Congo B. : Global Witness Vérité ou Manoeuvre de Déstabilisation

Le mardi 6 août dernier, Mariana Abreu, cadre chez Global Witness, publie une enquête explosive contre le fils du président congolais, Dénis Sassou N’Guesso, l’accusant de détournements de fonds publics. Partout on peut lire « Denis Christel Sassou N’Guesso aurait détourné plus de 50 millions de dollars de fonds publics ».

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Des allégations fortes qui concernent une personnalité particulièrement respectée dans son pays pour ses œuvres philanthropiques. L’information fait le tour du monde. Des médias français et les réseaux sociaux en font leurs choux gras. Les faits, comme tel énoncés, s’ils sont avérés, sont gravissimes. Reste que, c’est à la justice congolaise d’en faire la lumière et d’en établir « la véracité ». Souveraineté nationale oblige. Fondée en 1993, Global Witness est une ONG internationale basée à Londres et à Washington, qui se dit spécialisée dans la lutte contre le pillage des ressources naturelles dans les pays en développement. Une vocation louable, qui suscite toutefois quelques interrogations. En effet, comment expliquer que cette organisation n’ait, semble t-il, braqué ses radars, qu’essentiellement sur deux, voire trois pays cibles, ainsi que quelques familles dirigeantes d’Afrique, visiblement bien indexées. Et y mener, de façon cyclique, des investigations qui frisent l’acharnement. Une pratique qui rappelle fort étrangement ce que le monde a vécu, il y a quelques années, avec la CPI, cour pénale, qui bien qu’ayant une vocation « internationale », ne semblait avoir d’yeux que pour quelques États (faibles) en Afrique. Il aurait sans doute été plus crédible pour Global Witness, de fouiner également dans les relevés de comptes et les contrats des multinationales impérialistes, ainsi que dans les poches des anciens pays colonisateurs, dont on sait (aujourd’hui) qu’ils siphonnent à ciel ouvert les richesses naturelles du continent noir, et ça, depuis des lustres. L’ancien président français, Jacques Chirac l’explique très bien. « On pille les africains en prétextant qu’ils ne savent rien faire ». L’histoire du néocolonialisme et de la « Françafrique » notamment, est jonchée d’horreurs et de massacres dus à la lutte pour le contrôle des ressources naturelles africaines. L’exemple de la RD Congo et de la Libye en dit long. Voilà des tragédies pour lesquelles des éclaircissements de Global Witness seraient profondément les bienvenues. Et enfin, il serait bien de comprendre pourquoi les dénonciations aux allures de scandales, toujours fortement médiatisées, de Global Witness, éclatent-elles essentiellement, à l’approche des échéances stratégiques pour les États visés, ou encore à la suite de contractualisations de partenariats très particuliers avec des puissances mondiales, autres qu’occidentales. La Russie par exemple ou la Chine. L’on peut se demander donc, à qui profitent réellement ces manœuvres si savamment opérées, qu’exécute l’ONG britannique, financée à coup de millions de dollars par un richissime homme d’affaires américain de 88 ans, George Soros.

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