Les réfugiés palestiniens victimes oubliées

Les médias annoncent que le bateau qui a coulé le 12 octobre au large de Malte comptait parmi les vic­times un nombre important de Pales­ti­niens, peut-être 200.

Ce drame amènera-t-il à remettre enfin au premier plan la question des réfugiés palestiniens ?

Tout indique qu’une partie des mal­heureux qui ont péri au large de Malte étaient des réfugiés pales­ti­niens de Syrie. Plus de la moitié des 460000 réfugiés pales­ti­niens de Syrie se sont aujourd’hui réfugiés dans un pays voisin, dont 60 à 70 000 au Liban où vivent déjà dans des condi­tions très pré­caires plus de 420 000 réfugiés pales­ti­niens. Cela alors que partout l’UNRWA, agence des Nations-Unies en charge des réfugiés pales­ti­niens, voit ses res­sources diminuer, n’est plus en mesure d’assumer les charges qui sont les siennes et se désengage de nombre de ses missions.

Faut-il répéter que dans leur immense majorité, les réfugiés pales­ti­niens sont accueillis dans divers pays parce que leurs droits, reconnus dans la réso­lution 194 de l’Assemblée générale de l’ONU, ne sont tou­jours pas effec­ti­vement mis en œuvre ? La question serait-elle ignorée des diri­geants européens ?

L’Europe ne pourra sans dommage continuer de fermer les yeux sur la situation dra­ma­tique des quelque 5 mil­lions de réfugiés pales­ti­niens recensés par l’UNWRA qui est au cœur même de la question pales­ti­nienne. Cesser la poli­tique de l’autruche, c’est l’intérêt même de l’Europe si elle ne veut pas voir le Proche-Orient tout entier menacé du chaos.

Elle doit pour cela trouver le courage de dire non aux apprentis sor­ciers de Tel Aviv et imposer le droit comme seule issue au conflit.

Le Bureau national de l'AFPS

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