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Billet de blog 20 janvier 2026

Pour les Palestinien·nes et les peuples du monde, le droit ou la barbarie ?

Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

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Photo : Trump a invité Javier Milei à rejoindre le Conseil pour la paix, 17 janvier 2026 © X

En ce début d’année 2026 Israël occupe maintenant près de 60 % de la bande de Gaza où deux millions de Palestinien·nes survivent dans des conditions inhumaines aggravées par un hiver particulièrement dur. Israël avait annoncé son intention de rendre la bande de Gaza invivable : c’est ce qu’il a fait.

Ses habitant·es continuent de subir les attaques incessantes de l’armée israélienne qui ont fait plus de 450 morts et près de 1200 blessés en 3 mois de « cessez-le feu », victimes des snipers ou des bombardements qui n’ont jamais cessé.

En violation des ordonnances de la Cour internationale de Justice (CIJ), Israël continue de restreindre l’entrée de l’aide humanitaire. Alors qu’il n’a aucun droit sur la bande de Gaza, il a décidé d’en interdire l’accès à 37 ONG, prétextant qu’elles auraient des liens avec des organisations terroristes. Cette stratégie n’est pas nouvelle pour Israël : il l’a utilisée contre l’UNRWA, et avant elle contre les ONG palestiniennes de défense des droits humains. Ces accusations s’étant révélées chaque fois sans fondement, Benjamin Haddad, membre du gouvernement français, aurait été bien inspiré de ne pas relayer les calomnies du gouvernement israélien et de se garder de demander à l’Union européenne d’enquêter sur la question. Un tel alignement sur la propagande israélienne est indigne.

Donald Trump a annoncé la mise en œuvre de la phase deux de son plan. Ce plan de mise sous tutelle de la bande de Gaza et de ses habitant·es, empreint d’une logique coloniale, piétine le droit à l’autodétermination du peuple palestinien.

Un « Comité national palestinien pour l’administration de Gaza » a tenu sa première réunion au Caire. On est en droit de se demander quelle sera sa marge de manœuvre alors qu’il est sous la tutelle du «  Conseil de la paix » (Peace board), dont les premiers membres connus sont Trump et sa garde rapprochée accompagnés de Tony Blair et de Javier Milei, soutiens inconditionnels d’Israël et Viktor Orban. Devant le mécontentement de Netanyahou sur sa composition, Trump lui aurait proposé d’en faire partie. Cela donne le ton. Ce conseil apparaît maintenant clairement pour ce qu’il est, une structure destinée à se substituer à l’ONU. Combien de temps l’ONU et ses États membres vont-il rester muets face à ces provocations ?

Cette phase deux prévoit qu’Israël évacue complètement la bande de Gaza. Au lieu de cela il a conforté et accru son occupation de plus de la moitié du territoire et il n’est plus question de son départ. Rappelons qu’Israël n’a aucun droit sur le territoire palestinien qu’il occupe depuis 1967, juste l’obligation d’en partir comme le lui impose l’avis de la CIJ et les résolutions de l’ONU.

Le nettoyage ethnique, la colonisation et l’annexion de fait se poursuivent à marche forcée en Cisjordanie. Ce territoire occupé illégalement est en état de siège permanent : armée et colons y font régner la terreur. Plus de 1 000 Palestinien·nes ont été tué·es par Israël en Cisjordanie depuis octobre 2023, plus de 20 000 ont été arrêté·es.

Pour Netanyahou et Trump tout doit concourir à empêcher la création d’un État palestinien et à poursuivre l’effacement de son peuple. Le prétendu cessez-le-feu permet juste à Israël de poursuivre ses crimes, toujours en totale impunité.

L’abandon des Palestinien·nes est une faillite morale. Le deux poids deux mesures dans le respect des droits humains et l’application du droit international ont ouvert la voie au retour de l’ère coloniale auquel on assiste ces derniers mois. La loi du plus fort devient la norme.

Le Moyen-Orient est durablement déstabilisé par les interventions états-uniennes et israéliennes. Le peuple iranien se soulève contre la tyrannie des mollahs. Ceux qui font du pied à Trump ou appellent au retour de l’héritier de l’ancien tyran sont les mêmes qui ont soutenu l’agression croisée et illégale d’Israël et des USA en juin 2025 dont la conséquence a été une répression terrible. En Iran comme partout dans le monde l’AFPS soutient les mouvements de libération des peuples.

L’acte de piraterie de Trump au Venezuela n’est pas un acte isolé, il s’inscrit lui aussi dans le renversement programmé du nouvel ordre mondial instauré il y a 80 ans et basé sur le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes et la résolution pacifique des conflits. Gaza et la Palestine ont servi de terrain d’expérimentation : occupation, colonisation, annexion, apartheid, génocide, autant de crimes qui n’ont fait l’objet d’aucune sanction. Comment est-ce possible ?

Chaque silence, chaque renoncement de nos dirigeants contribue à l’affaiblissement du droit et ouvre plus grand la porte à la barbarie.

Sans une application ferme du droit international et la sanction de ses violations, l’ordre mondial basé sur la charte des Nations unies sera supplanté par la loi du plus fort et laissera la place à la barbarie comme on le voit depuis plus de deux ans à Gaza.

Ce n’est pas une fatalité, l’espoir réside dans la résistance des peuples face à la volonté de domination des plus forts.

L’AFPS est déterminée à y prendre sa part. Son combat pour le droit à l’autodétermination du peuple palestinien, son droit à sa terre, sa liberté, sa dignité en est un pan essentiel.

Le Bureau National de l’AFPS,
Le 20 janvier 2026

Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.