Jérusalem: à Montpellier, scandaleux soutien à la violation du droit international

Le Centre Culturel Juif de Montpellier organise, le 20 juin 2021 sa 44ème "Journée de Jérusalem" intitulée cette année « Étonnante Jérusalem, le défi de la modernité »

L’intention en est claire : « Nous fêtons au parc Grammont la réunification de Jérusalem intervenue après la guerre des six jours ». Les collectivités territoriales de la ville de Montpellier, du département de l’Hérault et de la région Occitanie affichent leur soutien à ces « festivités ».

Qu’est-ce que cette « réunification de Jérusalem » qui mériterait d’être fêtée ?

C’est l’histoire d’une conquête militaire, par la force, au mépris du droit international. Déjà, en 1948, l’Etat d’Israël nouvellement créé avait conquis Jérusalem-Ouest et expulsé ses habitants palestiniens. En 1967, il a conquis Jérusalem-Est en même temps que toute la Cisjordanie. Lorsque, en 1980, Israël a déclaré Jérusalem comme sa capitale « une et indivisible », elle a été condamnée par l’ONU, et le Conseil de Sécurité a voté deux résolutions dans ce sens en 1988. Cette position internationale a été unanimement respectée jusqu’à ce que Trump déplace l’ambassade des États-Unis en 2018. Elle reste la référence pour l’ONU et pour la quasi-totalité des États, dont la France, qui voient Jérusalem comme la future capitale des Israéliens et des Palestiniens, et n’admettent aucune souveraineté sur Jérusalem tant qu’il n’y aura pas eu d’accord entre les deux parties.

C’est donc une violation flagrante du droit international que le Centre Culturel Juif de Montpellier fête chaque année avec le soutien des collectivités territoriales, qui s’en font ainsi les complices.

Cet événement a une résonance particulière cette année dans un contexte où depuis plus de deux mois les agressions et provocations à l’encontre des Palestiniens de Jérusalem se multiplient de la part de la police et de la part des colons et des mouvements d’extrême-droite israéliens, qui viennent encore de déverser leur haine le 15 juin face à la porte de Damas en hurlant « mort aux Arabes ».

Alors que le ministre de l’Intérieur a interdit des manifestations en solidarité avec le peuple palestinien en les qualifiant de « manifestations antisémites » et après que le président de l’AFPS ait été arrêté et mis en garde à vue, c’est le déni du droit et le soutien à des manifestations racistes et haineuses qui s’affichent ainsi à Montpellier. En France on tente aujourd’hui de museler celles et ceux qui défendent le droit et on encourage celles et ceux qui fêtent ses violations !

Depuis bientôt 10 ans le groupe local de l’Hérault de l’AFPS interpelle les collectivités territoriales pour qu’elles cessent de soutenir cette fête, et alerte sur ce point le préfet du département.

Malgré leurs interventions, année après année, et malgré la gravité des événements à Jérusalem, les collectivités territoriales piétinent le droit international et les droits des Palestiniens.

Ce scandale doit cesser.

Le Bureau national,
Le 18 juin 2021

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