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Billet de blog 19 juil. 2019

Les écoles Steiner-Waldorf au crible de la recherche universitaire

Une grande étude scientifique a été réalisée en 2012 sur plus de 800 élèves d’écoles Steiner-Waldorf. Présentant une synthèse de cette étude, le journal Die Welt rapportait à l’époque que les élèves des écoles Steiner-Waldorf apprennent avec davantage d’enthousiasme et moins de pression scolaire et qu’ils sont plus indépendants.

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Malgré ses 100 ans d’existence et un succès mondial, le grand public et les autorités restent parfois méfiants vis-à-vis des écoles Steiner-Waldorf. « Cette pédagogie réformatrice, est souvent objet de débats et considérée avec scepticisme, relevait Die Welt en 2012. L’une des raisons est qu’il est difficile d’évaluer les pédagogies alternatives. L’éducation Steiner-Waldorf ne fait pas exception à ce niveau, même si elle est historiquement la plus établie des pédagogies alternatives. »

Envie d’apprendre

Le projet de recherche de l’Université Heinrich Heine de Düsseldorf, dont les résultats furent publiés en 2012, fut l’une des premières grandes études se donnant les moyens d’évaluer l’expérience éducative dans les écoles Steiner-Waldorf. « Plus de 800 élèves de dix écoles, âgés de 15 à 18 ans, ont été interrogés. Résultat : par rapport aux élèves des écoles publiques, les élèves Steiner-Waldorf apprennent avec plus d’enthousiasme, s’ennuient moins, se sentent plus soutenus individuellement et sont plus à même de développer leurs points forts individuels à l’école. Alors que 80 % des élèves Steiner-Waldorf aiment apprendre, ce chiffre est seulement de 67 % dans les écoles ordinaires ».

« Le climat scolaire et l’atmosphère d’apprentissage sont décrits comme agréables et encourageants par la grande majorité des répondants, soit 85 %, continuait Die Welt. Seulement 60 % des élèves dans les écoles publiques trouvent que c’est le cas. De plus, la relation avec les enseignants est beaucoup mieux notée − 65% des élèves Steiner-Waldorf contre près de 31 % pour les autres. L’identification avec l’école est également plus grande que chez les autres élèves. En outre, les enfants des écoles Steiner-Waldorf souffrent beaucoup moins de troubles somatiques tels que maux de tête, maux d’estomac ou troubles du sommeil. Par exemple, seuls 11 % des jeunes des écoles Steiner-Waldorf souffrent de troubles du sommeil contre 17 % dans les écoles ordinaires. Pour les experts, cela constitue une indication sur le fait qu’il y a beaucoup moins de pression visant la performance, et que l’anxiété face aux examens est beaucoup plus réduite dans les écoles Steiner-Waldorf − et cela est bon pour la santé des élèves. »

« Il y a une grande concordance entre ce que le monde actuel exige des gens et ce que les élèves Steiner-Waldorf sont encouragés à faire », estime Andreas Schleicher, directeur des études PISA, alors cité par Die Welt. Selon l’expert en éducation, savoir répéter des connaissances devient de moins en moins important. « Aujourd’hui, vous pouvez réussir la plupart des examens juste avec un smartphone. Si vous voulez que vos enfants soient plus intelligents qu’un smartphone, il faut leur enseigner d’autres compétences. » Ainsi, c’est vers une approche plus large des compétences qu’il faudrait s’orienter. « Les écoles Steiner-Waldorf attachent traditionnellement une grande importance à cela, tout comme à l’apprentissage au plus proche de la vie. Il permet un apprentissage en profondeur qui ne se limite pas à préserver les connaissances jusqu’au prochain examen », analysait Die Welt.

De bons résultats

Cependant, ces points positifs des écoles Steiner-Waldorf sur l’envie d’apprendre, la réduction du stress à l’école et l’élargissement des savoir-faire permettent-ils un bon apprentissage des matières classiques ? « Ici aussi, il n’y a pratiquement rien à critiquer, estimait Die Welt. Les études montrent qu’il n’y a pas de différences statistiquement significative entre les notes finales des élèves Steiner-Waldorf et celles des élèves des écoles publiques, pas même en comparant les notes moyennes selon le type de certificat de fin de scolarité. » Heiner Barz, auteur de l’étude et directeur du département de recherche en éducation de l’Université Heinrich Heine, résumait ainsi ce résultat de l’étude : « Je n’ai pas vu d’État fédéral où les élèves Steiner-Waldorf réussissent moins bien ». Déjà en 2007, Barz, avait présenté une étude montrant que les diplômés des écoles Steiner-Waldorf sont davantage susceptibles que les autres de devenir eux-mêmes enseignants, mais aussi médecins, ingénieurs, chercheurs en sciences humaines et de la nature. « Ces résultats correspondent aux conclusion d’une étude PISA, qui avait établi que les élèves Steiner-Waldorf ont des compétences scientifiques bien supérieures à la moyenne », notait enfin Die Welt.


Cet article est originellement paru sur ÆTHER:  

Article original de Die Welt

Etude de 2012 disponible en ligne

Étude de 2007 à commander en ligne.

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