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Billet de blog 2 février 2018

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RDC : le vide de l’après-Tshisekedi

L’opposition congolaise a rendu hommage ce jeudi à Etienne Tshisekedi, un an après sa mort. Son fantôme plane encore sur la vie politique et laisse orpheline une opposition toujours en quête de leadership.

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© Christophe Rigaud - Afrikarabia

Un an déjà. Et la disparition de l’opposant historique semble n’avoir toujours pas été digérée par les Congolais. Il faut dire qu’un an après son décès à Bruxelles, le corps d’Etienne Tshisekedi n’a toujours pas été rapatrié au Congo. Ses futurs obsèques font l’objet d’une bataille croquignolesque entre la famille d’Étienne Tshisekedi, qui accuse le pouvoir de Kinshasa d’interdire son inhumation au pays, et les autorités congolaises qui dénoncent l’instrumentalisation politique du retour de la dépouille. Un an après le décès du « sphinx de Limete », les Congolais n’ont toujours pas pu enterrer l’opposant historique. La dépouille d’Etienne Tshisekedi attend son impossible retour dans un funérarium de Bruxelles.

La disparition de l’éternel opposant, a également fait une deuxième victime : l’UDPS, son propre parti, et par ricochet, l’ensemble de l’opposition congolaise. Le décès d’Etienne Tshisekedi a laissé l’opposition désemparée : l’UDPS apparaît plus divisée que jamais et le parti n’arrive plus à mobiliser seul dans la rue. Etienne Tshisekedi était sans doute le seul homme politique congolais à pouvoir faire descendre les foules. On se souvient de son retour triomphal pour les élections de 2011, mais aussi en juillet 2016, après deux ans passés en exil médical en Belgique.

Une oeuvre inachevée

Mais depuis sa mort, aucun opposant n’a pu remobiliser la rue comme lui. Et c’est désormais l’Eglise catholique qui a comblé le vide et pris de le relais de la contestation populaire. Au charisme d’Etienne Tshisekedi, c’est désormais celui du cardinal Laurent Monsengwo qui redonne espoir aux opposants congolais.

Aujourd’hui, le parti s’est de nouveau divisé avec le départ d’un ancien compagnon de route d’Etienne Tshisekedi, Bruno Tshibala, qui a accepté d’être le Premier ministre de Joseph Kabila en avril 2017. Une nouvelle trahison, après une longue série de débauchage, qui coupe l’UDPS en deux : l’aile Limete de Félix Tshisekedi et l’aile Tshibala du Premier ministre. La justice congolaise n’a pas pu trancher entre les deux branches du parti. Mais l’UDPS « légitimiste », de Félix Tshisekedi, qui n’a pas tenu de congrès depuis plusieurs années, devrait en tenir un courant février, afin d’entamer (enfin) sa reconstruction.

Etienne Tshisekedi laisse donc une oeuvre inachevée derrière lui. Intransigeant, interdisant à ses députés de siéger à l’Assemblée nationale depuis la réélection contestée de 2011, l’opposant historique s’est peu à peu muré dans un irrédentisme qui a fini par l’isolé. Mais sa principale erreur est sans doute de ne pas avoir su préparer sa succession et d’avoir cédé aux sirènes familiales pour finalement imposer à la dernière minute son fils Félix.

L’heure des choix pour Félix

Avec un parti affaibli et maintenant déserté, le fils d’Etienne Tshisekedi peine à imposer son leadership. Sans charisme, en retrait, il se rapproche de l’homme d’affaires Moïse Katumbi, candidat à la présidentielle, mais actuellement coincé en exil en Europe. Le duo improbable tient bon pour le moment, mais viendra sans doute l’heure des choix à l’approche de la prochaine présidentielle. Et cette question : Félix Tshisekedi sera-t-il candidat à la (...) Lire la suite sur Afrikarabia.

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