Entre K. Marx et A. Smith.

Je propose une refonte complète de la grille des revenus en fonction de la notion de potentiel d'utilité sociale.On ne peut pas envisager une économie alternative issue de l'économie libérale existante tant celle-ci est corrompue, dans tous les sens du terme. En effet, en matière de rémunérations, c'est actuellement et de plus en plus le règne du grand n'importe quoi. Que des quasi analphabètes, dont la capacité à se rendre utile est proche de 0, soient payés jusqu'à 30 fois plus qu'un médecin est non seulement moralement intolérable mais d'un point de vue pratique totalement destructeur dans le cadre d'un système organisé. Or un système économique, à la base de toute vie en société, se doit d'être hautement organisé. Dans ce domaine, l'à peu près ou, pire, le laisser-aller qui est de règle actuellement ne peut conduire qu'à une fin inéluctable de la civilisation.D'où l'urgente nécessité de repartir sur des bases saines, totalement revues et corrigées.La prise en compte du potentiel d'utilité sociale permettrait de mettre fin à tous ces abus qui sont devenus aussi extravagants que monnaie courante et dont on voit les effets dévastateurs dans tous les domaines de l'existence.En matière de rémunérations selon l’emploi exercé, il conviendrait donc d’opposer cette notion de potentiel d’utilité sociale à celle qui a cours dans le système libéral et qui repose, comme pour tout le reste, sur la loi de l’offre et la demande. Non pas qu’il soit souhaitable de rejeter l’utilisation de ce principe qui a fait ses preuves dans le cadre commercial et qui comporte son propre mécanisme d'autorégulation mais de le réserver strictement au domaine des marchandises. Ni l’homme, ni les services qu’il peut rendre à la société ne doivent être considérés comme une marchandise.

A partir de cette idée, il y aurait de quoi échafauder tout le système économique qui ne serait pas, cette fois, de type égalitaire comme feu le paradigme communiste ou inégalitaire comme le système libéral actuel mais un modèle d'équité et de justice sociale.La notion d'utilité sociale:L'homme n'a que deux ordres de besoins à satisfaire: ses besoins matériels que sont son alimentation, son logement, etc. et ses besoins spirituels que sont ses divertissements et ses satisfactions culturelles, cultuelles, etc.L'utilité sociale pourra donc se décliner selon ces deux aspects, donnant lieu à une utilité matérielle d'une part et à une utilité spirituelle d'autre part.Parallèlement aux rémunérations liées à l'utilité sociale, des revenus purement commerciaux pourront subsister à la condition d'être rigoureusement contrôlés et réglementés pour éviter les dérives actuelles.Quoi de neuf au niveau des entreprises ?

Dans l’entreprise, il n’appartiendra plus aux dirigeants de fixer le niveau de rémunération des salariés. L’homme n’étant pas une marchandise, il doit être comptabilisé en tant qu’élément doté de son potentiel d’utilité sociale. Le chef d’entreprise gardera toutes ses marges de manœuvres pour faire fructifier son affaire à l’exception de cette variable d’ajustement humaine dont il n’a jamais fait qu’user et abuser. Et dans la mesure où chaque entreprise sera soumise au même régime, la concurrence pourra continuer à s’exercer normalement, comme auparavant, mais sans que cela se fasse au détriment des salariés comme c’est le cas dans le système libéral.

Un système économique alternatif pourrait donc se résumer à cet unique aménagement qui porte essentiellement sur le mode de répartition des richesses. Un mode de répartition qui est aujourd’hui, à force d’abus et d’usage inconsidéré, totalement malade et inopérant.

Si du seul point de vue fonctionnel, cet aménagement peut d’emblée se comprendre comme indispensable, le gain en matière de respect des valeurs humaines n’en serait pas moins considérable, voire révolutionnaire dès lors qu’un rapport de soumission par le salaire ne serait plus nécessaire à la bonne marche des entreprises.

Modalités du potentiel d’utilité socialeFixer le niveau des rémunérations en fonction du potentiel d’utilité sociale reviendrait au politique et ne serait plus soumis à la discrétion du patronat. Le potentiel d’utilité sociale serait affecté de coefficients divers en raison de facteurs de pénibilité, de dangerosité, etc. susceptibles d’accompagner l’exercice de certains emplois.

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