ou neuro-vasculaires, un service de radiologie interventionnelle, des services de chirurgie thoracique, de neurochirurgie et de chirurgie maxillo-faciale, un service de radiothérapie (traitement des cancers), un service d’hématologie clinique ainsi qu'un service d'Aide Médical à la Procréation complet. Pour une équité dans l’accès aux soins et face à la démographie rapide de Saint Laurent, on pourrait imaginer un CHU qui regroupe plusieurs établissements sur le territoire tel que le CHAR, le CHOG ou encore le CMCK, ainsi que l'ensemble des Centres de Santé disséminés sur le territoire.

 Les besoins de santé de la population passent également par la création de deux hôpitaux avec une maternité de niveau I (accouchement à bas risque) à Maripasoula et à Saint Georges de l'Oyapock. La particularité géographique de ces deux structures pourrait laisser supposer la mise en place de partenariats internationaux avec le Brésil et le Surinam, pour soigner indifféremment la population des deux cotés des frontières.

 Évidemment le financement de telles structures dépendrait du statut de la Guyane, en tant que territoire français ou comme état indépendant. Cependant, le développement structurel de notre système sanitaire ne peut pas attendre une éventuelle évolution du statut de la Guyane. L’État français doit faire les apports nécessaires pour sortir les hôpitaux de Guyane de leur dramatique situation financière et crée au plus vite un CHU pour offrir une offre de soins adaptée aux besoins de la population guyanaise. De plus, l’État français doit modifier le mode de financement de nos hôpitaux, en supprimant la T2A et en repassant à un système de dotation globale qui prendrait en charge toutes les particularités guyanaises.

 

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