Halte à l'indifférence vis-à-vis de la france insoumise

L'appel à manifester devant le siège de la France Insoumise du syndicat de police Alliance devrait nous faire réflechir ici à Mediapart.

L'appel à manifester devant le siège de la France Insoumise du syndicat de police Alliance devrait nous faire réflechir ici à Mediapart.

Les sorties langagières de Jean-LucMélenchon par rapport à la presse (en général) ne sont pas excusables. Pas plus que ses exclamations par rapport à la justice (en général). OK ! Maintenant, la donne à changé. Comme le rappelait Yazid ben Hounet dans Libération, il y a de nombreux angles morts dans les perquisitions de la France Insoumise qui justifient un parallèle prudent mais honnête avec beaucoup d'autres pays à la démocratie vacillante (quasiment tous on va dire), et beaucoup dans les "forces progressistes" font la sourde oreille.

A la question "faites-vous confiance aux institutions de notre pays ?", beaucoup parmi nous répondent non lorsqu'il s'agit de la justice, des médias, et des partis politiques. Par contre, l'armée et la police ont un haut niveau de confiance dans la population, ce qui est très inquiétant.

L'appel à manifester du syndicat de police Alliance devant le siège de la France Insoumise vient de mettre la barre très haut. Qu'un syndicat de police particulièrement marqué par ces pratiques anti-démocratiques (voir ici pour l'anti-syndicalisme de gauche ou ici pour l'anti-journalisme) manifeste devant un parti politique (de gauche), quel qu'il soit, prouve que nous sommes dans un moment de bascule dans un Etat policier. Certains, comme Frédéric Lordon pensent même que nous y somme déjà. Par prudence, je me dis que nous avons encore quelques libertés que nous pouvons préserver mais tout porte à croire que nous revivons des heures très sombres, comme le rappelait Mickael Foessel dans Récidives 1938 dans lesquelles les glissements discursifs convergent maintenant avec des actions violentes visées à supprimer un ennemi politique.

Bien sûr, beaucoup d'endroits "oubliés" de la République, comme les quartiers populaires (j'ai grandi à La Villeneuve à Grenoble), les DROM, les ZAD, ou encore les rond-points des gilets jaunes ont connu et connaissent encore ces heures sombres, et j'ai l'impression qu'on est en train de généraliser ces situations à l'ensemble du fonctionnement de l'Etat au point de détruire ce qui reste de Républicain dans cette vieille nation française qui n'assume ni sa pluralité, ni sa solidarité, ni sa projection dans un futur écologique incertain.

L'ensemble du gouvernment, à commencer par le ministère de l'intérieur, est prisonnier de sa propre incapacité à gouverner et donc militarise les discours et les pratiques de l'Etat. Face à cela, qu'est-ce qu'on peut faire ?

A vrai dire, je n'en sais rien, mais il nous faut déjà systèmatiquement nous mobiliser contre les actes politiques émanant d'organes policiers contre des forces démocratiques (partis politiques, presse, recherche) et contre-attaquer. Sinous ne faisons pas cet effort collectif, nous serons chacun notre tour les prochains sur la liste des forces obscures.

 

Je déclare ici que je ne suis ni sympatisant ni membre de la France insoumise, simplement un chercheur (vraiment) inquiet.

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