Eric Lombard saborde sa Mutuelle historique

MISE A MORT DE LA MUTUELLE DES FONCTIONNAIRES DE LA CAISSE DES DEPOTS Quand le monde d'avant se vautre dans l'après ...

Après un premier courrier à l'Elysée, véritable patron de la CDC, pour tancer Eric Lombard qui privatise sa Mutuelle historique en plein confinement, une seconde alerte est lancée, en plein remaniement gouvernemental, sur les incohérences d'un grand commis de l'Etat.
Comme un sabordage en rade des "jours heureux" !!!

Christian CURSOL - Secrétaire Général de la CGT de la Caisse des dépôts de 1991 à 1998- Administrateur de CDC Mutuelle depuis 1985

Monsieur le Président de la République,

Par un courrier du 10 juin dernier, ci-joint à nouveau, je vous faisais part des menaces extrêmes qui planaient sur la couverture complémentaire santé des agents de la Caisse des dépôts et consignations. Je ne vous ferai pas à nouveau le récit des soudains et brutaux acharnements de la direction de l’Institution CDC sur une Mutuelle historique, dont l’histoire, les symboles, l’efficience et la fine adaptation aux attentes de ses ressortissants sont ici balayées avec une violence inouïe.

Nous savons pertinemment que l’appel d’offre dont nous vous faisions état ne correspond qu’à une attitude ringarde, posture du passé, d’une administration arc-boutée sur des codes que vous avez souhaités très publiquement rejeter, mais cette direction reste profondément autiste …

Outre le fait que je considère, sans doute comme vous au regard de l’ensemble de vos déclarations sur le monde de demain, si j’en crois votre sincérité, que  ces gens sont totalement hors sol, hors sujet et hors-jeu, je pense aussi très sincèrement que nous sommes là confrontés à des hauts fonctionnaires en faute professionnelle, embourbés dans une technocratie brutale, stupide, revancharde, vaine et d’un autre temps.

Les 6000 adhérents de notre Mutuelle, avec ses 10000 bénéficiaires, n’ont pas manqué de me manifester en masse leurs remerciements sur le premier courrier que j’avais pu vous adresser … ils ont vécu cela comme un espoir. Malheureusement, à ce jour, je n’ai reçu aucune réponse de votre part, ni même l’ombre d’un accusé de réception. Je peux croire que les temps sont difficiles, que notre sujet reste anecdotique sur les problèmes du moment, que vos conseillers n’aient pas perçu l’importance et l’urgence du sujet, mais … cela ne satisfera en rien nos 10000 bénéficiaires, qui pourront encore constater là le gouffre qui peut séparer vos promesses électorales d’hier ou vos engagements pour le monde de demain, avec une réelle mise au concret … souvenez-vous … « les jours heureux », nés de la libération, 1944, année de la création de notre Mutuelle … a mettre ainsi à mal en pleine crise sanitaire relève de la plus totale indécence.

L’adjudication de l’appel d’offre se tiendra sans doute début août … il vous reste un petit mois pour annuler tout cela et en revenir au monde d’aujourd’hui par lequel doit passer celui de demain. La foultitude de vos conseillers devrait vous permettre de gérer cela assez rapidement malgré vos multiples occupations que je peux évidemment comprendre. Mais vous devriez essayer de régler sous tous leurs aspects les problèmes du moment en régulation des expériences de cette crise inédite … je m’en réfère à la nouvelle manifestation des personnels soignants, à qui de magnifiques promesses furent faites entre deux salves d’applaudissements … dur, dur, les promesses, plus dures à tenir qu’à faire, mais regardez encore les récents résultats électoraux .. !

La pétition à laquelle je faisais allusion dans mon précédent courrier a reçu un accueil considérable auprès des ayant-droits, puisque l’on peut estimer à près de 100% le taux de réponses de ceux qui possède internet ; CDC Mutuelle viens de lancer une enquête de satisfaction qui recueille déjà de très beaux résultats.

Mais la direction de la Caisse persiste dans son entêtement de management archaïque à la botte de l’ancien monde … il est vrai que c’est à la Caisse des dépôts que Courteline a trouvé son inspiration …  Je suis tout à fait disposé à rencontrer un de vos conseillers à cet égard, mais vous conviendrez qu’il y a désormais urgence.                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                Veuillez agréer, Monsieur le Président de la République, mes salutations encore respectueuses …

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