Marwan Barghouti mis à l’honneur par la ville de Vandoeuvre

Une belle journée dédiée à la liberté, la fraternité et la résistance à l'oppression.

Les militants du groupe local Lorraine Sud de l'AFPS (Association France Palestine Solidarité) ont vécu samedi 30 juin une belle journée de solidarité avec le peuple palestinien. Le maire de Vandoeuvre, Stéphane HABLOT, les avait en effet associés à l’hommage qu’il comptait rendre à Marwan BARGHOUTI, leader symbole du peuple Palestinien, emprisonné depuis 16 ans dans les geôles d’Israël. Il avait invité pour cette journée, qui a connu un beau succès, son épouse Fadwa. L’association Khamsa qui effectue un travail social dans les quartiers s’est aussi beaucoup impliquée dans l’organisation de cette journée.

Sur le parvis de la mairie, devant une centaine de personnes, le maire a rendu un hommage chaleureux à celui qui est considéré comme le Mandela palestinien.

Devant un portrait géant de ce dernier, souriant, malgré ses menottes, et faisant le V de la victoire, il a évoqué à travers Marwan BARGHOUTI tous ceux qui à travers l’histoire ont décidé de résister quoi qu’il leur en ait couté, face à l’apartheid, à l’occupation de leur pays, à la suppression des libertés, à l’oppression de leur peuple, citant tour à tour Stéphane HESSEL, Charles DE GAULLE ou encore Nelson MANDELA et Rosa PARKS.

La matinée a continué par le vernissage d’une exposition de photos de trois jeunes Gazaouis consacrée à la vie dans cette prison de deux millions d’habitants.

La fin d’après-midi a été dédiée à une table ronde avec la participation de Fadwa BARGHOUTI, consacrée à la résistance des femmes palestiniennes, au cours de laquelle elle a fait vivre à travers son propre combat la dignité, la résistance et l’optimisme de toutes ces épouses, sœurs, mères de prisonniers.

Ils sont 7000, répartis dans 28 prisons et centres de détention, parmi eux 71 femmes, 30 enfants de moins de 16 ans, 11 membres du parlement palestinien.

Fadwa BARGHOUTI, après avoir remercié la municipalité de Vandoeuvre et son maire, ainsi que tous les participants a voulu mettre les choses au point, en déclarant « que son mari ne menait pas une guerre contre Israël, mais pour retrouver les droits de son peuple à vivre libre sur les terres qui lui restaient, à vivre en paix avec son voisin israélien. Il a participé aux négociations d’OSLO, il y croyait, mais a dû reprendre le chemin de la résistance quand il s’est aperçu que son peuple avait été trompé, et que les colonies israéliennes se multipliaient sur le territoire palestinien. »

Cette belle journée s’est terminée ensuite par une lecture en musique de textes du grand poète palestinien Mahmoud DARWICH puis d’un concert de musiques traditionnelles orientales et méditerranéennes.

L’hommage s’est poursuivi le dimanche à la fête des associations de Vandœuvre qui rassemblait plusieurs milliers de personnes avec une centaine d’associations qui y avaient un stand. Dans son discours d’inauguration de la fête, devant tous les représentants associatifs, les élus locaux et le député de Vandœuvre, le maire a mis à l’honneur Fadwa Barghouti et il a rendu hommage au travail que l’AFPS mène localement depuis des années.  Des paroles importantes parce qu’elles touchaient un public allant bien au-delà de celui que peut toucher habituellement l’AFPS. 

Cette initiative du maire de Vandoeuvre a créé une tension les jours et semaines précédant l’évènement, lorsque le tribunal administratif de Nancy a annulé le 29 mai une délibération du conseil municipal du 21 novembre 2016 décidant de nommer Marwan BARGHOUTI citoyen d’honneur de la ville. Il répondait à une plainte du BNVCA (Bureau National de Vigilance Contre l’Antisémitisme, qui exerce sa vigilance contre les actions de solidarité avec la Palestine) et de l’Organisation Juive Européenne (organisation seulement connue pour ses actions juridiques visant à défendre Israël).

Les raisons de l’annulation ? Surprenantes : un conseil municipal ne pourrait statuer que sur des affaires municipales et par-dessus le marché, la délibération porterait atteinte à l’ordre public.

Stéphane HABLOT s’est chargé de démontrer combien ces raisons étaient spécieuses, et combien d’autres grands noms de résistants figurent sur les plaques des rues des villes et des places de France, sans que cela ne nuise à l’ordre public, ni que ces résistants soient considérés comme terroristes. Il a décidé de ne pas céder à la tentative du préfet « de régenter notre pensée ».

C’est la raison pour laquelle il a fait voter le 25 juin un vœu adopté à la majorité de son conseil municipal, et organisé cette journée d’hommage au dirigeant palestinien.

Le préfet a immédiatement réagi en écrivant au maire de Vandœuvre pour lui demander de retirer le vœu. Il a écrit un courrier semblable au maire de Villerupt qui avait fait Marwan Barghouti citoyen d’honneur en octobre 2017.

Pour sa part, l’AFPS s’étonne du zèle du préfet dans cette affaire, dès lors que le gouvernement français soutient une solution à deux États du conflit, et a récemment condamné les violences meurtrières ayant fait des dizaines de morts et des milliers de blessés graves à Gaza.

Un représentant de l’État ne peut reprendre les arguments du CRIF, qui en aucun cas ne peut se targuer d’être le représentant de la communauté juive en France, mais plutôt la voie du gouvernement Netanyahou dans notre pays.

C’est ce qu’ont pu faire remarquer le représentant de la direction nationale de l’AFPS T. Tahani, présent à la table ronde, ainsi qu’un représentant de l’UJFP (Union Juive Française pour la Paix).

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