Congo B. : Vol TAC Q8 203 plus de rumeurs que de mal

Il est 14h16 le mardi 6 août 2019. Le vol Q8 203 de la compagnie aérienne congolaise Trans Air Congo (TAC) qui assure la liaison régulière Pointe-Noire – Brazzaville vient de décoller de l’aéroport Antonio Agostino Neto. A son bord 124 passagers. Une minute plus tard, « le moteur gauche a signalé une température anormalement élevée », explique le commandant de bord, Jean Jacques Assoumou, 57 ans.

Cockpit Trans Air Congo Vol Q8 203 Cockpit Trans Air Congo Vol Q8 203
Conséquence, l’avion entame la procédure de retour au tarmac. « Nous avons éteint le moteur et avons fait un circuit pour nous reposer à Pointe-Noire », poursuit le commandant. Le malheureux incident technique qui vient de se produire est grave. Mais il est mainte fois survenu sur plusieurs aéronefs dans le monde. Il suffit de se renseigner dans tous les grands aéroports de la planète. Les pilotes sont tous formés pour y faire face. Le cockpit du vol Q8 203 était équipé de deux commandants de bord. Jean Jacques Assoumou et Rufin Bekale. Des pilotes très chevronnés, avec plus de trente ans d’expérience, qui ont volé sur Air Gabon et piloté des Boeing 747 sur des longs courriers. Ils étaient assistés d’un ingénieur mécanicien, présent sur tous les vols TAC. Le Boeing 737-300 qu’ils pilotaient ce jour là, a toujours fait l’objet de révisions régulières chez un spécialiste, Star Air Maintenance, en Afrique du Sud. Mais l’on n’est à l’abri de rien. Et, l’équipage est loin d’être composé d’individus hardis et suicidaires. La polémique qui s’est enflée et a pris des directions plutôt surprenantes, sur les « médias » et dans l’opinion, en parlant notamment de « cercueils volants », ou mettant en cause un hypothétique actionnariat irresponsable, apparaît quelque peu gratuitement hors d’orbite. Dans une note signée de Rigobert Tchissambou, délégué de l’Anac, les autorités du transport aérien ont réagi en interdisant de vol, l’appareil TN-AJY de la compagnie TAC, jusqu’à nouvel ordre. Selon nos informations, il semblerait que cette compagnie ne disposerait actuellement plus que de ce seul aéronef, qui assure toutes ses prestations. L’interpellation de l’Anac aurait donc du intervenir plus tôt, et exiger de tout transporteur aérien la possession en moyenne, d’au moins deux voire trois appareils en service, pour des raisons évidentes de sureté.

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